Pomme BLANC-DU REAU
Synonymes. — Pommts : i. Blawc-Duriau (Dit des cris de Paris, aux vers 50 et 51 , manusciril du xm« siècle cité par Sjmpliorien Champier ). — 2. BlaKduriltte ( au xui' siècle, cité par Roquefort, Glossaire de la langue romane, t. !, p. 158). — 3. Blandurel [Registres du Tabelliomoge de iiouen, année 1371 , t. III, f» 193, cité par Uohillard de Beaurepaire, Noies et documents concernant l'état des campagnes de la flaule-Normandie dans les deryders temps du moyen âge, 1863, p 48). — 4. Blondurel (Charles Estieuue et Liebault, la Maison rustique, 1589, p. 205 verso). —
5. Blanc-Dure (Jeau Bauhiu, Uistoria fonlis et balnei Bollensis, 1598 , livre IV, pp. 62-63) —
6. Dure-Blanctie {td. ibid.}. — 7. Fondante {Id. ibid., p. 66; — et Henri Manger, Systematische Pomologie , 1780, p. 82, n» 167-vii). — 8. Pfaffen [lid. iibid.). — 9. De Prêtre [lid. iibid.) — 10. ScHMELZLiNG [Hcl. iibid.). — 11. Blant-Dureau (Olivier de Serres, le Théâtre d'agriculture et ménage des champs, 1608, p. 626 ). — 12. Blandureah ( dom Claude Sainte-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 207). — 13. BLANCHE (Pépinières d'Angers depuis 1860).
lJes«M'iî»ti®B» de î'a*'B»i'e. — Bois : assez faible. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, de longueur et de grosseur moyennes, à peine géniculés, très-cotonneux, rouge-grenat foncé. — Lenticelks : petites, arrondies, clair-semées. — Coussinets : presque nuls. — Yeux : petits, arrondis, peu duveteux, plaqués sur l'écorce. — Feuilles : petites, rondes ou ovales, vert sombre, longuement acuminées, à bords profondément dentés. — Pétiole : gros, court, cotonneux, carminé à la i base et rarement cannelé. — Stipules : bien développées.
Fertilité. — Abondante.
Culture. — En le greffant sur doucin il fait de jolis arbres nains pour cordon ou gobelet; la haute-tige lui est peu favorable, à moins qu'on ne l'écussonne en i tête sur des sujets très-vigoureux.
Description fSii £raait. — Grosseur : moyenne. — Forme : irrégulièrement i
Pomme Blanc -Dureau.
globuleuse, ou ovoïde-arrondie écrasée à la base et presque toujours un pou ventrue vers son milieu. — Pédoncule : de longueur moyenne, grêle, renflé au point d'attache, duveteux, profondément inséré dans une cavité rarement bien
large. — Œil : grand, très-ouvert, légèrement enfoncé, fortement plissé sur ses bords. — Peau : jaune blanchâtre, nuancée de vert clair du côté de l'ombre, où elle est en outre ponctuée de fauve ; faiblement lavée de rouge-brun et semée de points grisâtres sur la face exposée au soleil, ainsi qu'autour de l'œil, puis maculée de roux dans la cavité pédonculaire.
— Chair : blanche, fine, quelque peu verte auprès des loges, très-odorante et très-ferme, quoique mi -fondante.
— Fau : abondante, sucrée, acidulée, ayant une saveur fort agréable.
Maturité, — • Février- Juin.
Historique. — Les documents abondent sur ce pommier, l'un des plus âgés qui soient aujourd'hui dans la culture. M. de Robillard de Beaurepaire, archiviste du département de la Loire-Inférieure, en a publié surtout de très-curieux, en 1865, dans son ouvrage intitulé : IVotes et documents concernant l'état des campagnes de la Haute Normandie dans les derniers temps du moyen âge. Ils sont extraits des Registres du Tabellionnage de Rouen, collection d'un intérêt extrême par sa haute ancienneté et les renseignements de toute sorte dont elle est remplie. Après avoir constaté que le Blandurel y est cité dès 1371 (f° 193, recto, du Registre 3'], cet écrivain érudit, ajoute :
« Le Blandurel d'Auvergne, le même sans doute que le Blandurel de Normandie, était célèbre dès le xin« siècle. Cliampier ren'arque qu'il est souvent mentionné dans les chansons de jeunes filles :
« Primes al pommes de Rouviau « Et d'Auvergne le Blanc-Duriau. ji ( Dit des cris de Paris, vers 50 et 51 . )
« Du temps de ce Cliampier (1472-1533), le Blanc-Diireau était, avec le Capendu et
le Paradis, la pomme la plus recherchée, non pas tant pour son goût que pour son odeur. Les femmes avaient l'habitude d'en mettre dans leurs huches alin de parfumer leurs robes » (Pages 48, oO, 51 et 32.)
Ainsi, au moyen âge, l'Auvergne et la Normandie étaient en possession déjà de cette variété. Mais il est certain que peu après on la renconti'ait aussi hors de notre pays, notamment en Allemagne. Yalerius Cordus, botaniste célèbre né &ans la Hesse -Électorale , et qui composa vers 1530 une Historia stirpium imprimée beaucoup plus tard (1561), caractérise effectivement ce fruit. Il le nomme en allemand, Hartlinge Weiss Apfell; puis en latin, Duracina Alba, mots signifiant, dans chacune de ces langues, Pomme Blanche Burette. « Sa chair — dit-il — pleine « d'un suc à saveur acide, vineuse, suave, est fondante, et pourtant ferme, com- " pacte... Cette pomme répand une agréable odeur, atteint la fin de l'hiver et se «trouve généralement partout, en Allemagne. » (Chapitre Pommier, n° 11.) Un
autre botaniste qui fut contemporain de ce Cordas, et notre compatriote, Jean Bauhin, la décrivit et figura même, en 1398, aux pages 62 et 63 de son Historia fonds et balnei Bollensis. Il lui maintient les noms ici rapportés, observe qu'elle les doit à la fermeté de sa chair et qu'on la cultive chez les Suisses et à Montbéliard (Franche-Comté), où dans le jardin comtal elle est, ajoute-t-il, appelée Blanc-Dure. Enfin Rabelais, le curé de joyeuse mémoire, fait en son Pantagruel boire au fou TribouUet une « pleine bouteille clissée de vin breton , » puis manger « un quar- « teron de pommes Blandureau, » (livre III, chap. 43) et cela au paj's Blaisois, avant 1533... J'arrête là cet exposé, prouvant à quel point le présent pommier, six ou sept fois centenaire, fut jadis recherché, répandu. — Est-il français, allemand ou suisse?... Quand on le voit, eu 1200, chanté par nos trouvères, il semble vraiment possible de le regarder comme né en France, soit dans l'Auvergne, soit dans la Normandie, contrées où nous l'avons rencontré pour la première fois.
Observations. — On lit dans le Glossaire de la langue romane publié par Roquefort en 1808, le passage suivant : « Blanduriau, Blanduriette, très-blanc, c( très-blanche; pommes de Caleville blanc qui venaient d'Auvergne. » (Tome I", p. 158.) Les textes que j'ai rapportés ci-dessus infirment entièrement cette définition ; et son auteur l'eût certes rectifiée, s'il avait connu les écrits pomologiques de Cordus et de Bauhin. Ménage, qui les interrogea, s'en trouva bien, car il dit du mot Blandureau, dans son Dictionnaire des élymologies de la langue française : « Blandureau. Sorte de pommes nommées ainsi de leur blancheur et dureté. »
Pommes : BLANC -DUREE,
BLANC -DURIAU,
Synonymes de pomme Blanc- Dureau. Yoir ce nom.