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Pomme de PARADIS

Synonymes. — Pommes : 1. D'Arbre nain (John Gérard, the Herbal, or gênerai History of plants, 1597, Apples, n° 7). — 2. Apiole (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 23 ; — et Daléchamp, Histoire générale des plantes, 1653, t. I, p. 242).

Premier Type. Sïesei-iption de l'arbre. — Bois : peu

fort. — Rameaux : assez nombreux , étalés , grêles, de longueur moyenne, légèrement coudés, à courts mérithalles et d'un rouge ardoisé lavé de gris. — Lenticelles: arrondies, petites, abondantes. — Coussinets ; aplatis. — Yeux : moyens, ovoïdes-allongés, faiblement appliqués sur l'écorce , ayant les écailles rougeâtres, cotonneuses et disjointes. — Feuilles . petites, nombreuses, vert jaunâtre en-dessus, vert grisâtre en - dessous , ovales - allongées ou elliptiques, à peine acuminées et régulièrement crénelées. — Pétiole ; gros , court , sensiblement carminé, à cannelure très-profonde. — Stipules ; petites et souvent faisant défaut.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Ce pommier est surtout utilisé comme sujet pour la greffe des

autres variétés qu'on désire posséder en arbre nain, sous formes buisson, espalier, gobelet, pyramide et cordon.

Description du fruit. — Grosseur : petite. — Forme : arrondie , un peu

comprimée aux pôles et plus ou moins plissée autour de l'œil. — Pédoncule :

long, assez grêle, inséré dans un Pomme de Paradis. - Deuxième Type ^^ de dimensions variables.

Œil : grand ou moyen , ouvert ou mi-clos, à cavité large, peu profonde, unie ou plissée sur les bords.

— Peau : mince, jaune clair, ponctuée de roux à l'insolation , où souvent aussi elle est finement nuancée de rose. — Chair : blanchâtre, tendre, à grain serré. — Eau .- suffisante , douce , sucrée , de saveur mielleuse.

Maturité. — Fin juillet et commencement d'août.

Qualité. — Troisième.

Historique. — Au premier siècle de notre ère Pline mentionna dans son Bistoria naturalis (livre XY) certaine pomme Petisienne « récemment introduite «à Rome, disait-il, petite, mais de saveur très-agréable. » Charles Estienne, d'après ce seul passage, crut en 1540 [Seminarium , p. 53) que la variété chez nous appelée de Paradis devait être identique , ou presque identique , avec cette Petisienne. Quelques années auparavant (1536) Ruel, publiant le de Natura stirpium, avait manifesté une opinion différente sur ce même fruit, dans lequel il crut retrouver, ou les Mélimelles ou les Mustées, également citées par Pline, qui se borna , pour les premières , à constater que leur chair « possédait un goût de «miel, » et pour les autres, « qu'elles mûrissaient de bonne heure. » S'il me fallait prononcer entre ces deux opinions, j'accepterais celle de Ruel en ce qui touche les Mélimelles, car réellement nos pommes de Paradis ont une saveur mielleuse. Mais, sans étudier plus longtemps un point impossible à résoudre, je passe à des allégations moins problématiques. L'archiviste actuel de la Seine- Inférieure, M. Robillard de Beaurepaire, dont l'ouvrage intitulé État des campagnes de la Haute Normandie au moyen âge, renferme de précieux renseignements sur nos anciens fruits, nous dit (p. 51) « qu'en cette contrée, au temps de Champier « (1472), la pomme de Paradis était, avec le Blanc-Durcau et le Capendu [ou « Court-Pendu gris], la pomme la plus recherchée. » Elle se trouvait du reste, à ces époques reculées , également dans le Midi de la France , puisque Jean Bauhin , qui écrivit avant 1613, affirme en avoir reçu de Lyon et de Montpellier. Comme il constate aussi qu'en Suisse on la cultivait à Râle et à Genève {IJist. natur. plantât:, t. I, pp. 18-19). — Ce fut, croyons-nous, vers la moitié du xvir3 siècle que commença l'usage de greffer, pour espèces naines, d'autres pommiers sur le Paradis. En 1688 déjà la Quintinye (t. I, p. 389) faisait ressortir a la commodité « d'avoir, sur cette variété, de petits buissons. » Mayer, en 1776, paraît confirmer notre croyance, lorsqu'il dit, d'après le professeur Gléditsch : « Depuis plus d'un siècle qu'on observe soigneusement le Pommier de Paradis, il ne s'en

est pas encore trouvé de converti en grand pommier Il conserve inaltérablement son

caractère d'arbuste. De quelque manière qu'on le propage, et quelque soin qu'on se donne pour l'en faire changer, jamais peut-être il n'atteindra une certaine hauteur; ses branches seront toujours faibles, fluettes, se soutenant à peine. » (Pomona franconica, t. III, p. 37.)

Le passage suivant de Miller, botaniste anglais fort estimé, me semble également corroborer mon opinion :

« Le Pommier de Paradis — écrivait-il en 1724 — était il y a quelques années fort recherché comme sujet propre à greffer d'autres espèces mais ces sortes de greffes ne sont plus

aujourd'hui qu'un objet de curiosité En France on estimait beaucoup ces arbres; souvent on les y mettait en pot afin de pouvoir, chargés de fruits, les servir ainsi sur les tables. » {The Gardener's and Botanist's Dictionary.)

Dans notre pays, à ces mêmes époques, cette variété contribua fréquemment aussi à l'ornementation des grands jardins :

« On en faisait — rapportait l'abbé Nolin en 1755 — des palissades de deux à trois pieds de haut, singulières par la quantité de leurs petits fruits, qui prennent de la couleur quand ils sont placés au midi. » (Essai sur l'agriculture, p. 233.)

Si maintenant on me demandait pourquoi les fruits de ce prototype des pommiers nains furent appelés pommes de Paradis , je citerais , mais sous toutes réserves, bien entendu, l'assertion émise en 1552 par le naturaliste Tragus, de Strasbourg :

« Les poètes latins — disait-il en son Historia stirpium — nous apprennent que la pomme dans laquelle Eve et Adam mordirent avec tant de convoitise, appartenait précisément à cette variété, d'où vient qu'ensuite on lui donna le nom du lieu alors habité par eux, le Paradis terrestre. »

Observations. — Les Hollandais cultivent deux pommes de Paradis rouge, la Double et la Simple; elles n'ont aucun rapport avec celle ici caractérisée, leur maturité s'accomplissant en février. L'Anjou possède aussi la sienne, provenue des environs de Cbolet. Ne l'ayant pas décrite, je la signale, crainte qu'elle ne donne lieu à quelque méprise. C'est un fruit très-tardif; on le conserve aisément jusqu'au mois d'avril.

Pomme de PARADIS D'HIVER. — Synonyme de pomme Rouge de Stettin. "Voir

Pommes de PARADIS ROUGE. — Synonymes de pommes Cœur de Bœuf et Roi Très-Noble. Voir ces noms.

Pomme PAREMENS. — Synonyme de Pearmain d'Hiver. Voir ce nom.

Pomme PARFUM CALVILLE. — Synonyme de pomme Parfumée. Voir ce nom.

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