‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 219 sur 387 · Pomme REINETTE GRISE DU CANADA · texte numérisé non relu

Pomme REINETTE GRISE DU CANADA

Synonymes. — Pommes : 1. Monstrueuse du Canada (des pépiniéristes de Paris vers 1800, d'après Louis du Bois, du Pommier, du Poirier et du Cormier. 1804, t. I, p. 51). — 2. Canada gris (Calvel, Traité complet sur les pépinières, 1805, t. III, p. 53, n° 41). — 3. Grise du Canada (William Forsyth, Traité de la culture des arbres fruitiers, traduction de Pictet-Mallet, 1805, p. 93, n" 37). — 4. Passe-Pomme du Canada (Lindley, Guide to the orchard and kiichen garden, 1831, p. 96, n° 185). — Leather-Coat (par erreur; voir, ci-après, au paragraphe Observations).

Description de l'arbre. — Bois : très-fort. — Rameaux : assez nombreux et très-etalés, gros, longs, bien flexueux, rouge-brun, couverts d'un épais duvet. — Lentkelles : grandes ou moyennes, arrondies, clair-semées. — Coussinets : saillants. — Yeux : petits ou moyens, arrondis, très-cotonneux, entièrement collés sur le bois. — Feuilles : grandes, ovales-arrondies, luisantes et vert peu foncé en iv. 44

REI [reinette grise c.anI

dessus, gris verdâtre eu dessous, rarement acuminées, à bords des plus profondé ment crénelés. — Pétiole : court, bien nourri, à peine cannelé. — Stipules ■ lames mais assez courtes.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Quand on le destine au plein-vent il est urgent de le greffer en tête I et non ras terre, autrement il serait presque impossible que la tige poussât droite' on devrait lui mettre un tuteur dès sa première année; les formes naines sur paradis, conviennent donc mieux à ce pommier.

Pomme Reinette grise du Canada.

Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : irrégulièrement globuleuse ou conique fortement arrondie, plus ou moins pentagone et généralement ayant un côté plus volumineux que l'autre. — Pédoncule : court et fort, assez renflé à ses extrémités, planté obliquement dans un vaste et profond bassin. — OEil : grand, très-ouvert ou mi-clos, à cavité irrégulière, bossuée et sensiblement développée. — Peau : rugueuse, à fond jaune verdâtre, entièrement lavée de gris -brun, ponctuée de fauve et quelquefois légèrement rougeâtre à l'insolation. — Chair : blanc jaunâtre ou verdâtre, fine, assez compacte et quelque peu croquante. — Eau : abondante, sucrée, délicieusement acidulée et parfumée.

Maturité. — Novembre -Avril.

Qualité. — Première.

Historique. — Louis Noisette , anciennement pépiniériste à Paris , ne fut pas, comme on l'a dit parfois, l'importateur de ce très-beiau fruit, mais seulement un de ses principaux propagateurs. Si Noisette l'eût tiré du Canada et cultivé le j premier, il aurait eu soin, chose fort naturelle, de s'en faire honneur et de consigner le fait dans son Jardin fruitier, publié en 1821. Or, cette admirable

REI [reinette grise cau — cha] . 691

variété n'y est même pas nommée; elle n'y figura que dix-huit ans plus tai'd, en i839, dans la seconde édition, où ces deux simples lignes lui sont consacrées : « Reinette grise de Canada, fruit gris, un peu plus petit que la Reinette de Canada, « à chair plus ferme, plus acide et d'une plus longue garde. » (Page 198, n° 16.) Toutefois ce pépiniériste la possédait ou connaissait dès 1825, puisqu'à cette date il l'a citée dans son Manuel du jardinier. L'origine de cette pomme reste donc un mystère, car les Américains, aussi réservés à son égard qu'ils l'avaient été, je l'ai montré ci-dessus (p. 640), pour la Reinette du Canada, ne l'ont pas inscrite, i malgré son nom, parmi leurs pommiers indigènes. Calvel est chez nous le premier j qui l'ait signalée. Il le fit en 1805 , et de façon à prouver qu'elle venait à peine d'y pénétrer :

« Reinette Canada gris. — Cette variété, dit -il, est au Jardin du Muséum d'Histoire naturelle [de Paris]. Elle n'a point encore porté de fruit. Ses caractères paraissent la rapprocher beaucoup de la Reinette grise. » [Traité complet sur les pépinières, t. III, p. 53, n° 41.)

Peu après, en 1809, le professeur de culture du Jardin des Plantes, Louis Bosc, confirma l'assertion de Calvel : « Il y a — écrivit-il — une sous-variété de la « Reinette de Canada au Jardin du Muséum ; on l'appelle Reinette de Canada « grise, d (Nouveau cows d'agriculture, t. X, p. 322.) Ces deux textes établissent bien l'époque où parut en France le pommier Canada gris [de 1801 à 1803], mais ils sont muets sur les circonstances qui permirent au Muséum de le posséder, puis de le propager. Silence fort regrettable et sans lequel il eût peut-être été possible de découvrir la provenance d'un aussi précieux fruit.

Observations. — C'est cette pomme qui, rebaptisée Gros-Fenouillet gris, a fait ;•! croire assez longtemps à l'existence d'une variété de ce nom. Déjà Calvel (t. III, , p. 38) assurait en 1805 qu'il n'en était rien; aujourd'hui j'affirme à mon tour que ! divers Gros-Fenouillet gris m'ont été envoyés, et se sont trouvés identiques avec la Reinette grise du Canada. — Leather-Coat, donné par les Anglais comme : synonyme de ce dernier fruit, ne saurait non plus lui être réuni; il appartient uniquement à l'antique pommier Royal Russet, décrit ci-après à son rang alphabétique et qui n'est pas le même que Reinette grise du Canada, ainsi que depuis : nombre d'années on le dit généralement.

Pomme REINETTE GRISE DE CAUX. — Voir Reinette de Caux, au paragraphe Observations.

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