‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 260 sur 439 · DOIT · texte numérisé non relu

DOIT

Culture. — Parmi les arbres de plein -vent, c'est une des variétés les plus avantageuses par la richesse de sa végétation, et surtout pour les pépiniéristes, sa tige poussant toujours droite, forte, régulière. Il n'est pas rare d'en trouver des pieds de trois ans d'écusson dont le tronc mesure déjà, à un mètre au-dessus du sol, douze centimètres de circonférence. Nous ne la destinons jamais aux formes naines. On l'utilise aussi comme sujet pour greffer à tige des pommiers peu vigoureux.

Description An fruit. — Grosseur : assez variable, mais plutôt moyenne que petite. — Forme : conique plus ou moins régulière, généralement un peu ventrue à la base et quelquefois faiblement côtelée au sommet. — Pédoncule : court, de moyenne force, droit ou arqué, implanté dans un bassin étroit formant entonnou'. — Œil: grand ou moyen, ouvert ou mi-clos, à cavité large, assez profonde et légèrement bosselée et plissée. — Peau : lisse, unicolore, jaune blanchâtre, maculée de brun clair autour du pédoncule , parsemée de points fauves rarement bien apparents ; quelquefois aussi , mais très-exceptionnellement , portant sur le côté du soleil de légères stries d'un rouge terne et presque transparent. — Chair : trèsblanche, ferme et mi-fme. — Eau: suffisante, douce, agréablement sucrée, et savoureuse quoiqu'ayant un faible arrière -goût d'amande amère.

Maturité. — Septembre- Novembre.

Qualité. — Deuxième.

Histovifiue. — « Cette pomme, commune en Normandie, est trop rare « ailleurs, » disait, il y a déjà plus d'un siècle, Duhamel en la décrivant [Traité des arhi-es fruitiers, 1768, t. I, p. 304). Sa culture est effectivement générale, dans ce pays du cidre par excellence, mais le pressoir l'y réclame plutôt que la table, tant les quahtés de son eau ajoutent au mérite de cette forte et nourrissante boisson. On l'y connaît sous différents noms ; Doux, Douce, Blanchet, Blanc-Doux sont les plus anciens. L'archiviste actuel de la Seine- Inférieure, M. Robillard de Beaurepaire [Etat des campagnes de la haute Normandie à la fin du moyen âge, pp. 48, 55, 57), nous la montre dès 1397 cultivée sur divers points de ce département, à Moutigny, puis à Blosseville et à Bonsecours. Peut-être appartient-elle au sol normand, qui spontanément a vu naître un si grand nombre de pommiers à cidre ? Ruel fut en 1536 son premier descripteur [de Natura stirpium, n° 5 ) et la caractérisa assez bien, mais le nom qu'il lui donne, Dulcium [Douce], et la saveur mielleuse qu'il reconnaît à son eau, le font se demander si ce fruit ne serait pas la pomme Melimela [de Miel] des Romains. Comme aucun point de comparaison n'existe pour trancher une telle question , Ruel n'a pu la résoudre ; seulement il nous fournit ainsi la preuve qu'au xvi*' siècle on ignorait non moins qu'aujourd'hui l'origine de cette variété. La pomme Doux-Blanc tire sa dénomination de la douceur de son eau, puis de la couleur blanchâtre de sa peau. Ce serait une erreur de croire, avec Duhamel , qu'elle est rare ailleurs qu'en Normandie , car on la rencontre dans tous les départements où le cidre remplace la bierre ou le vin.

Observations. — Nos anciens pomologues crurent à l'existence d'une sousvariété de DouLx-Blanc; de là les noms Gros -Doux, Petit-Doux, Gros-Blanc, etc., qui longtemps eurent cours dans la nomenclature. Le professeur Louis Bosc, du Jardin des Plantes de Paris, fut un des premiers à signaler cette méprise : « Le « Doux ou Doux à trochels — écrivit-il en 1809 — est une pomme tantôt grosse, «tantôt petite, selon les arbres; ce qui avait fait croire qu'elle offrait deux «variétés. » [Nouveau cours d'agriculture, t. X, p. 323.) — Le surnom Doux à

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