Pomme MALAPIA
Synonyme. — Pomme Malapear (Pépinières belges de la Société Van Mons, Catalogue général, 1854, t. I, p. 57).
Description «le l'ar »
bre. — Bois : très-fort. — Rameaux : nombreux, trèsétalés à la base , gros , assez longs, peu géniculés, sensiblement cotonneux, rouge brun ardoisé. — Lenticelles:
très-grosses, arrondies, des plus clair- semées. — Coussinets : aplatis. — Yeux :
moyens , coniques-arrondis , bien duveteux, noyés dans l'écorce. — Feuilles : trèsgrandes , ovales - arrondies , courtement acuminées, vert foncé en dessus, gris verdâtre en dessous, à bords légèrement dentés. — Pétiole : de grosseur et longueur moyennes , rigide et faiblement cannelé. — Stipules : courtes pour la plupart, mais assez larges. Fertilité. — Abondante.
Culture. — Sa grande vigueur et sa belle ramification en font un des pommiers les plus propres à la greffe ras terre, pour baute-tige; ainsi traité, il pousse admirablement; son troue devient très-gros et sa tête très-touffue, très-régulière. Sous formes naines il fait également de jolis arbres, quand on lui a donné le paradis pour sujet, car sur doucin sa végétation serait beaucoup trop active.
Description du firait. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : conico-sphérique , généralement contournée dans son ensemble et moins volumineuse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long, bien nourri, surtout à son point d'attache, arqué, profondément inséré dans un vaste bassin. — Œil : trèsgrand, très- ouvert, à cavité unie et peu développée. — Peau : jaune pâle, semée de quelques points roux, tachée de fauve dans le bassip pédonculaire et lavée de rouge plus ou moins foncé sur la face exposée au soleil. — Chair : excessivement blanche, fine et tendre. — Eau : abondante, sucrée, acidulé, légèrement parfumée, très-savoureuse.
Maturité. — Novembre-Février.
Qualité. — Première.
Historique. — Pline, au livre XV de son Historia naturalis, mentionnait il y a dix-huit siècles des pommes Melapia, tirant leur nom, disait-il, « de leur « rapport avec les poires. » Ëtait-ce rapport de forme ou de saveur? L'extrême concision du texte ne permet aucune réponse. Si notre Malapia ne possède ni faciès
ni goût de poire, son nom rappelle tout au moins d'une notable façon celui de la variété citée par Pline. Je le constate sans pouvoir toutefois , même hypothétiquement, parler de l'âge et du pays de cette Malapia, que je possède depuis mon plus jeune âge. Henri Hessen, pomologue allemand, l'a comprise en 1690 dans une liste de « pommes françaises » publiée sans nul détail page 289 de son Gartenlùst. En 1780 Manger, autre écrivain allemand, nous montre aussi ce nom Malapia, seulement il le regarde comme synonyme d'Api blanc [Systemalische Pomologie, p. 32). L'Api blanc, ou mieux le Gros-Api caractérisé plus haut, page 343, diffère complètement, arbre et fruit, de la Malapia, le renseignement de Manger ne saurait donc être utilisé. Quant à la qualification de pomme « française » donnée par Hessen audit fruit, on ne peut non plus s'en prévaloir en faveur de notre pomone indigène, cet auteur — je l'ai vérifié — ayant dressé la nomenclature qu'il a publiée en langue française, à l'aide des recueils spéciaux imprimés cbez nous, de son temps. La Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, du moine Claude Saint-Étienne et datant de 1670, fut la principale source où il puisa. Et précisément ce moine est le seul de nos anciens pomologues qui non-seulement ait décrit, mais même cité, la Malapia. « Elle est — dit -il — longuette, grosse comme la « Caleville, et rouge d'un rouge brun; blancbe dedans, bonne dès l'A vent jusqu'au « Caresme; aussi bonne ou meilleure que Rainette. » (Pages 213-214.) "Voilà bien le fruit que nous venons d'étudier. Je m'étonne cependant, vu sa grande bonté, de ne pas le l'etrouver dans les Pomoloyies qui suivirent celle de Saint-Étienne. Il y est sans doute sous un pseudonyme qu'un chercheur moins pressé que moi finira probablement par découvrir. En attendant, je vais signaler certain synonyme tout moderne — Malapear — dont les Belges l'ont favorisé. Des greffons de pommier m'arrivaient ainsi étiquetés, en 1855, des pépinières de la Société Yan Mons, et plus tard me reproduisaient mon Malapia. Je crois au reste que le Comice horticole d'Angers, qui souvent offrit nombre d'arbres fruitiers à nos voisins, a pu leur envoyer celui-là, et qu'ils auront lu, sur l'étiquette, Malapear au lieu du nom Malapia, très- peu répandu et de nature à sembler défiguré. Les Anglais cultivent aussi cette variété; elle figurait en 1842 sur le Catalogue du Jardin de la Société d'Horticulture de Londres (p. 24, n° 422), rédigé par Thompson, mais comme aucune note de dégustation n'y suit son nom, cela nous indique qu'elle appartenait à la série de leurs fruits nouveaux.
Pomme MALER. — Synonyme de pomme Rouge de Steitin. Voir ce nom.