CAI
dénominations purement locales ; et souvent aussi la façon diverse dont on y prononça, d'une contrée à l'autre, son nom primitif, causa les modifications orthographiques qu'on lui vit si fréquemment subir. C'est un poëte né en 1280 près d'Orléans, Jehan de Meung, dit Clopinel, qui le premier nous parle de ce fruit dans le Roman de la rose, œuvre qu'il termina vers 1310. Gilles Ménage, l'érudit angevin auquel on doit tant d'utiles recherches sur les origines de notre langue, a relevé ce fait et donné sur la présente variété la curieuse note que voici, écrite en 1694 :
<( Caiîlo-Rosat : Sorte de poires, ainsi appellées de leur dureté, et de leur blancheur, et de leur goût de rose- duquel goût on les appelle autrement poire d'Eau rose. Nous les appelions en Anjou Gaillaurozat : ce qui me fait souvenir que Jehan de Meung, dans son Roman de la Rose, les appelle poires de Cailleau. C'est au feuillet 224, verso, de l'édition in-8° de Pierre Vidoue (1529). Et c'est aussi de la sorte qu'on les appelle souvent, à Paris, des poires de Cailleau. En Normandie on les appelle Caillou rosat. Les paysans d'Anjou les appellent Caillorosae. » [Dictminaire étymologique de la langue française.)
Nous croyons avec Ménage, et avec Charles Estienne — qui dans son Seminarmm émettait en 1540 cette même opinion — que la poire de Cailleau, Calliot, Caillou, Caillot rosat, dut la première partie de son nom aux concrétions pierreuses dont sa chair est remplie. Mais il semble impossible d'admettre, comme l'a fait Ménage d'après les pomologues de son siècle , que le qualificatif rosat ait été appliqué à ce fruit pour la saveur de son eau , ne rappelant nullement le parfum de la rose. Ne serait-ce point plutôt le coloris rose tendre de sa peau, qui le lui aurait valu?...
Obserirations. — Le Caillot rosat blossit très-vite et demande alors une surveillance toute particuhère dans le fruitier ; on doit l'y placer un peu vert. — Il existe depuis plusieurs siècles aussi, un Caillot rosat à courte queue, généralement appelé, de nos jours, poire Naquette. Cette poire mûrissant à la fin de septembre, presque en même temps que celle ici décrite , il faut éviter de les confondre. — Enfin les noms Caillot rosat d'hiver et Caillouat d'hiver ne peuvent non plus être regardés comme synonymes de ce Caillot rosat; ils le sont uniquement de la variété nommée poire de Prêtre. — Ajoutons que dans les environs de Montargis (Loiret) on rencontre un poirier, dit de Caillou., dont les fruits se rapprochent beaucoup, pour la forme, le volume et la couleur, de ceux du Messire-Jean. Leur chair est fine, peu juteuse; leur eau, assez sucrée, mais entachée d'une saveur fort désagréable, comparable à celle du vinaigre à l'estragon. Aussi ne les emploie-t-on, comme le Coing, que pour donner du goût aux marmelades et aux confitures. On voit donc qu'elles n'ont, avec les Caillot rosat, d'autre rapport qu'une certaine ressemblance de nom , ou plutôt de synonyme.
Poire CAILLOT ROSAT A COURTE QUEUE. -- Synonyme de poire Naquette. Voir ce nom.
Poire CAILLOT ROSAT D'HIYER. ~ Synonyme de poire de Prêtre. Voir ce nom.
Poire CAILLOU ROZAT. — Synonyme de poire Caillot rosat. Voir ce nom.
Poire CAILLOUAT D'HIVER DE VARENNES. — Synonyme de poire de Prêtre. Voir ce nom.