‹ Dictionnaire de pomologie (volume 2)Chapitre 430 sur 486 · Poire de CHYPRE · texte numérisé non relu

Poire de CHYPRE

Description de l'arbre. — Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux, légèrement étaléS;, grêles, très-longs, flexueux, marron clair nuancé de brun, ayant les lenticelles larges, apparentes, gris jaunâtre, espacées, et les coussinets bien ressortis. — Yeux : moyens, aigus, coniques, non appliqués contre le bois. — Feuilles : grandes, abondantes, ovales-arrondies , acuminées, généralement planes , à bords plus ou moins crénelés , au pétiole de longueur et de grosseur moyennes.

Fertilité. — Extrême.

Culture. — Naturellement faible, ce poirier demande à être greffé sur le franc; à partir de sa troisième année il s'y développe convenablement et y fait des pyramides régulières, bien feuillues.

Description du fruit. — Grosseur : petite. — Forme : tur binée fortement arrondie. — Pédoncule : court ou très-court, mince, arqué, renflé à son extrémité supérieure, parfois charnu à la base, obliquement ou perpendiculairement implanté dans une étroite cavité à bords faiblement accidentés. — Œil : petit, ouvert, placé dans un vaste bassin rarement profond. — Peau : vert clair grisâtre, ponctuée et tachetée de rouille, presqu' entièrement maculée de rouge-brun du côté du soleil. — Chair : blanc mat, un peu grosse, mi-cassante, juteuse, pierreuse au cœur. — Fau : des plus abondantes, vineuse, sucrée, ayant un parfum particulier qui rappelle agréablement celui de la cannelle.

Maturité. — Fin juillet et commencement d'août.

Qualité. — Première, en raison surtout de sa précocité.

Historique. — En 1675, Merlet, dans la deuxième édition de son Abrégé des bons fruits, décrivait ainsi cette variété, qu'il classait parmi les Amirés : c( La poire « de Cypre (Chypre) est la meilleure (des Amirés), elle est presque ronde, d'un « rouge gris brun; la chair en est ferme et l'eau en est fort sucrée et relevée. » (Page 76.) Voilà bien le fruit que nous venons de décrire. Mais depuis Merlet on l'a souvent méconnu. Duhamel, en 1768, le confondit avec le Rousselet hâtif, dont il diffère excessivement, et Poiteau, eu 1848, commit la même méprise. De nos jours, l'auteur qui a le mieux caractérisé la poire de Chypre, est un Allemand, M. Schmidt (voir Y Illustrirtes Handbuch der Obsikunde, 1863, t. III, p. 29, n° 265). Il y a longtemps, dit-il, qu'il possède cette vieille variété dans son jardin. Du reste, elle était connue en Allemagne avant le xix" siècle. Le docteur Diel, de Stuttgardt, l'y I. 36

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signalait déjà en 1807 [Kernobstsorten, t. YI, p. 83), et déclarait l'avoir reçue, ainsi étiquetée, de l'abbaye de Saint-Maximiu, de Trêves. — Quelques années avant Merlet, en 1628, le Lectier cultivait ce poirier dans son jardin d'Orléans, et l'inscrivait à la page 7 de son Catalogue. C'est la première mention que nous en ayons rencontrée. Son apparition chez nous eut donc lieu, probablement, vers la fin du xvi^ siècle ou le commencement du xvu^ D'aucuns penseront peut-être — en raison du nom qu'il porte — qu'on l'a tiré de l'île de Cypre ou Chypre, sise sur les côtes de la Turquie?... Pareille supposition n'aurait rien d'invraisemblable; mais cependant nous devons observer que les pomologues qui se sont occupés de cette variété, n'ont pas dit un mot de son origine.

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