Poire COMTESSE D'ALOSÏ
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : très -nombreux , érigés au sommet, étalés à la base, de grosseur et de longueur moyennes, généralement très-coudés, d'uQ brun olivâtre souvent un peu jaunâtre ou un peu rosé, à lenticelles apparentes et rapprochées, à coussinets fort ressortis. — Yeux : volumineux , ovoïdes , habituellement pljacés en éperon. — Feuilles : moyennes , ovales ou ovales -allongées, légèrement acuminées et dentées en scie, portées sur un pétiole assez long, roide et des plus épais.
Fertilité. — Grande.
Culture. — Greffé sur cognassier, il se montre très-vigoureux et d'une végétation hâtive; quant à sa forme pyramidale, elle y est irréprochable.
Description d« fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : variant entre la cylindro-ovoïde et laconique-allongée, mais toujours faiblement bosselée et très-
peu ventrue. — Pédoncule : assez long ou fort long, bien nourri, renflé à la base, arqué, obliquement implanté à fleur de peau et souvent en dehors de l'axe du fruit. — Œil : petit, ouvert, régulier, presque saillant. — Peau : rude au toucher, roussâtfe, finement ponctuée, de gris et couverte en partie de larges macules longitudinales. — Chair : blanc verdâtre, à grain très-serré, juteuse et des plus fondantes , à peu près exempte de pierres. — Eau ; très-abondante, fort sucrée, acidulé, possédant un arôme particulier des plus savoureux.
Poire Comtesse d'Alost. — Premier Tijpe
Maturité. — Fin d'octobre ou commencement de novembre, et se prolongeant souvent jusqu'en décembre.
Qualité. — Première.
HistoriQue. — Le Comice horticole d'Angers possède ce poirier depuis i 840 , mais nous ignorons comment il lui vint. Le baron de Biedenfeld, pomologue allemand, dit qu'en 18o4 cette variété était multipliée par Adrien Papeleu, pépiniériste à Ledeberg-lez-Gand (Belgique) [Handbuch aller bekannten Obstsorten, p. 61]. C'est là un renseignement utile ; cependant on n'en saurait inférer que Papeleu , décédé en 1859, soit l'obtenteur de la Comtesse d'Alost, car il ne se livra à l'arboriculture qu'à partir de 1847, alors que cette poire était déjà répandue. Quant au véritable obtenteur, peut-être pourrait-on penser que ce fut M. Hellinckx, d'Alost,
le pépiniériste même qui gagnait en 1852 la variété Colmar d'Alost, décrite ci-dessus? (Voir page 574.)
Observations. — Quelques pomologues, trompés sans doute par la ressemblance des noms Colmar d'Alost et Comtesse d'Alost, les ont déclarés synonymes les uns des autres. Il n'en est rien dans notre école, où ils s'appliquent à deux poires parfaitement distinctes ; et l'examen de ces deux variétés le démontrera immédiatement à qui voudra les comparer ici.