de Renette [franche
(Consulter, sur chacun de ces fruits, les t. III et IV du
Jean Bauhin (1598 et 1613) en décrivit et figura soixante variétés (1), qu'il eut la fâcheuse idée de signaler sous une dénomination étrangère à son propre pays. Originaire d'Amiens, ce savant, quand il s'occupa de pomologie, habitait sur }es frontières de la Suisse le comté de Montbéliard, appartenant à la maison de Wurtemberg ; il crut alors devoir laisser auxdits fruits les noms allemands qu'on leur donnait presque partout , en cette contrée. Il serait donc difficile, aujourd'hui , d'indiquer avec certitude tous les noms français qui peuvent en être synonymes. Néanmoins, guidé assez souvent parla Systematische Pomologie d'Henri Manger (Leipsick, 1780), œuvre très-remarquable de patiente érudition, je suis parvenu à reconnaître, des soixante pommes de Bauhin, les vingt-cinq espèces ci-après , décrites dans mon Dictionnaire et à l'article desquelles on voudra bien recourir pour trouver les noms qu'à Montbéliard ou en Suisse elles portaient au xvi° siècle. Mais il faut noter que de ces vingt-cinq espèces, les dix-huit accompagnées de chiures étaient signalées pour la première fois; quant aux sept autres, on les rencontre déjà sur nos deux précédentes listes ;
Pomme
*Api étoile.
Pomme
* de Malingre.
* Blanc-Dureau.
"Paris.
*Calleville blanc d'Hiver.
"Passe-Pomme d'Été.
* Cardinal rouge.
"Pigeonnet blanc d'Été.
"Chemisette blanche.
" Rambour d'Été [ou Rambure]
"Coing d'Hiver.
" Rosat blanc.
* Court-Pendu gris.
* Rouge de Stettin.
* Court-Pendu rouge.
" Rougeâtre.
* Doux-Blanc.
"Striée de Prague.
" De Fer.
" Suisse panachée.
* Figue d'Été.
" Verte à longue queue [ou Rei-
"Golden pippin [ou de Pépin].
nette verte].
' Lanterne.
* Vineuse blanche.
Olivier de Serres (1600), n'imitant pas ses devanciers, ne fit aucune description des pommes dont il enregistra les noms (2) , quoiqu'il eût ce fruit en haute estime :
« C'est — disait-il — l'honneur du verger , que le pommier accouplé avec le poirier ; faisans, ces deux arbres-ci, le gros des fruitiers et fournissans pour toutes les saisons de l'année des fruits en abondance, n'estans repas que sur table l'on ne puisse servir des pommes et des poires. » (Page 625, édit. de 1608.)
Chez cet auteur quarante-huit variétés sont citées en 1608 , et sans le moindre
(1) Jean Bauhin, mort en 1613, fut docteur en médecine et publia d'abord, sur les fruits, l'ouvrage suivant, devenu presque introuvable : Hi.storiœ fontin et balnd Bollensis Admirabilis liber quartus ; Montisbelgardi, apud Jacobum Foilletrum , auno 1598. Ensuite il composa une Historia plantarum universalis, œuvre considérable qui resta inédite jusqu'en 1650; elle renferme, ainsi que la première, de nombreuses figures — grandeur naturelle — de pommes et de poires.
(2) Le Théâtre d'agriculture et mesnage des champs d'Olivier de Serres, qu'au xix« siècle on consulte encore avec profit, compte une disaine d'éditions; la première remonte à 1600 et la quatrième, celle que je possède, à 1608.
classement, sans nul détail pouvant en faciliter l'étude; aussi m'a-t-il fallu, pour retrouver leurs traces dans la culture, sacrifier de longues heures, feuilleter de nombreux volumes. D'après mes recherches voici comment se décompose, au point de vue statistique qui nous préoccupe , ce chiffre quarante-huit : seize des pommes mentionnées par Olivier de Serres , n'étaient plus une nouveauté , puisqu'elles figurent sur nos deux premières listes ; et les trente-deux autres — celles que nous numérotons — n'avaient encore paru dans aucun ouvrage français, mais n'appartenaient pas uniquement aux fruits à couteau , car il en est quatorze qui n'ont jamais eu de valeur que pour le pressoir. On verra du reste, par l'état ci-dessous, que de toutes ces pommes neuf seulement — celles où manque l'astérisque — me sont demeurées inconnues :