‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 241 sur 387 · Pomme REINETTE D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

Pomme REINETTE D'ORLÉANS

Synonymes. — Pommes : \. Reinette triomphante (Diel, Kernohstsorlen, 1799, t. I, p. 178). — 2. Court-Pendu blanc (Alexandre Bivort, Album de pomologie, 1851 , t. IV, p. 59). — 3. Court- Pendu de Tournât (C, A. Hennau, Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. II, p. 25).

Description de l'arbre. — Bois : de force moyenne. — Rameaux : assez nombreux et assez gros, longs, érigés, sensiblement coudés, très-duveteux et d'un rouge-brun foncé lavé de gris. — Lenticelles: arrondies ou allongées, clairsemées et de grandeur variable. — Coussinets : ressortis. — Yeux : petits ou moyens, ovoïdes-arrondis, cotonneux, plaqués sur le bois. — Feuilles : moyennes, ovales, longuement acuminées, planes et finement dentées ou crénelées. —

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Pomme Reinette d'Orléans.

Pétiole : long, bien nourri, tomenteux, à cannelure prononcée. — Stipules . étroites et longues.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Il fait de beaux plein-vent, mais uniquement quand on le greffe à hauteur de tige, car en le greffant ras terre son tronc ne grossit pas assez pour

supporter sa tête. Il réussit par- Premier Type. faitement sous toute forme naine et sur toute espèce de sujet.

Description du fruit. —

Grosseur : moyenne et parfois plus volumineuse. — Forme : assez inconstante, elle est irrégulièrement globuleuse ou conique-arrondie très-comprimée aux pôles et plus développée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, peu fort mais renflé à la base, arqué, profondément planté dans un vaste bassin. — OEil: grand ou moyen, généralement mi-clos, à cavité presque toujours très -développée et plus ou moins ondulée sur les bords. — Peau : à fond jaune d'or, lavée de rouge brun clair et fouettée de carmin , puis abondamment ponctuée de gris, surtout à l'insolation. — Chair : jaunâtre , fine, mi-tendre, légèrement croquante.

— Eau : abondante , bien sucrée , délicatement acidulée et possédant une exquise saveur parfumée.

Deuxième Type.

Maturité.

Qualité. -

- Novembre-Février. Première.

Historique. — Le pomologue qui signala celte variété pour la première fois, fut le Hollandais Knoop. Il la décrivit et figura en 1766, dans l'édition allemande de son précieux recueil, la nommant Reinette d'Orléans, puis ajoutant : « Elle « provient de Strasbourg, c'est la plus grosse, la plus belle et la plus goûtée de « toutes les Reinettes. » (Tome II, p. 20, planche xi.) Mais peut-être sera-t-on surpris de voir cet auteur appeler ce fruit, Reinette d'Orléans, et néanmoins affirmer qu'il provient de Strasbourg?... Pour moi, sachant la célébrité dont Orléans jouissait encore, au milieu du xvme siècle, comme centre de culture et

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d'approvisionnement d'arbres fruitiers , je crois trouver dans le nom primitif de ce pommier, l'indication de son lieu natal. Quant à Strasbourg, Knoop a voulu dire, évidemment : « Ma Reinette d'Orléans vient de cette localité; » et non pas : « Elle en est originaire. » A mon avis, voilà l'unique explication plausible qu'on puisse donner de ce passage amphibologique. — Quoi qu'il en soit, par ce nom primitif et par la mention ici faite, de Strasbourg, l'exquise pomme qui nous occupe a droit de prendre rang parmi les variétés françaises. Mais je ne suis pas seul à le déclarer, M. le docteur Lucas, directeur de l'Institut pomologique de Reutlingen (Wurtemberg), m'a devancé, ce dont je me félicite, car l'autorité qu'il possède dans le monde horticole, par ses nombreux et savants ouvrages, donne une trèsgrande force à son opinion :

« La Reinette d'Orléans — écrivait-il en 1859 — plus répandue chez nous qu'en France, pays d'où cependant elle est originaire, se rencontre surtout communément dans nos jardins de l'Allemagne septentrionale. » (lllustrirtes Randbuch der Obsthmde, t. 1", p. 159, n° 64.)

J'ai voulu produire, en cette question d'origine, les témoignages du docteur Lucas et de Knoop, afin de mieux infirmer certaine assertion qui attribuait aux pépiniéristes de Tournay (Belgique), il y a quelques années, l'obtention assez récente de celte pomme fort ancienne, puisqu'avant 1766 elle avait déjà, du centre de la France, gagné Strasbourg, ainsi que Leeuwarde, localité hollandaise où résidait Knoop. En 1854 on lisait effectivement dans une publication belge, et sous la signature d'un pomologue belge, les lignes suivantes :

« Le Court-Pendu de Tournay est réputé en Belgique l'un des plus heureux gains des habiles horticulteurs tournaisiens. Sans pouvoir garantir cette origine, nous osons du moins proclamer que cette pomme est sans rivale parmi les Court-Pendus. Aussi a-t-elle été placée au rang des meilleures Reinettes par nos voisins de l'Est et du Midi, qui la connaissent sous le nom de Reinette d'Orléans. » (C. Aug. Hennau, Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. II, p. 25.)

Quoique timidement présentée, et sous réserves, même, semblable déclaration de paternité à bon droit m'étonne; et voici pourquoi : C'est qu'en 1851 — trois ans auparavant — un ami de M. Hennau, M. Alexandre Bivort, fondateur et rédacteur principal des Annales de pomologie belge où cette déclaration est formulée, décrivait et figurait la Reinette d'Orléans dans un Album dont cesdites Annales sont la continuation. Or, M. Hennau, non-seulement ne fait aucune mention de ce précédent article, mais encore passe sous silence, tout en citant Knoop à propos des Court- Pendu [ibid., p. 24), l'endroit où ce pomologue annonce que sa Reinette d'Orléans provient de Strasbourg. S'il eût rapporté cette particularité, remontant à 1766, aurait-il pu attribuer ensuite aux « habiles horticulteurs tournaisiens » de notre époque, le gain d'une Reinette plus que centenaire?... Évidemment non. Mieux inspiré, M. Bivort s'était borné, en 1851 , à ne rien avancer touchant l'état civil de ce pommier :

« Je manque de notions précises — disait-il — soit sur l'origine , soit sur le vrai nom de la Reinette d'Orléans, très-répandue dans le Brabant wallon, principalement aux environs de Jodoigne, où on la désigne aussi sous le nom de Court-Pendu blanc. Quoique, d'après la force des arbres qui se trouvent dans les jardins et les vergers de cette dernière localité , la variété me paraisse d'ancienne date, je ne la trouve cependant sous ce nom dans aucun ouvrage de pomologie, ni dans aucun Catalogue; il est possible qu'elle soit connue ailleurs, mais ce ne peut être que sous un ou plusieurs noms différents. » [Album de pomologie, Bruxelles, 1851, t. IV, pp. 59-60.)

Elle était, en effet, « connue ailleurs , » cette variété prétendue tournaisienne , et iv. 46

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nous l'avons prouvé. Knoop en 1766, Diel en 1799, Sickler en 1803, Dittrich en 1839, et autres, l'avaient longuement étudiée, arbre et fruit, la nommant tous Reinette d'Orléans, quelques-uns même la représentant de grandeur naturelle et parfaitement coloriée. Si donc nos voisins les Belges n'ont pu, comme ils l'affirment, la rencontrer dans les recueils spéciaux, c'est qu'ils les auront feuilletés trop à la hâte, oubliant surtout d'en consulter les tables.

Observations. — Dans sa Pornona franconica Mayer a mentionné (1801, t. III, p. 133) sans la décrire une Reinette grise d'Orléans qui certes ne saurait être le fruit à peau jaune d'or et carminée dont il s'agit ici. Quel peut-il être? Je l'ignore, mais explique le motif pour lequel je n'ai pas cru pouvoir le réunir à la présente variété. — Les pommes Reinette franche et Fenouillet jaune ayant chacune un synonyme commun [R.einette triomphante et Court-Pendu blanc] avec la Reinette d'Orléans, nous le rappelons, car ces sortes de communauté sont généralement la source d'erreurs souvent inévitables.

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