‹ Dictionnaire de pomologie (volume 3)Chapitre 57 sur 387 · Pomme NON-PAREILLE ANCIENNE · texte numérisé non relu

Pomme NON-PAREILLE ANCIENNE

Synonymes. — Pommes : 1. Nonpareille (Chaillou, Catalogue ou l'Abrégé des bons fruits de ses pépinières de Vitrij-sur-Seine, 1755, p. 11 ; — et Duhamel, Traité des arbres fruitiers, 1768, 1. 1, p. 313). - 2. Reinette Nompareille (Herman Knoop, Pomologie, 1771, pp. 51 et 132). — 3. Reinette sans Pareille (Jean Mayer, Pomona franconica, 1776-1801, t. III, p. 147). — 4. Old Nonpareil (George Lindley, Guide to the orchard and kitchen garden, 1831, p. 91, n° 175). — 5. Duc d'Arsel (Thompson, Catalogue of fruits cultivaled in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 27, n° 476). — 6. English Nonpareil (Id. ibid.). — 7. Hunt's Nonpareil (Id.ibid.). — 8. Loveden's Pippin (Id. ibid.). — 9. Nonpareille d'Angleterre (ici. ibid.). — 10. Sans- Pareille (Comice horticole d'Angers, Cahiers de dégustations, année 1844, fos 26-27 ). — 11. Grune Reinette (C. A. Hennau, Annales de pomologie belge et étrangère, 1856, t. IV, p. 53). — 12. Original Nonpareil (Id. ibid).

Description «le l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : peu nombreux , étalés , gros, assez longs, légèrement coudés, très-duveteux, d'un fauve olivâtre lavé de

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gris. — Lenticelles : arrondies ou allongées, grandes, clair-semées. — Coussinets : aplatis. — Yeux : gros, ovoïdes, presque entièrement collés sur le bois et des plus cotonneux. — Feuilles : grandes ou moyennes, ovales -arrondies, courtement

acuminées, duveteuses Pomme Non-Pareille ancienne. — Premier Type. sur les deux faces assez

profondément dentées sur leurs bords. — Pétiole : gros, long, trèstomenteux,légèrement cannelé. — Stipules :

des plus développées.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — Il fait de beaux plein-vent, car sa tête n'est jamais trop garnie de petites brindilles. Enl'écussonnant sur paradis on pourra lui donner n'importe quelle forme naine.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse ou moyenne.

— Forme : arrondie fortement cylindrique , assez aplatie aux pôles et souvent moins grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, peu nourri, arqué, inséré dans un bassin de dimensions moyennes. — Œil: grand, mi-clos ou très-ouvert , à cavité unie, large et profonde. — Peau:

tachée de fauve autour du pédoncule , et ponctuée de gris , elle est d'abord d'un vert blafard , mais passe ensuite au jaune clair verdâtre et prend, bien exposée au soleil , une nuance brun-rouge sur laquelle se détachent , généralement , quelques vergetures carminées. — Chair : blanc jaunâtre, tendre, mi-fine. — Eau : abondante , rarement bien sucrée , acidulée , presque dénuée de parfum , ayant parfois un arrière-goût herbacé.

Maturité. — Décembre-Mars.

Qualité. — Deuxième.

Historique. — Avant 1754 le pommier Non -Pareil était multiplié chez nous

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aux environs de la Capitale; je le constate dans un opuscule presque introuvable, daté de 1755 et intitulé : « Catalogue ou l'Abrégé des bons fruits, augmenté de « plusieurs expériences sur le fait des Arbres , et de quantité de nouveaux et « excellents Fruits les plus rares et les plus estimés , qui se cultivent dans les « pépinières de C haillon, marchand d'Arbres à Vitry-sur-Seine , près Paris. » Cette variété, qui jusqu'alors n'avait encore été mentionnée par aucun auteur français, se trouvait pourtant, on le verra plus bas, depuis de longues années déjà sur notre soL En 1768 — treize ans après la publication du Catalogue Cbaillou — Duhamel lui consacra un article très-détaillé dans son Traité des arbres fruitiers (t. I, p. 313). Elle fut ensuite assez souvent décrite, notamment par les Chartreux de Paris [Catalogue de 1775), sans que personne se soit toutefois préoccupé chez nous de sa provenance. Le pomologue américain Downing l'a récemment qualifiée «d'ancienne pomme anglaise » (1869, p. 288), mais il n'appuie sur rien son assertion, erronée du reste, comme les Anglais eux-mêmes vont le démontrer. Ainsi Robert Hogg, en 1859, disait : a II est généralement reconnu que ce*fruit «appartient à la France. » (The Apple, p. 154.) Et bien antérieurement — dès l'an 1724 — Stephen Switzer, autre écrivain de la Grande-Bretagne, l'avait établi d'une façon positive :

« La pomme Non-Pareille — déclarait-il — n'est pas étrangère à l'Angleterre, quoiqu'elle soit, cependant, crue d'origine française. Il existe même aux environs d'Ashtons, dans rOxfordskire, des arbres de cette variété qui comptent une centaine d'années. Selon la tradition ce sont les premiers que nous en ayons eus; ils furent apportés de France et plantés par un jésuite , sous le règne de Marie Stuart ou sous celui d'Elisabeth ; d'où suit que nos jardiniers les possèdent depuis au moins deux siècles.» (The Practical fruit-gardener, édit. de 1724, cbap. Pommier.)

Il résulte donc de ce texte, qu'en 1724 la Non-Pareille était parfaitement connue des Anglais, qu'ils l'avaient tirée de France sous Elisabeth, reine de 1558 à 1603, et pour lors qu'elle doit prendre rang parmi nos très-anciennes variétés.

Observations. — Le sol de l'Angleterre paraît beaucoup plus favorable à la culture de ce fruit, que celui de la France, puisque la Non-Pareille, dans l'Anjou du moins, se montre rarement de première qualité, tandis que les Anglais lui trouvent une chair aromatique et des plus savoureuses. — Il est important de ne pas supposer, avec certains auteurs, que cette pomme soit ordinairement dépourvue de coloris. Dans la Grande-Bretagne, où le soleil fait souvent défaut, il peut en être ainsi; mais chez nous, quoi qu'on en ait dit, l'en trouver dénuée à bonne exposition serait un cas exceptionnel. Et de même chez les Américains, dont le pomologue le plus accrédité, Charles Downing (1869, p. 288) , d'accord avec nous, lui reconnaît une peau « yellowish green » [vert jaunâtre] « and red in the sun » [et rouge à l'insolation J. — Assez fréquemment on a confondu cette variété avec la Reinette verte, d'où vient que parfois ce dernier nom lui a été donné pour synonyme, mais bien à tort, ces deux pommes étant très-diQérentes. — Louis Noisette a décrit en 1839 (Jardin fruitier, p. 198) une Non-Pareille mûrissant, ditil, de septembre en octobre. Ce n'est pas, évidemment, la nôtre, la vraie, qui commence seulement à mûrir en décembre et se conserve jusqu'en mars.

Pomme NON-PAREILLE D'ANGLETERRE. — Synonyme de pomme Non-Pareille ancienne. Voir ce nom.

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