Pomme REINETTE DE BRETAGNE
Synonyme. — Pomme Reinette vermeille de Bretagne (Dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 215 ).
Description de l' arbre.
— Bois : de force moyenne.
— Rameaux : peu nombreux, érigés au sommet, étalés à la base, longs, assez gros, coudés, très-duveteux et d'un vert clair brunâtre. — Lenticelles : petites, abondantes.
— Coussinets : bien développés.— Yeux : moyens, coniques-arrondis , cotonneux, collés sur le bois. — Feuilles :
grandes , arrondies , vert terne en dessus, blanc grisâtre en dessous , souvent acuminées, à bords largement dentés. — Pétiole : gros, long, non cannelé. — Stipules : longues mais étroites. *
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — On le greffe en tête, pour plein-vent, quoique sa végétation soit grande , autrement ce pommier ne ferait pas de beaux arbres ; car si son bois est long il ne grossit pas assez, greffé ras terre, et son tronc, surtout, reste trop faible. Comme basse-tige, en l'écussonnant sur paradis il croît parfaitement et gagne beaucoup en fertilité.
description du fruit. — Grosseur : moyenne et souvent beaucoup plus volumineuse. — Forme : globuleuse, ayant un côté un peu moins développé que l'autre. — Pédoncule: court, assez fort, très-profondément planté dans un étroit
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bassin. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, à cavité prononcée et dont les bords sont généralement ondulés. — Peau : rugueuse, jaune terne et verdâtre, largement maculée de fauve autour du pédoncule , abondamment tachetée de roux , ponctuée et réticulée de même, puis colorée, à bonne exposition solaire, de rouge foncé plus ou moins fouetté de carmin. — Chair : blanc jaunâtre, fine, odorante et ferme. — Eau : abondante, bien sucrée, savoureusement acidulée et parfumée.
Maturité. — Novembre-Février.
Qualité. — Première.
Historique. — Cette vieille variété française eut en 1670 le moine Claude Saint-Étienne pour premier descripteur :
« Rainette vermeille, dite de Bretagne — écrivit-il — est longuette, grosse comme Cale-ville., plus rougeâtre que blanchâtre, et se garde bien tout l'hyver. Crue, très-bonne. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 215.)
Duhamel (1768) lui donna place dans son Traité des arbres fruitiers (t. I, p. 298), mais se trompa sur la durée de conservation de cette excellente pomme , puisqu'il prétendit « que rarement elle atteignait la fin de décembre. » Depuis lors, la majeure partie de nos pomologues ayant constamment reproduit ou analysé l'article de Duhamel, on a dû croire la Reinette de Bretagne un fruit d'automne, tandis qu'elle se garde parfaitement jusqu'en février et quelquefois, dans un fruitier bien organisé, gagne le mois de mars. Ce n'est pas une variété fort répandue chez nous , non plus qu'à l'étranger, où pourtant on l'apprécie beaucoup ; témoin le passage suivant , de M. le baron de Flotow :
« Cette exquise et belle pomme — disait-il en 1859 — probablement d'origine française et connue depuis longtemps, n'est guère cultivée, malgré toutes ses qualités; à peine, même , la voit-on mentionnée dans les Catalogues des pépiniéristes allemands. » ( Illustrirtes Eanclbuch der Obstkunde, 1859, t. I, p. 309, n° 139.)
Observations. — Ce fut à tort que Mayer, en sa Pomona franconica (t. III, p. 140), attribua en 1776 à la Reinette de Bretagne les synonymes Reinette des Carmes et Reinette truitée, lesquels s'appliquent à la Reinette rousse, de Duhamel, ainsi que l'ont affirmé les pomologues modernes les plus autorisés de l'Allemagne et de notre pays.