Pomme BELLE DU BOIS
Synonymes. — Pommes : 1. Louis XVIII ( André Leroy, Catalogue de cultures, 1846, p. 20 ; — e Alexandre Bivort, Album de pomologie belge, 1850, t. 111, pp. 33-34). — 2. Belle des Bois ( Alexandre Bivort, ibid.). — 3. Rhode-Island {kl. ibid. ; — et Congrès pomologique, session de 1859, Procès-Verbaux, pp. 12-13). — 4. Roi d'Islande (kl. ibid.). — b. Belle de Dubois (Duval, Histoire du pommier et sa culture, 1852, p. 53, n" 21). — 6. Reinette des Danois (Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1867, t. IV, u" 47, note). — 7. Rhode-Islande Seedijng (kl. ibid.}.
Premier Type.
DeiSCfiption ile l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux et généralement érigés, longs, assez gros, légèrement coudés, bien duveteux, au sommet surtout, et d'un rouge-brun plus ou moins foncé. — Lenticelles : peu
BEL [belle boi]
abondantes, blanchâtres, arrondies, très-petites. — Coussinets : ressortis; leur arête, vive et saillante, descend presque d'un mérithalle à l'autre. — Yeux : petits, arrondis, duveteux, noyés dans l'écorce. — Feuilles : assez grandes ou moyennes, ovales -arrondies, vert clair en dessus, bien duveteuses et blanc verdâtre en dessous, acuminées, faiblement canaliculées, souvent contournées et régulièrement créneléi^s. — Péùole : un peu grêle , de longueur moyenne , très-roide , carminé à la base et sensiblement cannelé. — Stipules : de grandeur et de largeur moyennes.
Pomme Belle du Bois. — Deuxième Type.
Fertilité. — Convenable.
Culture. — ■ Il se prête à toutes les formes, tant sa végétation est riche et régulière. Comme plein-vent nul arbre n'offre une tige plus droite; cependant il y a désavantage à l'y destiner, vu le volume de ses fruits, qu'alors la moindre bourrasque détache aisément. Le cordon et l'espalier, voilà ce qu'il lui faut pour que ses produits gagnent en beauté.
Description dw fruit. — Grosseur : volumineuse, et parfois énorme. — Forme : presque toujours irrégulièrement globuleuse et beaucoup plus large que haute, côtelée près du sommet, qui souvent est un peu conique, mais aplatie à la base et généralement ayant un côté moins renflé que l'autre. — Pédoncule : court ou très-court, gros, inséré dans une cavité des plus prononcées. — Œil : des plus grands, à courtes sépales, ouvert ou mi-clos, occupant le centre d'un vaste et profond bassin dont les bords sont fort inégaux. — Peau : unicolorc, jaune clair
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nuancé de vert, amplement maculée de fauve autour du pédoncule et toute parsemée de larges points blanchâtres. — Chair : légèrement verdâtre, surtout dans le voisinage des loges, tendre, mi- fine, croquante, non marcescente. — Eau : suffisante, acidulée, rarement bien sucrée, sans aucun parfum, et néanmoins de saveur agréable.
Maturité. — Décembre -Mars.
Qualité. — Deuxième comme fruit à couteau, première pour la compote.
Historique. — H est trois pommes qui depuis une vingtaine d'années ont constamment fait le désespoir des pépiniéristes et des jardiniers : ce sont les variétés Belle du Bois, Joséphine et MénagèTe. De volume et de forme à peu près semblables, et par cela même fréquemment confondues, elles se sont, un beau jour, vues réunies en une seule espèce, au grand détriment de la nomenclature. Leurs nombreux synonymes, ainsi mélangés, n'ont effectivement que mieux embrouillé la question. A tel point, qu'une assemblée dont la compétence doit paraître suffisante — le Congrès pomologique — en dix ans changea trois fois d'avis sur l'identité de ces divers pommiers (voir Procès-Vei'baiix du Congrès, sessions de : 1857, p. 5 ; 1859, p. 5; 1860, p. 13). Actuellement — sauf l'attribution à la Belle du Bois du synonyme Monstrous Pippin, appartenant, nous le prouverons en son lieu, à la pomme Joséphine ou American Gloria Mundi — actuellement notre Congrès a rendu justice aux variétés ainsi méconnues. Il l'a fait en 1867, dans les termes suivants, que je reproduis littéralement :
« La confusion qui existe sur l'identité du pommier Joséphine et les variétés Belle-Dubois et Ménagère, non admises par le Congrès, ont donné lieu à divers synonymes qui s'appliquent tantôt à l'une, tantôt à l'autre de ces variétés ; nous citons les synonymes : Gloria Mundi, Rhode-Island , Baltimore, MammotK.
« Comparons Joséphine et Belle-Dubois :
« Les rameaux de la Joséphine sont longs, plutôt tlesueux que dressés, à épiderme brun foncé; ses feuilles sont amples et souples, à dentelures profondes.
« Les rameaux de la Belle-Dubois sont raides, droits, à entre-feuilles courts; ses feuilles sont presque toujours érigées, gaufrées ou plissées, raides, d'un vert clair ou un peu terne.
« L'œil le moins exercé distingue à première vue l'arbre de la pomme Joséphine de celui de la Belle-Dubois. C'est cette dernière que l'on désigne généralement sous les noms' de Bhode-Island, Rhode Hisland Seedling et Reinette des Danois.
« Si nous passons à la pomme Ménagère, nous ne lui trouvons aucune analogie avec la pomme Joséphine. Le bois de la première est grêle, flexueux, à épiderme brun-noir, pointillé de nombreuses lenticelles blanches. Le fruit, qui surpasse en grosseur et en beauté celui des deux autres variétés, leur est inférieur en qualité; il arrive plutôt à maturité. » {Pomologie de la France, t. IV, n° 47.)
Dans ce passage , qui témoigne d'une consciencieuse étude des trois pommiers si longtemps confondus, il importe de relever certaine erreur de fait dont la Belle du Bois et la Ménagère n'ont pu manquer, déjà, d'être victimes. Je veux parler de la non-admission que le Congrès affirme avoir prononcée contre ces intéressantes variétés qui furent, au contraire, formellement admises par lui dans sa session de 1860, ainsi qu'on le constate, pour la Ménagère, page 3 du Procès - Verbal , et page 13 pour la Belle du Bois. — Ce dernier fruit, dont l'origine m'échappe, était en 1841 dans toute sa nouveauté, ainsi que l'annonçait alors mon Catalogue (p. 3). Je l'avais tiré des pépinières de Louis Noisette, premier pomologue qui l'ait décrit et signalé (1839, Jardin fruitier, t. I, p. 201, n° 30). En orthographiant comme il l'a fait — Belle du Bois — le nom de ce pommier,
BEL [belle bot — bdi]
aussi appelé plus tard Belle des Bois , feu Noisette me conduit à penser que l'arbre-type poussa peut-être spontanément dans quelque taillis. S'il l'eût écrit différemment, j'y verrais plutôt avec Duval, qui le nommait en 1832 Belle de Dubois, une dédicace à son savant contemporain Louis Dubois, dont les travaux sur le Pommier, le Poirier et le Cormier seront toujours consultés avec profit, soit par les érudits, soit par les praticiens. Mais ce sont là simples conjectures et tout ce qu'à mon grand regret, je le répète, notes et souvenirs me fournissent sur cette énorme pomme.