‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 116 sur 439 · Pomme BELLE DU HAVRE · texte numérisé non relu

Pomme BELLE DU HAVRE

Synonymes. — Pommes: 1. Grosse-Pomme noire d'Amériquk (Calvel, Traité complet sur les pépinières , 3= édition, 180b , t. III, p. 46, n" 28 ; — et Poiteau , Pomnlogie française, 1846, t. IV, n"5 52 et 53). — 2. Ol.ÉosE (Poiteau, ibkl.]. — 3. RosA (André Leroy, Catalogue de cultures, 1840, p. 2.)

Desci'iiitiois de l'ai'bi'e. — Bois :

très - fort. — Rameaux : peu nombreux , généralement étalés, souvent arqués, renflés au sommet, très -gros et assez courts, à peine géniculés, des plus cotonneux et brun olivâtre clair.

— Lenlicelles : grandes , allongées et très-r approchées. — Coussinets : modérément ressortis. — Yeux : moyens, arrondis , duveteux , noyés dans l'écorce. — Feuilles : grandes, uniformément ovales, très-courtement accuminées, épaisses et coriaces, cucuUées, vert mat foncé en dessus, tomeuieuses et gris verdâtre en dessous, à bords régulièrement crénelés. — Pétiole : très-court et très-gros , cotonneux , habituellement dépourvu de cannelure. — Stipules : moyennes.

Fertilité. — Abondante et soutenue.

CuLruRE. — - Il se prête à toutes les formes, mais il est préférable, lors surtout qu'on désire lui voir porter de volumineux fruits, de le greffer sur paradis pour en faire des gobelets ou des cordons.

BEL [belle hav — her] J21

Description du ii'iiit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne, et parfois plus considérable. — Forme : arrondie, souvent moins renflée d'un côté que de l'autre, côtelée ou fortement plissée au sommet. — Pédoncule : bien nourri, arqué, de longueur variable, mais plutôt moyen que court, inséré dans une cavité trèsprononcée. — Œil : grand, mi-clos, à longues sépales, à bassin irrégulier et variant beaucoup en ses dimensions. — Peau : épaisse, très-onctueuse au moment de la maturité, à fond jaune clair verdâtre, tantôt partiellement, tantôt entièrement lavée de rose tendre du côté de l'ombre, de rouge-brun violacé sur l'autre face, souvent fouettée de même et semée d'assez nombreuses et larges macules presque noirâtres. — Chair : très-blanche, très-fine et des plus tendres. — Eau : suffisante, acidulé et sucrée, possédant un parfum plus ou moins prononcé.

Maturité. — Septembre -Octobre, quelquefois même atteignant la fin de novembre.

Qualité. — Deuxième.

Historifiiie. — Poiteau, dès 1830, s'appliqua à propager la Belle du Havre, qu'en 1829 ou lui apportait de cette ville à Paris. La croyant inconnue, il lui donna le nom du Heu dont elle sortait, puis la caractérisa dans sa J'omologie française (1846, t. IV, u" 32), OÙ elle précède l'Oléose, autre pomme qui lui doit aussi sa dénomination. Poiteau n'a jamais vu — il le déclare — de pommier Belle du Havre; de là vient qu'il s'est trompé en présentant comme distincts deux fruits entièrement identiques. Le coloris et la maturité, assez variables, de cette espèce, causèrent l'erreur du savant botaniste, 11 ne l'aurait pas commise, s'il lui eût été possible, comme souvent nous l'avons fait, d'étudier comparativement les pommiers Oléose et Belle du Havre. On les trouve en effet, n'importe à quelle exposition, d'une parfaite identité, et l'on reste également convaincu de la diversité fort grande du coloris de leurs produits. De ces derniers, beaucoup ont la peau couverte d'un brillant carmin, sans macules ni vergeures; d'autres, au contraire, mi-partis jaune et rouge terne, sont amplement fouettés de brun-rouge et plus ou moins couverts de taches noirâtres. Pour Poiteau, les premiers furent la Belle du Havre et les seconds, l'Oléose, « transpirant au fruitier, nous dit-il, «une espèce d'huile très -abondante, graissant les mains lorsqu'on touche le «fruit. » Caractère, ajouterai -je, existant également chez la Belle du Havre, et particuher même à plusieurs autres pommes. L'Amérique nous a probablement fourni cette variété, si recherchée pour son volume et la nuance admirable de sa peau. Je dis probablement, n'ayant pour appuyer ma conjecture, que l'assertion de Poiteau, affirmant que son Oléose portait au .Jardin des Plantes, avant 1830, le nom de Grosse-Pomme noire d'Amérique. Et de fait ce fut sous cette appellation qu'Etienne Calvel la décrivit le premier, peu après 1803, dans la troisième édition de son Traité des pépinières [t. HI, p. -46, n" 28). Peut-être avait-elle été rapportée des États-Unis par quelque navigateur du Havre, port où Turpin, collaborateur de Poiteau, fit en 1829 la découverte de cette pomme, baptisée Belle du Havre par ce seul fait, ainsi qu'au début je l'ai mentionné. Néanmoins elle n'est autre, nos pépiniéristes le savent parfaitement aujourd'hui, que l'Oléose et que la pomme Mosa, deuxième surnom sous lequel je la reçus bien avant 1840.

Pomme BELLE-HERVY. — Synonyme de pomme Rouge de Stettin. Voir ce nom.

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