‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 355 sur 486 · Poire BONNE DE SOULERS · texte numérisé non relu

Poire BONNE DE SOULERS

{Synonymes. — Poires : 1. Bergamote BE SouLERS (Duhamel du Monceau, Traité des arbres fruitiers , 1768, t. 11^ p. 168). —2. Beurré BE Pâques ( comte Lelieur, la Pomone française, 1842, p. 375). — 3. Beurré be Soulers (Id. ibid.). — 4. SucRÉ vert be Pâques (Dochnahl, Obstkunde,i. II, p. 95).

Description de l'arbre. —

Bois : de force moyenne. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, bien nourris, longs, peu géniculés , vert olivâtre , à lenticelles fines et rapprochées, à coussinets rarement très-ressortis. — Yeux : petits, coniques -pointus, à large base, non appliqués contre l'écorce , ayant les écailles faiblement entr'ou vertes. — Feuilles :

abondantes, grandes^ elliptiquesarrondies , acuminées , planes ou relevées en gouttière, régulièrement dentées et portées sur un pétiole assez court, épais et roide.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — La vigueur de ce poirier est bonne, sans avoir cependant rien d'excessif; on le

greffe sur franc ou sur cognassier; il développe promptement son écusson et prend une jolie forme pyramidale.

Description An fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : variant entre l'ovoïde régulière ou la turbinée obtuse, ventrue et bosselée. — Pédoncule : long, mince , recourbé , parfois renflé à l'attache , presque toujours inséré obliquement dans une large et peu profonde cavité. — Œil : grand, bien fait, ouvert, à peine enfoncé. — Peau : jaune verdâtre pâle, couverte de points fauves, tachetée de même auprès de l'œil et du pédoncule, et faiblement lavée de rouge-brique sur la face qui regarde le soleil. — Chair : blanche, fine ou mi-fine, fondante ou mi-fondante, exempte de granulations. — Eau : suffisante, sucrée, peu acidulé, possédant un parfum particulier qui la rend des plus savoureuses.

Maturité. — Fin janvier et pouvant atteindre les mois de mars ou d'avril.

Qualité. — Première.

Historiqifle. — Jusqu'en 167S aucun pomologue ne parle de ce fruit, mais à cette date notre vieux Merlet le caractérise ainsi :

« La Botme de Soulers est une espèce de Bergamotte d'Hyver, tres-bœurée et de bon goust, qui se garde longtemps , et se mange des dernières. » [L'Abrégé des bons fruits, 2*^ édition, 1675, p. t23.)

Ce fut donc vers la moitié du xvii^ siècle qu'on commença à la connaître, et sa bonté ne tarda pas à la répandre un peu partout, chez nous, et même à l'étranger. Duhamel du Monceau, en 1768, la décrivit minutieusement et la figura dans son Traité des arbres fruitiers (t. II, p. 168) ; mais il affecta de la nommer plutôt Bergamote, que Bonne de Soulers, surnom mal choisi, car cette poire n'a réellement rien de la forme des Bergamotes. En Allemagne, où depuis longtemps elle est hautement appréciée, l'opinion d'un auteur estimé, de Mayer, directeur en 1774 des jardins du duc de Wurtemberg, faillit la faire passer pour une variété suisse, native de Soleure. Il croyait qu'on s'était trompé en la lui adressant sous le nom Bergamote de Soulers, et conseillait de lire Soleure. Mais en 1812 le docteur Diel [Kernobstsorten, t. VII, p. 43) releva cette erreur; et il eut raison, ce fruit appartenant bien à la France. Toutefois, ni Merlet ni Duhamel n'ont songé à dire de quel lieu il provenait; et à cela rien d'étonnant, car à leur époque on se préoccupait fort peu de semblables détails ; mais aussi peut-être trouvèrent-ils que le mot Soulers indiquait suffisamment la patrie de ce poirier. Or, si l'on consulte le Dictionnaire universel de la France, publié en 1726, on y verra que « Soulers, dans le Gâtinois, « diocèse de Sens, élection de Melun, » était au temps de Merlet un petit village « renfermant 253 habitants. »

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