Poire CUMBERLAND
Description de l'artore. — Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux, étalés, courts et de grosseur moyenne, légèrement coudés, jaune grisâtre, à lenticelles apparentes et très-espacées, à coussinets saillants. — Yeux : moyens, coniques ou ovoïdes-allongés, écartés du bois, ayant les écailles disjointes. — Feuilles : grandes, ovales, planes ou relevées en gouttière, presqu'unies sur leurs bords, au pétiole fort et assez long.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — D'un développement tardif, ce poirier, modérément vigoureux, végète mieux sur franc que sur cognassier, dernier sujet qu'on doit rarement lui donner; ses pyramides sont fort convenables.
Description du fruit. — Gi-osseur : au-dessus de la moyenne ou moyenne. — Forme : turbinée, obtuse, ventrue et bosselée, ou turbinée-arrondie très-aplatie à la base. — Pédoncule : long, rarement arqué, mince ou bien nourri, souvent terminé en bourrelet et charnu quelquefois aussi à son auti'e extrémité, obliquement inséré à la surface du fruit. — OEil: moyen, mi-clos, placé dans un large évasement assez profond. — Peau : jaune pcàle du côté de l'ombre, jaune verdàtre du côté du soleil, ponctuée de gris-roux, marbrée de fauve autour de l'œil et du pédoncule, et portant parfois quelques taches roussâtres. — Chair : blanche,
CTJM
(UMt
mi-fine, compacte, fondante, juteuse, légèrement granuleuse au centre. — Eau
Poire Gumborland. — Premier Type.
abondante, sucrée, acidulé, assez savoureuse, mais peu parfumée.
Maturité. — Commencement de septembre.
Qualité. — Deuxième.
Historiciue. — Pour une poire de mérite inférieur, la Cumberland a fait beaucoup de bruit dans le monde horticole, où maintes fois on l'a présentée sous des noms d'emprunt, et qui rappelaient des fruits de premier ordre. C'est ainsi que nous l'avons reçue,, d'abord, étiquetée Beurré super (in ' [ variété native d'Angers), puis poire Vingt- Mars ou poire Bquinoxe, dénominations bien propres à lui procurer l'entrée des jardins. Mais ces pseudonymes , promptement signalés, ont été reconnus par tous, après quelques discussions, et la Cumberland a dû se contenter, depuis, de son véritable nom. Aujourd'hui, il semble assez difficile que cette poire puisse soulever de nouvelles réclamations; cependant, en cherchant son acte de naissance, voilà que nous lui trouvons deux pères : l'un belge , l'autre américain I . . .
« Elle provient des semis de Van « Mons, qui l'a dédiée à Son Altesse « Royale le duc de Cumberland , et « son premier rapport a eu lieu « vers 1827 , » — dit M. Alexandre Bivort, page 172 du tome II de son Album de pomologie, publié à Bruxelles en 1849.
« Elle est originaire des Étatsce Unis, et le pied-type existe encore « à Cumberland, dans le Rhode- « Island , » — affirme à son tour M. Downing , page 375 de ses Fî'uits and fruit trees of America, édition de 1849, et page 571 de l'édition publiée en 1863.
On voit alors combien il serait difficile, ici, de se prononcer; bornons-nous donc à mettre en présence ces deux versions, et laissons au temps, ou aux intéressés, le
soin de rendre à la poire Cumberland son légitime obtenteur. Mais ajoutons, pour être impartial, que Downing, en 1849, constatait que Manning et Kenrick, deux autres pomologues américains, avaient également décrit, dès 1844, la Cumberland; puis observons qu'il n'existe aucune espèce de différence entre la variété ainsi appelée en Belgique et en Amérique.