Pomme ROUGE DE STETTIN
Synonymes. — Pommes : 1. Vineuse rouge d'Hiver (Jean Bauhin, Historia plantarum universalis, 1613-1650, t. I, p. 11; — dom Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 217; — et Mayer, Pomona franconica, 1776, t. III, p. 102, n° 25). — 2. De Seigneur d'Hiver (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 24;
— et Mayer, ibid.). — 3. D'Adam d'Hivsr (Mayer, ibid.). — 4. D'Annaberg (Id. ibid.). — 5. De Hardi [Id. ibid.).— 6. DeJardi {Id. ibid.).— 7. De Paradis d'Hiver (Id. ibid.). — 8. De Rostock {Id. ibid.). — 9. Roiher Herren (Id. ibid.). — 10. De Seigneur rouge (Id. ibid.). — 11. De Stettin (Id. ibid. ). — 12. Rother Kaiser (Henri Manger, Systematische Pomologie, 1780, première partie, p. 70, n° cxxsviu-5) 13. Rother Stettiner (Diel, Kernobstsorten , 1799, t. Ier, p. 243).
— 14. Belle-Hervy (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in ihe garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 6, n° 47). — 15. Rostocker (Idem, p. 38 , n° 721). — 16. Stetting ROUGE {Id. ibid.). — 17. Berliner Glas (Robert Hogg, the Apple and its varieties, 1SS9, p. 266).
— 18. BôniCKHEiMER (ld. ibid.). — 19. Rother Hern;(W. ibid.). — 20. Zwiebel (Id. ibid.). — 81. Maler (Lucas, Itlustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1839 , 1. 1", p. 555 , n° 261 ). — 22. Rother Bietigheimer (Id. ibid.).— 23. Rother Zwiebel (Id. ibid.). — 24. Rothvogel (Id. ibid.). — 25. Tragamoner (Id. ibid.). — 26. Mat (Charles Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1869, p. 341).
Description de l'arbre. — Bois :
de moyenne force.
— Rameaux : assez nombreux et assez longs, érigés, un peu grêles , bien coudés, très -duveteux et rouge-brun ardoisé. — Lenticelles : arrondies ou allongées, grandes et rares. — Coussinets : larges mais aplatis. — Yeux : gros, ovoïdes -arrondis, incomplètement collés sur le bois et des plus cotonneux. — Feuilles : de grandeur moyenne, ovales-arrondies , assez longuement acuminées, épaisses et largement dentées ou crénelées. — Pétiole : gros, peu long, souvent dépourvu de cannelure. — Stipules ; étroites et courtes. Fertilité. — Abondante.
Culture. — Les formes naines, sur doucin, conviennent particulièrement à ce pommier; on peut néanmoins le destiner au plein-vent et en obtenir un arbre de moyenne force, mais il faut, pour cela, le greffer à hauteur de tige sur un sujet très-vigoureux.
Description «1« fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme ; globuleuse sensiblement comprimée aux pôles et parfois ayant un côté moins développé que l'autre. — Pédoncule ; court, bien nourri, droit ou arqué, obliquement et profondément planté dans un vaste bassin. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, à cavité
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assez unie , très-large mais généralement de profondeur variable. — Peau : mince, lisse, à fond vert clair, ponctuée de blanc laiteux et de brun, maculée de fauve autour du pédoncule et très-amplement lavée, surtout à l'insolation, de carmin plus ou moins vif et foncé. — Chair : verdàtre , une ou mi-fine , assez tendre ou croquante. — Eau : abondante , bien sucrée , agréablement acidulée et possédant un arôme particulier qui la rend, quoique modérément prononcé, savoureuse et fort délicate.
Maturité. — Décembre-Avril.
Qualité. — Première.
Historique. — Très-commune par toute l'Allemagne , cette antique variété en est dite originaire dans les anciennes comme dans les modernes Pomologies de ce pays. Je n'ai pu découvrir, néanmoins, la localité où elle a pris naissance, les divers auteurs qui l'ont caractérisée étant muets sur ce point. Son premier descripteur me paraît avoir été notre savant compatriote le docteur Jean Bauhin. Il la fit connaître sous le nom de Yineuse rouge, en 1598, dans l'Historia fontis et balnei Bollensis, puis plus tard dans l'Historia plantarum universalis, volumineux ouvrage que la mort ne lui permit pas de publier, mais qui le fut en 1650 :
« La tomme Vineuse, y dit-il, rouge sur le côté qui regarde le soleil, et blanchâtre de l'autre, est ainsi appelée, tant à Boll, à Wall et à Zell (Suisse), qu'à Montbéliard (Doubs), où j'en ai mangé une, très-bonne encore , au milieu du mois de mai. » (T. Ier, p. 11.)
Les nombreux synonymes — vingt-six — appartenante cette pomme , témoignent à la fois de son mérite et de son ancienneté. Seigneur et Yineuse ont été ses noms primitifs dans les jardins français, où sa culture remonte au moins à 1625. ûom Claude Saint-Ëtienne l'a brièvement décrite, mais assez bien, en 1670 :
«. La Yineuse — explique-t-il — est rondelette, plus grosse que Caleville, rouge dessus et blanche dedans; bonne dès les Roys jusqu'en May. » (Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, p. 217.)
Le pomologue allemand Jean Mayer, qui écrivait eu 1776, s'attacha surtout à retrouver les principaux synonymes de ce pommier, pour lors nommé de Seigneur rouge , en Franconie, contrée qu'habitait Mayer. C'est, du reste, dans le recueil de cet auteur très-estimé, que j'ai vu la dénomination actuelle de ce fruit — Rouge de Stettin — faire sa première apparition. Les noms pommes Vineuse rouge et de Seigneur rouge n'ont plus cours en France, et depuis longtemps, mais il se peut que la variété qu'on y dénommait ainsi au xvii" siècle, y soit toujours cultivée, cachée sous quelque pseudonyme. De cela, je ne veux répondre. J'affirme seulement qu'en 1867, à l'Exposition horticole internationale de Paris, frappé par la beauté de la Rother Stettiner, ou Rouge de Stettin, fruit qui me sembla nouveau pour nos pépiniéristes, je le fis immédiatement venir de Reutlingen (Wurtemberg) , ville où l'obligeant et savant docteur Lucas a créé une école d'arboriculture fruitière déjà célèbre.
Observations. —Mayer (t. III, p. 102) a classé le nom de Jardi parmi les synonymes de la pomme Seigneur rouge, ou Rouge de Stettin. Si l'autorité dont jouit cet auteur ne m'a pas permis de rayer ce nom, de ma liste, je dois cependant prendre acte, ici, de la dissemblance marquée qui existe entre la Rouge de Stettin et certaine pomme Jardi caractérisée par les Chartreux (1775) : « Elle est, disent-ils, « très-grosse, a la queue très-longue et menue, la chair très-jaune et ferme , et se « garde bien. » {Catalogue de leurs pépinières , édit. Liron d'Airoles, p. 56). On le
voit , quoiqu'incomplète cette description , surtout en ce qui concerne le long et menu pédoncule, est loin de rappeler celle de la variété que nous venons d'étudier. — Il existe chez les Anglais une Stettin Pippin qui, par son nom, pourrait bien amener quelque méprise entr'elle et la Rouge de Stettin. Ceci n'aura pas lieu si l'on se rappelle que la Stettin Pippin est identique avec la Reinette de Caux.