Pomme REINETTE ROUGE
Synonymes. — Pommes : 1. Reinette de la Reine (Mayer, Pomona franconica, 1776, t. 111, p. 138, n» 49). — 2. Reinette du Roi (Id. ibid.). — 3. Reinette rocge d'Hiver (Manger, Systematische Pomologie, 1780, lre partie, p. 36, n° xliv).
Description de l'arbre. — Bois : de force moyenne. — Rameaux : assez nombreux, étalés, peu longs, gros, légèrement coudés , très-duveteux et d'un brun olivâtre faiblement lavé de rouge. — Lenticelles : arrondies ou allongées, des plus petites mais abondantes. — Coussinets : saillants. — Yeux : moyens, ovoïdes, cotonneux, en partie collés sur le bois. — Feuilles : de grandeur moyenne, ovales ou arrondies, rarement et courtement acuminées, ayant les bords profondément dentés. — Pétiole : long, grêle, carminé, à large cannelure. — Stipules : bien développées.
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Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Le greffer à hauteur de tige , pour plein-vent, afin qu'il ait une tête convenable. Comme arbre-nain il prospère parfaitement, sur doucin ou paradis,
en espalier, gobelet, pyra- Pomme Reinette rouge. mide ou cordon ^ toutes for.
mes qui lui sont des plus avantageuses, tant sous le rapport de la fertilité que de l'accroissement de volume qu'alors acquièrent ses produits.
Description du fruit.
— Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : irrégulièrement globuleuse. — Pédoncule : de longueur moyenne, bien nourri, surtout à la base , droit ou arqué , profondément inséré dans un étroit bassin. — Œil : moyen , fermé , à vaste cavité légèrement ondulée sur les bords. — Peau : mince, lisse, jaune-orange, amplement lavée de rouge vif à l'insolation, puis quelque peu fouettée ou striée de carmin terne, ponctuée de gris et plus ou moins tachée de fauve dans le bassin pédonculaire. — Chair : blanchâtre, fine, ferme et croquante. — Eau : abondante, très-sucrée, acidulée et parfumant délicieusement la bouche. Maturité. — Janvier- Avril.
Qualité. — Première.
Historique. — La Reinette rouge est une de nos meilleures pommes. Fort ancienne chez nous, où sa naissance dut avoir lieu vers le milieu du xvir3 siècle", elle eutMerlet pour premier descripteur. Il ne la connaissait pas encore en 1667, non plus qu'en 1675 ; ce fut seulement dans son édition de 1690, la troisième , qu'il put lui consacrer ces courtes lignes .-
« La Reinette rouge — écrivit-il — est particulière, est des plus fermes, des meilleures et des plus de garde. » (L'Abrégé des bons fruits, 1690, p. 133.)
En la qualifiant de « particulière , » Merlet faisait alors allusion à son extrême nouveauté, qui même était restée grande une quarantaine d'années plus tard, puisque les Chartreux, dans leur Catalogue de 1736, disaient (p. 33) : «La Reinette « rouge n'est pas fort commune, et la plupart la confondent avec la Reinette « franche. » Cette variété pénétra assez vite chez les Allemands ; Mayer , qui l'y caractérisa dès 1776, contribua beaucoup à la répandre, par suite de l'éloge mérité qu'il en fit :
« Si c etoit — déclara-t-il — à mon goût, à mon palais seul à décider du rang entre les pommes, celle-ci [la Reinette rouge] en obtiendrait un des premiers, à côté de la Calville blanche d'Automne, car elle est réellement aussi bonne que belle. Sur le haut-vent elle ne devient pas absolument grosse (2 pouces 1/2 de diamètre sur une hauteur à peu près égale); au treillage elle excède ces dimensions et pèse entre 5 et 6 onces. » (Pomona franconica, t. III, p. 139.)
REI [reinette rou]
Observations. — De nos jours , tout en demeurant bien moins rare qu'autrefois, cette Reinette n'est pas aussi cultivée que sa bonté et sa longue conservation le pourraient faire croire. Il y aurait profit certain, cependant, à lui donner place au verger. M. Duval, un de nos plus intelligents arboriculteurs, le conseillait formellement en 1852, et montrait avec quel succès il l'avait tenté :
« Cet arbre, par sa vigueur et sa grande disposition à donner des fruits, devrait être — disait-il — admis dans les vergers, où il végéterait à son aise. Je l'ai cultivé en éventail en plein jardin, où il végétait toujours avec une si grande force, que j'étais tous les ans obligé de lui ajouter de nouveaux treillages. Pourtant je ne taillais jamais ses branches, je ne faisais que les ébourgeonner au besoin, et celles-ci se couvraient de fruits dans toute leur longueur, en formant comme autant de guirlandes. Je parvins en cinq années à avoir un arbre de 12 à 13 mètres de largeur, sur 2 m. 30 de hauteur. » (Histoire du pommier et de sa cuMwre,p.48-49.)
On doit veiller à ne faire aucune confusion entre cette pomme et la Reinette rouge étoilée, qui suit, puis entre la Reinette des Carmes et la Reinette de Caux , ces deux dernières comptant le nom Reinette rouge parmi leurs synonymes.
Pomme REINETTE ROUGE, nom.
Synonyme de Reinette des Carmes. Voir ce