‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 188 sur 439 · Pomme CALLEVILLE ROUGE D'ETE · texte numérisé non relu

Pomme CALLEVILLE ROUGE D'ETE

Synonymes. — Pommes : 1. Syrique (de Pline, au i" siècle de notre ère, d'après Tournefort, Institutiones rei herbariœ , 1700, t. I, p. 635; — et d'après Fée, Traduction de Pline, édition Panckoucke, 1831, t. IX, p. 470). — 2. Serique (Daléchamp, Historia generalis plantarum , 1586, t. I, p. 242; — Jean Bauhin, Historia plantarum universalis , édition posthume de 1650, t. I, pp. 3 et 4; — et Fée, id. ibid.). — 3. Suzine {lid. iibid.). — 4. De Suze (Jean Bauhin, ibid.). — 5. Framboisée (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 22; — et Bonnefond, le Jardinier français, 1653, p. 107). — 6. De Framboise d'Été (Claude Saint-Étienne , Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits , 1670 , p. 211 ). — 7. Passe-Pomme musquée [Id. ibid., p. 214). — 8. Petit-Calleville d'Été (M. ibid., p. 208; — et Henri Manger, Systemaiische Pomologie, 1780, t, I, p. 64, n» cxxxii). — 9. Calville d'Été DE Normandie (Henri Manger, ibid.}. — 10. Calville hâtive {Id. ibid,). — 11. Calville plate ROUGE d'Été {Id. ibid.). — 12. Calville royale d'Été {Id. ibid.). — 13. Grosse-Passe-Pomme (Louis du Bois, du Pommier, du Poirier et du Cormier, 1804, t. I, p. 30, n" 4).

Sescription de l'arbre. —

Bois : peu fort. — Hameaux : assez nombreux, grêles et légèrement étalés , de longueur moyenne , faiblement géniculés et duveteux, brun rougeâtre lavé de gris. — Lenticelles : petites, arrondies et clair-semées. — Coussinets : presque nuls. — Yeux : moyens , coniques -ventrus, plaqués sur l'écorce. — Feuilles : assez grandes, ovales, coriaces, d'un vert sombre , planes ou canaliculées , courtemeiit acuminées, ayant les bords régulièrement et finement dentés. — Pétiole : long, épais et roide, carminé à la basé et sensiblement cannelé. — Stipules :

moyennes.

Fertilité. — Abondante.

Culture. — Malgré sa vigueur modérée on peut l'élever pour la haute tige, mais nous le greffons de préférence sur paradis, afin d'en faire des cordons ou des buissons.

Description du Sruit. — Grosseur : moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : conique-obtuse, légèrement étranglée près du sommet, sensiblement côtelée, presque toujours plus grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : assez long, grêle, profondément implanté dans un large bassin. — Œil : moyen ou petit, mi-clos ou fermé, rarement bien enfoncé, à vaste cavité fortement plissée. — Peau : jaune-paille, amplement lavée de rouge-cramoisi fouetté de carmin foncé, ponctuée de blanc et de gris, quelque peu tachée de roux verdâtre dans le bassin pédoneulaire , puis recouverte d'une légère efflorescence violâtre. — Chair :

CAL [CALLEVILLE ROU] 193

blanche, rosée près des loges et sous la peau, fine, très-odorante et des plus tendres. — Eau : abondante, sucrée, très-savoureusement acidulée et parfumée. ! Maturité. — Juillet-Août.

Qualité. — Première.

I Historique. — Différents traducteurs de Pline et plusieurs naturalistes, entre autres Daléchamp (1386), Tournefort (1700), Fée (1831), ont affirmé dans 4es ouvrages mentionnés au sommaire synonymique placé en tête de cet article, ■que les Romains avaient connu, sous le nom Pomme Syrique, le Caileville rouge d'Été. Je rapporte leur assertion, mais ne puis partager leur sentiment, Pline ne disant rien qui soit de nature à permettre l'assimilation de ces deux fruits. Voici son texte : « Coloris, Syrica ; » qu'on doit traduire : « les Syriques, ainsi appelées de leur couleur. » Le mot syricum désignait effectivement, à Rome, une certaine nuance se rapprochant de l'ocre rouge. Toujours est-il que là nous sommes en présence d'une très-ancienne variété également réunie par Daléchamp, d'après la idescription du naturaliste Curtius (1360), au pommier nommé jadis de Suse, chez (les Italiens, qui le croyaient originaire de la ville de ce nom, située sur les confins ;du Piémont. (Voir Curtius, Hortorum libri trigenta, 1360, chap. Pommier, n» 28.) JEn France, on la cultiva d'abord, vers 1600, sous les noms Framboisée ou Framiboise d'Été, qui lui vinrent de l'odeur dont elle est fortement imprégnée. Ce fut en ■ 1670 qu'apparut son présent surnom, et nous le rencontrons alors, en voie de formation, dans la Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, où l'auteur, dom Claude Saint -Etienne, décrit cette pomme fort exactement : « Le Petit 19 Caileville d'Esté — dit-il — est rondelet, gros environ comme une balle, d'un {«rouge violet, et fort fleuri dessus; sent bien la Caileville, et très -bon. » .i(Page 208.) Enfin, avant 1722 la dénomination Caileville rouge d'Été se trouvait I complètement adoptée chez nous, ainsi qu'il résulte du Traité des jardins publié à cette date par le jardinier-chef de la princesse de Condé, Saussay, qui le mentionne page 141, parmi dix-neuf variétés de pommier, les seules dont il recommandât la multiplication.

Pommes: CALLEVILLE ROUGE D'ÉTÉ [des Anglais] , \ gynonymes de Passe -

[ Pomme d'Été. Voir ce

- CALLEVILLE ROUGE HATIF, ) ce nom.

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