Pomme REINETTE DES CARMES
Synonymes. — Pommes : 1. Reinette rousse (Merlet, 1'Abréyé des bons fruits , 1667, p. 147: — et les Chartreux de Paris, Catalogue de 1775). — 2. Carmeliter-Reinette ( Diel, Kernobstsorten , 1799, 1. 1, p. 141). — 3. Reinette Truite (Van Mons, Catalogue descriptif de partie des arbres fruitiers qui de 1798 à 1823 ont formé sa collection, p. 24, n° 45). — 4. Glace rouge (George Lindley, Guide to the orchard and kitchen garden, 1831, p. 62, n° 118). — 5. Kleiner casseler Reinette (Id. ibid.). — 6. Pearmain Barcelona (Id. ibid.). ■ 7. Reinette rouge (Id. ibid.). — 8. Fobellen Reinette (Diel, Verzeichniss der Obstsorten, 1833, p. 18). — 9. Speckled golden Remette (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 30, n° 532). — 10. Polinia Parmane (Lucas, Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1859, 1. 1, p. 161, u° 65). — 11. Reinette truitée (Id. ibid.). — 12. Speackled Parmane {Id. ibid.). — 13. Cassel Reinette (Charles Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1869, p. 87).
Description de l'arbre. — Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux, I érigés, longs et grêles, sensiblement coudés, duveteux et rouge -brun foncé amplement lavé de gris. — Lenticelles : clair-semées, de grandeur moyenne, iv. 41
REI [reinette car]
allongées ou arrondies. — Coussinets : aplatis. — Yeux : petits ou moyens, arrondis, faiblement cotonneux, collés en partie sur l'écorce. — Feuilles : petites, ovales ou arrondies, courtement acuminées, planes et profondément dentées. —
Pétiole : long , menu , rigide , Pomme Reinette des Carmes. — Premier Type. à cannelure bien accusée. —
Stipules : étroites et longues.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Écussonné à hauteur de tige il fait, malgré sa croissance assez lente, de convenables plein -vent à tète fort régulière ; cependant la basse -tige lui est plus profitable comme production et beauté.
Description du fruit.
— Grosseur : au-dessus de la moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : cylindroconique ou globuleuse aplatie aux extrémités, mais habituellement plus développée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : assez long , de force variable , arqué , profondément inséré dans un bassin étroit et souvent irrégulier. — (JEU :
grand, mi-clos ou très-ouvert, cotonneux , placé dans une cavité unie ou légèrement plissée, large et généralement bien profonde. — Peau : un peu rugueuse, à fond jaune sale, ponctuée, marbrée et réticulée de roux sur la face exposée à l'ombre , maculée de fauve squammeux autour du pédoncule, puis légèrement lavée et fouettée de rouge-brun à l'insolation, où elle est en outre parsemée de points grisâtres.
— Chair : blanchâtre , fine ou mi-fine, assez tendre et plus ou moins croquante. — Eau : suffisante, trèssucrée, délicieusement acidulée et parfumée.
Maturité. — Novembre-Mars.
Qualité. — Première.
Historique. — Merlet, en 1667, signalait ainsi cette pomme fort répandue :
« La Reinette rousse — disait-il — est plus grosse et plus ferme que la Reinette blanche
Deuxième Type.
REI [reinette car] 643
|ou franche], a son eau relevée, et dure longtemps. » (L'Abrégé des bons fruits, pp. 147-148 de la lre édition.)
Ce fut vers 1770 qu'elle reçut le surnom Reinette des Carmes, que depuis on lui a toujours conservé. Les Chartreux de Paris le mentionnaient déjà en 1775, dans le Catalogue de leurs pépinières. Il vint des marbrures roussàtres dont la peau de ce fruit est amplement couverte, et qui rappellent assez bien la couleur du vêtement des Carmes. L'opinion générale la fait originaire de notre pays. Très-commune en Allemagne, Diel, toutefois, l'y décrivit dès 1799 et l'en supposa native; mais le docteur Lucas, directeur de l'Institut pomologique de Reutlingen (Wurtemberg), s'est formellement élevé contre cette supposition :
a La Reinette des Carmes — a-t-il déclaré en 1859 — fort estimée et cultivée chez nous, se rencontre néanmoins tout aussi généralement chez les Français. 11 me semble donc que Diel eut tort d'avancer, sans nulle preuve à l'appui de son dire, que cette pomme était d'origine allemande. Je la crois, au contraire, d'autant mieux provenue de France, que je peux ai'tirmer qu'on l'y multiplie de temps immémoiial. » (lllustrirtes Eandbuch der Obstkunde, t. 1er, p-. 161, n° 65.)
Observations. — En 1808 on donnait à la Reinette dorée, dans le Bon- Jardinier (p. 140), le synonyme Reinette rousse, que l'autorité dont jouit ce recueil séculaire, conseille de reproduire. Les Allemands, de leur côté, appellent Reinette rousse, notre Reine des Reinettes; il est prudent, alors, de ne pas oublier ces faits, si l'on veut éviter toute confusion entre trois variétés bien différentes. — Je constate avoir reçu, depuis une quinzaine d'années, certains pommiers Reinette truitée et Pearmain Barcelona, dans lesquels j'ai reconnu, tant pour l'arbre que pour le fruit, l'antique Reinette rousse, ou des Carmes.