‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 110 sur 439 · Pomme de BELLE-FILLE · texte numérisé non relu

Pomme de BELLE-FILLE

Synonymes. — Pommes : 1. Belle-Femme (Olivier de Serres, le Théâtre d'agriculture el ménage des champs, 1C08, p. 626). — 2. De Bonne-Fille (André Leroy, Catalogue descriptif et raisonne' des arbres fruitiers et d'ornement, 18^9, p. 30, n" 10).

Description de l'ar > fore. — Bois : très-fort. , — Rameaux : nombreux, étalés, gros et assez longs, peu coudés, duveteux et brun-rouge.

— Lenticelles : arrondies , petites, abondantes. — Coussinets : saillants. — Yeux :

moyens , arrondis , coton neux , en partie collés contre le bois. — Feuilles : grandes, épaisses , ovales ou ellipti ques, assez longuement acuminées, luisantes en dessus, duveteuses en dessous, légèrement dentées ou crénelées.

— Pétiole : gros, de longueur moyenne, carminé, souvent dépourvu de cannelure. — Stipules : étroites et assez longues.

Fertilité. ^ Remarquable;

BEL [belle fil] lH

Culture. — Il est d'une végétation très-régulière et fait des tiges aussi droites que grosses; je l'emploie même fréquemment pour grefTer, comme plein -vent, des variétés peu vigoureuses.

Description dia Spuit. — Grosseur : moyenne et parfois plus volumineuse. — Forme : sphérique, aplatie à la base, tournant au conique vers le sommet, et souvent moins renflée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : court, assez gros, surtout au point d'attache, inséré dans une cavité bien prononcée. — Œil : petit, mi-clos ou fermé, à bassin des plus profonds et dont les bords sont très-unis. — Peau : lisse, mince, luisante, jaune clair verdàtre, marbrée de fauve près l'œil et le pédoncule, quelque peu brunâtre sur la face exposée au soleil, et toute parsemée de larges points gris. — Chair : odorante , blanchâtre , tendre et croquante. — Eau : suffisante, sucrée, douce et légèrement vineuse, ayant une saveur parfumée fort agréable.

jVIaturité. — Novembre-Février.

Qualité. — Première.

Historique. — Voilà encore un de ces vieux pommiers français dont l'origine se perd dans son ancienneté même. Ce fut lui qu'évidemment Olivier de Serres désigna, dès 1600, sous le nom de Belle-Femme, et c'est lui positivement qu'en 1667 Merlet caractérisa de la sorte :

« La pomme de Belle-Fille est une grosse Pomme jaune, lice, d'une eau fort sucrée, qui est une espèce de gros Courpandu. » {L'Abrégé des bons fruits, 1667, p. ioo.)

Le moine Claude Saint-Étienne connut également cette variété, qu'il décrivit trois ans après Merlet, mais beaucoup moins bien que ce dernier :

« De Belle-Fille — dit-il — est longuette et grosse comme grosse Rainette jaunâtre bonne à la my-OctoLre. » (Nouvelle instruction pour connaitre les bons fruits, 1670, p. 2H.)

On le voit par ces descriptions, notre Belle-Fille se rapporte exactement à celle de ces deux auteurs, qui malheureusement ne nous ont, non plus que leurs successeurs, transmis aucun détail sur son lieu de naissance. Je le regrette, peu de pommiers étant aussi méritants que celui-là; et je ne suis pas seul de cet avis comme va le démontrer le passage suivant, écrit en 1852 par M. Duval, arboriculteur fort habile, résidant aux environs de Meudon :

« Assez Tolumineux, ces fruits, lorsqu'ils sont mûrs, ce qui arrive de novembre en

janvier, prennent une légère Gouleur jaune et répandent une forte odeur; ils sont trèstendres à manger et l'on peut en faire d'excellentes compotes. L'arbre est un des plus fertiles que je connaisse ; il faut que son bois soit d'une grande force, pour porter une telle quantité de fruits très-lourd» et aussi gros.... Un de ces arbres, planté dans mon jardin, avait une tête énorme chargée de fruits ; le vent, ne pouvant ni l'ébranler ni faire tomber les fruits fit tant , qu'il parvint à le fendre par moitié, du haut en bas. Je coupai et rafraîchis proprement l'endroit de la cassure, et depuis huit ans il n'a cessé de végéter et de donner des fruits, quoiqu'ayant la moitié du corps à l'air.... C'est une de ces pommes qui mieux connues, pourraient rendre service à des cultivateurs souvent fort embarrassés pour greffer leurs sauvageons... Si l'on greffait ce pommier sur paradis, et qu'on éclaircit les fruits, nul doute qu'on n'obtint des pommes de première grosseur. » (Histoire du pommier et sa culture, pp. bi-o2, n" 18.)

ObserTations. — En 1867 j'ai reçu de Paris, sous le nom Belle-Fille, une petite pomme arrondie-écrasée, presque entièrement lavée de rouge- brun clair, fouettée de carmin vif au soleil et très-maculée de fauve autour du pédoncule. Ce

BEL [belle fil]

n'est donc pas là notre Belle-Fille, si conforme aux types décrits par Merlet et Saint-Étienne. Aussi je la signale, cette fausse variété, afin qu'on l'arrête au passage. — On doit également veiller à ne pas confondre, avec la Belle-Fille, la Belle-Fille normande, dont l'article vient ci-après, et de même la Reinette grise, qui compte une Belle-Fille parmi ses synonymes.

Pomme BELLE-FILLE. — Synonyme de Reinette grise. Voir ce nom.

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