Pomme REINETTE DE CAUX
Synonymes. — Pommes: 1. Grosse-Reinette rouge tiquetée (Poiteau et Turpin, Traité des arbres fruitiers de Duhamel, augmenté d'un grand nombre de nouvelles espèces, 1807, t. III; — el William Hooker, Transactions of the horticultural Society of London, 1817, t. II, p. 300). 2. Dutch Mignonne (George Lindley, Guide to the orchard and kitchen garden, 1831, p. 44 , n" 82,. et p. 352). — 3. De Laak (ld. ibid.). — 4. Paternoster {Id. ibid.; — et le baron de Férussac,. Bulletin des sciences agricoles et économiques, 1829, t. XIII, p. 331 ). — 5. Copmanthorpe Crabi (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London,, 1842, p. 14, n° 225). — 6. Stettin Pippin {Id. ibid.). — 7. VERMILLON d'Andalousie (André Leroy, Catalogue descriptif et raisonné des arbres fruitiers et d'ornement , 1851 , p. 5 , n° 218). — ; 8. Duitsch Mignonne (Alexandre Bivort, Annales de pomologie belge et étrangère, 1853, t. I, p. 83). — 9. Reinette Impératrice (André Leroy, Catalogue descriptif et raisotiné des arbres fruitiers eu d'ornement, 1863 , p. 46, n° 256).
Description de l'arbre. -- Rois : fort. — Rameaux : nombreux, érigés ou légèrement étalés, gros, longs, très-géniculés, cotonneux et brun rouge foncé..
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U Lenticelles : grandes, arrondies, excessivement abondantes. — Coussinets ; ■essortis. — Yeux : moyens , ovoïdes-arrondis , appliqués sur le bois et des plus luveteux. — Feuilles : moyennes, arrondies, vert clair en dessus, blanc verdâtre m dessous, généralement acuminées, planes, ayant les bords finement dentés ou
crénelés. — Pétiole :
Pomme Reinetts de Caux. — Premier Type. long, très -gros, sensi-
blement cannelé. — Stipules : moyennes.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Cette variété est avantageuse sous tous les rapports, soit comme beauté d'arbre, soit comme fertilité.
En pépinière ses hautes tiges, quoique droites, laissent cependant à désirer pour la grosseur, aussi conseillons - nous de la greffer en tête. Les formes cordon , pyra mide, buisson, espalier, lui conviennent également, surtout quand on l'écussonne sur paradis.
Deuxième' Type.
Description du fruit. — Grosseur : volumineuse et parfois considérable. — Forme :
inconstante, mais le plus habituellement arrondie quelque peu cylindrique et côtelée, ou bien encore globuleuse comprimée fortement aux pôles. — Pédoncule : de longueur moyenne ou long, assez nourri , généralement renflé au point d'attache, droit ou arqué, profondément inséré dans un bassin de largeur très- 'ariable. — Œil : grand, ouvert ou mi-clos, à longues et larges sépales, à 'aste cavité dont les bords sont unis ou faiblement ondulés. — Peau : lisse , i fond jaune d'or, lavée , fouettée et panachée , à l'insolation , de carmin plus ou noins foncé, tachée de fauve olivâtre autour du pédoncule, puis abondamment ponctuée de gris clair et de brun. — Chair : jaunâtre, fine, ferme et assez
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croquante. — Eau : abondante, très-sucrée, savoureusement acidulée et parfumée. Maturité. — Octobre-Avril.
Qualité. — Première.
Historique. — D'après plusieurs de nos pomologues j'ai cru d'abord la Reinette de Caux (Seine-Inférieure) variété française (voir t. III, p. 363), mais aujourd'hui je suis tenu de reconnaître, convaincu par des textes formels, qu'elle n'a positivement aucun droit à son présent nom, étant née chez les Hollandais voilà plus d'un siècle. Dutch Mignonne — Mignonne de Hollande — telle a été, sinon sa dénomination primitive, du moins la plus ancienne que nous lui trouvions, et sous laquelle je l'ai reçue de divers côtés, puis, comme nombre de mes confrères, multipliée et vendue sans soupçonner son identité avec la Reinette de Caux. Actuellement nos principaux pépiniéristes , avertis par les recueils pomologiques, savent tous que l'une de ces deux appellations est synonyme de l'autre. Ce fut un Anglais qui vers 1771 importa de Hollande à Norwich, ce pommier si recherché; le botaniste George Lindley l'affirmait en ces termes, le 4 janvier 1820, devant la Société d'Horticulture de Londres, dont il était alors membre correspondant :
a La Dutch Mignonne — disait-il — est originaire de Hollande , d'où la rapporta dans le village de Catton, près Norwich, une personne récemment décédée; mais le nom hollandais de ce fruit a Uni par se perdre, en Angleterre. » ( Transactions of the horticultural Society of London, 1820, t. IV, pp. 70-71.)
Onze ans plus tard — 1831 — Lindley, rappelant ce fait dans sa remarquable Fomologie, y ajoutait de nouveaux détails :
« Le poirier Yat — écrivait-il — nous vient de la Hollande ; feu Thomas Harvey l'en importa, avec le pommier Dutch Mignonne, il y a une soixantaine d'années au moins, et les planta dans son jardin de Catton, près Norwich. » (Guide to the orchard and kitchen garden, p. 352.)
Le nom Reinette de Caux, qui vraisemblablement a pris naissance chez nous, y fit son apparition en 1821 , dans le Jardin fruitier de Louis Noisette (t. I, p. 85), où ne l'accompagne aucune description de la variété qu'il signale. Cependant, à cette date, nos horticulteurs le connaissaient déjà depuis un certain temps, et ce sont encore les Anglais qui m'ont mis à même de le constater. On lit en effet, sous la signature William Hooker, le passage suivant dans le procès-verbal de la séance du 4 février 1817 de la Société d'Horticulture de Londres :
a Reinette de Caux. — La Grosse-Reinette rouge tiquetée, de Poiteau et Turpin, appelée par beaucoup de jardiniers, Reinette de Caux. Quoique la figure qu'en donnent ces deux auteurs représente un fruit beaucoup plus volumineux qu'aucun de nos propres spécimens de ladite Reinette, c'est cependant bien la même variété, je suis porté à le croire. » (Transactions of the horticultural Society of London, t. Il, p. 300.)
Cette Grosse-Reinette rouge tiquetée , qui certes ne diffère en rien de la Reinette de Caux, fut décrite et figurée par Turpin et Poiteau dans l'ouvrage intitulé Traité des arbres fruitiers de Duhamel, augmenté d'un grand nombre de nouvelles espèces — magnifique publication in-folio, dont le premier volume parut en 1807, et lej sixième, et dernier, seulement en 1835.
Observations. — La Grosse-Reinette de Cassel, la Reinette de Caux et la Reinette dorée, de Duhamel, très-souvent ont été prises l'une pour l'autre. Si l'on veut bien, dans ce Dictionnaire , comparer leur description, il sera facile de voir,
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tant pour l'arbre que pour le fruit, par quels caractères elles sont différenciées. — Il existe, paraît-il, une Reinette grise de Caux déclarée indigne de la culture par le Congrès potuologique , en sa session de 1869 (Procès-Verbal, p. 52). Ne connaissant pas cette variété, je rapporte ce fait pour montrer qu'évidemment elle n'a rien de commun avec sa congénère hollandaise, l'ancienne Dutch Mignonne. — ■ En 1831 George Lindley, dont il a été question dans cet article, a cru devoir rattacher à la Dutch Mignonne ou Reinette de Caux , la Reinette dorée de Mayer, qui est aussi celle de Duhamel. Il s'est trompé, on peut le vérifier plus loin, à l'article consacré à ce dernier fruit. — En 1848 puis en 1860 on m'adressa deux pommes accompagnées de greffons, la première sous le nom Vermillon d'Andalousie, la seconde étiquetée Reinette Impératrice. Je les propageai aussitôt, vu leur grande beauté; mais, plus tard, ayant reconnu qu'elles n'étaient autres que la Reinette de Caux, j'ai cessé de les inscrire sur mes Catalogues.
Pomme REINETTE DE CHAMPAGNE. — Synonyme de Reinette blanche de Champagne. Voir ce nom.
Pomme REINETTE CHAUVIN. — Synonyme de Reinette d'Angleterre. Voir ce nom.