Poire CERTEAU D'ÉTÉ
Syaonymes» — • Poires : 1. De Champagne d'Été (Charles Estienne, Semi'narium et plantarium fi'ucti fer arum prœsertim arborum quœ post hortos conseri soient, 1540, p. 69). — 2. Colorée d'Août (Alexandre Bivort, Catalogue descriptif, 1851 , p. 20).— 3. Gkos-Certeau d'Été (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum. 1859, t. II), — 4. Courte d'Ersol {Id. ibid.). — 5. Emmanuel d'Été [Id. ibid.). — 6. Rouge des Vierges [Id. ibid.).
Premier Type. Description de l'arbre. —
Bois : très-fort. — Rameaux : assez nombreux, étalés et des plus arqués, gros, peu longs, légèrement géniculés, gris-rouge ardoisé, abondamment et fortement ponctués, ayant habituellement les mérithalles courts et les coussinets saillants. — Yeux :
moyens, ovoïdes-allongés, duveteux, plus ou moins aplatis , collés contre le bois. — Feuilles : d'un beau vert luisant, grandes, ovales ou presque cordiformes , faiblement dentées , portées sur un pétiole de longueur et de grosseur moyennes.
Fertilité. — Excessive.
Culture. — C'est un arbre de grande vigueur, à greffer sur cognassier ou sur franc; il pousse vite et bien ; les pyramides qu'il fait sont belles et des plus feuillues.
Description dit fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : allongée, variable, affectant parfois celle d'une calebasse, mais le plus ordinairement conique-obtuse. — Pédoncule : long ou très-long, courbé ou contourné, de moyenne force, souvent renflé à la base, obliquement ou perpendiculairement implanté à la surface du fruit. — Œil: moyen, ouvert ou mi-clos, saillant ou légèrement enfoncé, plissé sur ses bords. — Peau : jaune clair quelque peu verdâtre, entièrement ponctuée de grisbrun, largement carminée sur le côté exposé au soleil. — Chair : blanchâtre, demi-fine et demi-fondante, assez marcescente, contenant de faibles granulations autour des loges. — Eau : suffisante, sucrée, rarement très-parfumée^ douée cependant d'une certaine délicatesse.
Maturité. — Dernière quinzaine d'août, Qualité. — Deuxième,
CER
Historique. — L'origine du Certeau d'Été est la même que celle du Certeau
d'Hiver, dont l'article va suivre.
Poire Certeau d'Été. — Deuxième Type.
Cette variété, appelée aussi poire de Champagne au xvi" siècle, provient, disait en 1540 Charles Estienne, « de « la contrée que dans notre Cham- « pagne on nomme le Perthois :
« a nostra Galliarum Campania , « quœ Pertosiensis appellatur. »
[Seminarium, p. 69.) Or, le Pertois, ou Perthois, dont Yitry-le-Français était la capitale, s'étendait le long de la Marne et confinait au Barrois.
Quant au nom Certeau^ qu'a toujours porté ce poirier, il nous semble tiré du mot latin certo, signifiant : constant, certain, et lui avoir été donné en raison même de sa prodigieuse fertilité.
Observations. — La Quintinye , qui se montra sévère pour un grand nombre de fruits , le fut trop, surtout, à l'égard du Certeau d'Été : « Je connois cette poire pour « si mauvaise — disait-il — que je « ne conseille à personne de la « planter. » [Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, tome I.) Réellement, ce n'est pas là une variété qu'il faille abandonner, car dans les terrains moins humides que ceux du parc de Versailles, où la Quintinye cultivait ses poiriers , le Certeau d'Été est assez bon et paie largement , par son excessive fertilité , les soins qu'on lui donne.