Pomme COURT-PENDU ROUGE
Synonymes. — Pomme! : \. Courte-Qoeue ( Jean Bauhin, avant 1613, Historia plantarum universalis., édition posthume de 1651, t. I, p. 21). — 2. Court-Pendu dur (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 24;. — 3. De Belin (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, 1667, p. 150; — el Thompson, Catalogue of fruits cullivated in ihe garden ofthe horticultural Society of London, 1842, pp. 6 et 11, n" 185). — 4. Gourpendu rouge MUSQUÉ {lid. iibid. ). — 5. CoUKPANDU VERMEIL ( dom Claude Saint-Élienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 209). — 6. CoURPENDU Reinette (Louis Liger, Culture parfaite des Jardins fruitiers et potagers, 1714, p. 455; — et Henri Mauger, Systematische Pomologie, 1780, p. 26, n" IX). — 7. Courpendu musqué (Saussay, Traité des Jardins, 1722, p. 20; — el Thompson, ibidem). — 8. Court-Pendu sanguin (la Rivière et du Moulin, Méthode pour bien cultiver les arbres à fruit, 1738, p. 268). — 9 . Reinette Gourt-Pendu rouge ( Hernian Kuoop, Pomologie, édiliou allemaude, 1760, pp. 24 et 58). — 10. Gros-Gapendu rouge (les Chartreux de Paris, Catalogue de leurs pépinières, 1773, p. 55). — 11. Reinette de Capendu (Jeau Mayer, l'omona franconica, 1776-1801, t. III, p. 142). — 12. Court-Pendu rouge royal (Diel, Kernohstsorten, 1804, t. VI, p. 146; — et Lucas, lllustrirtes Handbuck der Obstkunde, 1859, t. I, p. 167, n» 68). — 13. Corps-Pendani (William Forsyth, Traitéde la culture des arbres fruitiers, traduction de Pictel-Mallet, 1803, p. 87, n» 2). — 14. Court-Pendu plat (Lindley, Guide to the orc/iard and kitchen garden, 1831, p. 43, n" 80). — 13. DE GAnN0N(/rf. ibid.). — 16. Goriandra ROSE (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 11, u" 185). — 17. Court-Pendu extra {Id. ibid.). — 18. Court-Pendu plat rougeatre (Id.ibid.). — 19. Court-Pendu rose {Id. ibid.). — 29. Phincesse noble zoete [Id.ibid.]. — 21. RussiAN (Id. ibid.). —22. Wollaton Pippin [Id.ibid.).— 23. BELLE DE SENART(d'Albret, Cours théorique et pratique de la taille des arbres fruitiers, 1851, p. 333). — 24. Reinette DE HONGRIE {Id. ibid.). — 25. De Spitzemberg {Id. ibid.). — 26. Reinette DES Belges (Pépinières angevines, en 1852). — 27. Reinette de la Russie tempérée (Comice horticole d'Angers, Catalogue de son Jardin fruitier, 1852, p. 9, n» 51). — 28. Veuve Lerûy (pépiniéristes de la Manche, en 1853; — et André Leroy, Catalogue descriptif et raisonné des arbres fruitiers et d'ornement, années 1855 à 1865). — 29. WiZË (Lucas, lllustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1859, t. I, p. 167, n» 68). — 30. Reinette de Portugal ( Société horticole de Paris, Dégustations du Comité pomologir/ue, 15 janvier 1863). — 31. Coriandre rose (Charles Downing, the Fruits and fruit trees of America, 1869, p. 134).
Description de l'arbre. — Bois : de force moyenne. — Hameaux : très» nombreux, étalés à la base, érigés au sommet, courts, assez gros, peu coudés,
COU [court -PENDU ROU]
Deuxième Type.
excessivement duveteux, d'un brun verdâtre et ayant les mérithalles très-courts. — Lenticelles : petites , arrondies , très-espacées. — Coussinets : larges et des plus saillants. — Yeux : arrondis, gros, plaqués sur l'écorce et sensiblement cotonneux. — Feuilles : petites, arrondies, vert foncé en dessus, duveteuses et blanc
grisâtre en dessous , longuement Pomme Court-Pendu rouge. — Premier Type. acuminées, fortementcontournées
sur elles-mêmes et profondément dentées. — Pétiole : gros , peu long, à peine cannelé. — Stipules :
étroites et de moyenne longueur.
Fertilité. — Médiocre.
Culture. — Greffée au ras de terre, pour plein-vent, cette variété donne, malgré sa croissance peu rapide, d'assez belles tiges; il est mieux, cependant, delà greffer en tête , car on obtient alors des arbres très-réguliers. Les formes naines lui conviennent également, mais en la plaçant sur doucin et non sur paradis.
Descriittioii du Sruit. —
Grosseur : variable, mais le plus habituellement , moyenne. — Forme: globuleuse, généralement très-écrasée aux pôles. — Pédoncule : de longueur moyenne ou court, assez fort, implanté dans un profond bassin formant entonnoir. — OEil: grand, bien ouvert, à sépales très-courtes et souvent même faisant défaut, à cavité des plus développées et dont les bords ne sont nullement accidentés. — Peau : légèrement rugueuse, à fond jaune verdâtre ou jaune clair du côté de l'ombre, amplement lavée, marbrée et striée, à l'insolation , de rouge plus ou moins brunâtre ; elle est en outre régulièrement et fortement ponctuée de blanc grisâtre et de roux, puis très-maculée de fauve autour du pédoncule. — Chair : jaunâtre, un peu verdâtre auprès des loges, ferme, fine et croquante. — Eau : suffisante, bien sucrée, acidulé, douée d'un arrière-goût anisé-musqué parfumant délicieusement la bouche. Maturité. — Novembre-Mars.
Qualité. — Première.
Historique. — C'est là le fruit qu'en 1768 Duhamel (t. I, p. 313), ainsi que je l'ai démontré ci-dessus (pages 236-237), décrivit erronément sous l'antique nom Capendu, ou Court-Pendu gris. Les trente et un synonymes qu'il m'a été possible de lui retrouver, témoignent à la fois de son mérite et de la généralité de sa culture, mais prouvent également qu'il est de beaucoup le cadet de cette dernière variété. Bauhin, peu avant 1613, fut effectivement sou premier descripteur.
cou [court -PENDU ROU — ver] 241
'appela Courte-Queue [Curtipedaneum] et fournit des renseignements très- précis jur ce pommier :
« Par leur forme , leur goût — disait-il — ses pommes offrent certains rapports avec [eUes du Court-Pendu [gi'is]; cependant elles sont plus grosses, plus jolies; car si qnelquesimes ont la peau entièrement jaune d'or, les autres sont parées d'un coloris rouge que je ji'ai jamais observé chez le Court-Pendu \^fii\. L'ombilic est grand, profond, et le pétiole trop court pour que les doigts le puissent saisir. Leur maturité va jusqu'en mars ou avril. Leur chair jaunâtre, ferme, possède une agréable saveur acidulé et vineuse. Elles sortent a'Epamanduodurum, dans le comté de Montbéliard, très-ancienne cité des ruines de laquelle fin a maintenant formé un village. » {Eistoria plantamm universalis, t. I, p. 21.)
D'Epamanduodurum , aujourd'hui Mandeure, le Court-Pendu rouge ou Courte- Queue dut se répandre rapidement dans diverses autres parties de la France, puisque de 1628 à 1775 nos pomologues l'ont fréquemment caractérisé, et prôné; surtout Claude Mollet, dont l'édition de 1678 contient ces lignes :
i' Le pommier de Courpendu rouge est la meilleure espèce de tous les Courpendus : il rapporte une grande quantité de fruit qui a le goust plus relevé, et la chair plus ferme. Si fous le faites greffer sur le pommier de Châtaignier, il sera encore plus excellent, croistra t profitera parfaitement. » [Théâtre des jai'dinages, p. 82.)
i Les Anglais, les Allemands et les Belges l'ont aussi eu haute estime. Chez ces derniers, où il est excessivement commun, on l'a même surnommé Reinette des Belges, comme dès 1832 le constatait mon Catalogue (p. 28, n° SO).
Oliservatious. — En 1853 certain pommier Veuve Leroy, dont le nom m'avait été signalé, me fut envoyé de Montsurvent (Manche) par M. Germain, pépiniériste. C'était le Court-Pendu rouge. Je le multipliai et propageai, comme variété, jusqu'en 1866, époque où je pus enfin découvrir l'erreur et rejeter parmi les synonymes, cette fausse variété. — Les noms Reinette d'Espagne, pomme Rosat, ont été quelquefois, mais bien à tort, je l'ai vérifié, donnés pour synonymes au Court- Pendu rouge. Ce sentiment est aussi celui de la Société d'Horticulture de Paris, ainsi qu'il m'a été permis de le reconnaître en consultant les archives de son Comité pomologique [Dégustations, séance du 19 mai 1864).
Pomme COURT-PENDU ROUGE [G^O'à-). — ^o\v Gros-Court-Pendu rouge.
Pommes : COURT-PENDU ROUGE MUSQUÉ, \
I Synonymes de Court- Pendu
\ rouge. Voir ce nom.