‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 254 sur 387 · Pomme REINETTE DE THORN · texte numérisé non relu

Pomme REINETTE DE THORN

Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux , presque érigés , longs , grêles , légèrement coudés , duveteux et d'un brun-rouge nuancé de vert. — Lenticelles : arrondies ou allongées, grandes et des plus clairsemées. — Coussinets : saillants. — Yeux : moyens , ovoïdes -allongés, faiblement collés sur le bois et rarement très-cotonneux. — Feuilles :

petites , ovales - arrondies , assez minces, d'un vert peu foncé, longuement acuminées et profondément dentées. — Pétiole : long , très-grêle, flasque , à cannelure modérément accusée. — Stipules : bien développées.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — C'est un pommier à bois trop grêle pour l'élever à tige, il faut donc, quand on le destine au plein-vent, le greffer en tête, sous peine d'obtenir un mauvais résultat. Les formes naines, sur doucin. lui sont avantageuses pour la croissance et le rapport.

Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme : conique sensiblement arrondie , ou , parfois , légèrement allongée. — Pédoncule : très-long, menu, assez profondément planté dans un bassin irrégulier et de largeur moyenne. — Œil: grand, mi-clos, à cavité rétrécie et fortement plissée. — Peau : lisse, à fond jaune, très-amplement marbrée et finement fouettée de carmin vif, sur lequel apparaissent d'assez nombreux points blanchâtres. — Chair : jaunâtre, fine et ferme. — Eau : suffisante, sucrée, des plus savoureusement acidulée et parfumée.

Maturité. — Octobre-Décembre.

Qualité. — Première.

Historique. — J'ai rencontré ce charmant fruit en 1866, à Rouen, chez un de mes plus obligeants confrères, M. Boisbunel. Encore peu connu dans notre pays, il l'est davantage en Belgique, où M. C.-Aug. Hennau l'a décrit voilà dix-sept ans , et s'est livré sur son origine aux considérations suivantes :

« Cette excellente pomme — a-t-il dit en 1 856 — qu'il faut ranger dans le groupe des Reinettes rouges, a-t-elle eu pour berceau, comme quelques-uns l'ont conjecturé, l'abbaye de Thorn, dans le Limbourg hollandais?.,. Nous ne savons, et ne la trouvons mentionnée dans aucun recueil pomologique. Ce que nous pouvons seulement affirmer, c'est qu'elle est

REI [reinette tho]

assez répandue , fort goûtée dans la province de Liège, et mérite de l'être à tous égards. » (Annales de pomologie belge et étrangère, t. IV, p. 39.)

A ces conjectures, je crois pouvoir en ajouter une : c'est qu'il ne serait pas impossible, non plus, que la Reinette de Thorn fût sortie de l'ancienne ville polonaise de ce nom, sur la Vistule, et qui maintenant appartient à la Prusse. Cette supposition me semble même très -admissible, car les Allemands ont été les premiers descripteurs de ladite Reinette, fait évidemment ignoré de l'auteur belge cité ci-dessus, qui déclarait en 1856 ne l'avoir vue mentionnée dans aucun recueil pomologique. Le baron de Biedenfeld en avait, effectivement, donné une courte description dès 1834, page 247 du Handbuch aller bekannten Obstsorten (2e partie).

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