Pomme CALLEVILLE ROUGE D'HIVER
Synonymes. — Pommes : 1. Calville rouge (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 23; — et Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1667, p. 148). — 2. Passe-Pomme d'Hiver (Claude Mollet, Théâtre des jardinages, 1632, pp. 50 et 51). — 3. De Bretagne rouge (Bonnefond, le Jardinier français, 1653, p. 108; — et Merlet, ibid., édition de 1690, p. 132). — 4. Passe-Pomme d'Autosiîje (Merlet, ibid., édition de 1667, p. 145). — S. Passe- Pomme TARDIVE {Id. ibid.]. — 6. Caleviixe musqué (dom Claude Saint-Étienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, pp. 208-209; — et Manger, Systematische Pomologie, 1780, t. 1, p. 66, n° cxxxiI-4"). — 7. CaleVILLE SANGUINOLE {lid. til/id.). — 8. La Générale (dom Claude Saint-Etienne, ibid., p. 212; — et les Chartreux de Paris, Catalogue de leurs pépinières, 1775, p. 50). — 9. Passe-Pomme rouge dedans (dom Claude Saint-Étienne, ibid., p. 214). — 10. Calville rouge d'Automne et d'Hiver (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690, t. 1, p. 390). — 11. d'Outre-Passe (Merlet, ibid., édition de 1690, m. 13
lu
CAL [CALLEVILLE ROU]
p. 132; — et Duhamel, TraM des arbres fruitiers. 1768, t. I, p. 278). — 12. Passe-Pomme CÔTELÉE (Henri Hessen, Gartenlust, 1690, p. 289; — et Manger, ibid., p. 54, n» cvi-1»). — 13. Calville rouge en dedans et en dehors (Herman Knoop, Pomologie, 1760, édition allemande, pp. 27 et 57).— 14. GÉNÉRAL (Duhamel, ibid., p. 278).— 15. Calville flamense (Manger, ibid., p. 66, n" csxsii-4°). — 16. Calville longue d'Hiver (Id. ibid. ). — 17. Calville rouge normand (Id. ibid.; — et Congrès pomologique, Pomologie de la France, 1867, t. IV, no2).— 18. Calville ROUGE DE Normandie (Manger, ibid.). — 19. Calville royale d'Hiver {Id. ibid.). — 20. Passe- Pomme GÉNÉRALE (Manger, ibid., p. 54, n» cvi-l°). — 21. Passe-Pomme soyette (Id. ibid.).—
22. SANGUINOLE {Id. ibid., p. 66, n" CXXXII-4°). — 23. CALLEVILLE ROUGE DE Paques (Diel, Kernobstsorten, 1819, t. XXI, p. 14). — 24. RoODE P.VASGH {Id. ibid.). — 25. Rother Oster-Calvill {Id, ibid.). — 26. CALVILLE rouge d'Anjou d'Hiver (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the gardenof ihe horticultural Society of London, 1842, p. 9, n» 116). — 27. Calville rouge COURONNÉE {Id. ibid., p. 9, n" 118). — 28. Calville d'Anjou (Pépinières angevines, depuis 1843; — et André Leroy, Catalogue de cultures, 1849, p. 30, n» 23 ). — 29. Rambour turc (Comice Horticole d'Angers, Catalogue de son Jardin fruitier, 1852, n» 219). — 30. Calville vraie des Allemands (C. A. Hennau, Annales de pomologie belge et étrangère, 1856, t. IV, p. 11). - 31. Caillot ROSAT (/rf. z'Aî'd.).
Pomme Calleville rouge d'Hiver. — Premier Type.
Fertilité. — Extrême.
neseription de l'ar> bpe. — Bois : assez fort. — Rameaux : peu nombreux, généralement étalés , gros et longs, très-géniculés , faiblement cotonneux et d'un rouge-brun foncé. — Lenticelles : petites, allongées, assez abondantes. — Coussinets :
saillants. — Yeux : moyens, coniques, duveteux, entièrement collés sur le bois. — Feuilles : grandes , minces , vert clair en dessus, d'un blanc grisâtre et duveteux en dessous , ovales - allongées , acuminées, planes ou relevées en gouttière, légèrement repliées sur elles-mêmes et bien dentées sur leurs bords.
— Pétiole : gros , long , à cannelure peu profonde. — Stipules : étroites et longues.
Culture. — Greffé ras de terre sa tige pousse très-droite mais reste grêle ; il est donc mieux, pour plein-vent, de le greffer en tête, sa végétation devenant alors plus satisfaisante. En le plaçant sur doucin ou paradis il fait de jolis gobelets ou cordons, toujours d'un très-grand rapport.
ÏSeseriptiou «ïm irviit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne et plus volumineuse. — Forme : assez inconstante, elle passe le plus habituellement de l'ovoïde-arrondie à la conique-allongée, mais toujours elle est pentagone et moins grosse d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long, grêle, renflé au point d'attache, très-profondément implanté dans un bassin irrégulier et de largeur variable. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, à longues sépales, à cavité vaste ou moyenne, dans laquelle il est quelquefois obliquement placé. — Peau : à fond
CAL [CALLEVILLE ROU]
Pomme Calleville rouge d'Hiver. — Deuxième Type.
jaune verdàtre, presque entièrement recouverte de rouge clair sur la face exposée à l'ombre, et de carmin foncé à l'insolation, toute ponctuée de gris-blanc et souvent maculée de roux squammeux dans le bassin pédonculaire. — Chair : trèsblanche, rosée sous la peau et parfois même jusqu'au centre, fine, W-- \ croquante et tendre.
— Eau : suffisante , vineuse, sucrée, acidulé, douée d'un parfum savoureux mais peu prononcé généralement.
Maturité. — Novembre ou décembre, se prolongeant jusqu'en avril et souvent même beaucoup plus tard.
Qualité. — Deuxième ; quelquefois première, quand la chair est bien parfumée.
Historique. —
La dénomination sous laquelle on cultive aujourd'hui ce CalleviUe, commençait à prendre rang vers 1600, et pour lors était synonyme des noms locaux, et beaucoup plus anciens : Passe -Pomme d'Automne ou d'Hiver, pommes de B7'etagne rouge, d'Outre-Passe, de Général, Sanguinole , etc., appellations que l'étude de la synonymie fait aisément retrouver chez nos vieux pomologues, depuis le Lectier (1628) jusqu'à Duhamel (1768). Le nombre si grand des premiers noms du Calleville rouge d'Hiver, fut cause que souvent on confondit cette variété avec d'autres s'en éloignant beaucoup ; notamment avec le Cœur de Bœuf et certaine Passe -Pomme. Tout récemment notre Congrès pomologique formulait dans les termes ci-après, cette même remarque :
« Variété ancienne, mal observée et mal étudiée. Les auteurs qui l'ont décrite plus ou moins sommairement, n'ont pas pris garde qu'elle change de forme, d'aspect, de couleur et de goût, selon l'âge de l'arbre, la nature du sol et celle de l'exposition, et l'ont surbaptisée. » [Pomologie de la France, 1867, t. IV, n° 2.)
Cependant dès 1670 Claude Saint-Étienne en donna la description suivante, qui eût rendu de telles erreurs moins fréquentes, si l'on s'était alors astreint à vérifier l'identité des fruits, avant de les mentionner :
« Calevuxe, dit Sanguinole parce qu'il est rouge dessus et dedans — écrivait cet auteur — ■ est longuet et gros quasi ime fois plus que celuy d'Esté, et par costes relevées, d'un rouge brun dessus; excellent. Il y en a qui se garde plus d'un an. » [Nouvelle instruction 'pour connaître les bons fruits, 1670, p. 208.)
J'ai démontré précédemment (pp. 166-167 et 174 à 178) que le nom du Calleville vient d'un bourg ainsi appelé, situé près d'Évreux (Eure), et dans lequel le