IMPORTANCE ACTUELLE DE LA CULTURE DU POÎMMIER. SES CAUSES
Les 571 sortes de pommier actuellement multipliées dans mes pépinières, représentent à peine la moitié des variétés cultivées par les Américains, les Anglais ou les Allemands. Je le reconnais, sans cependant éprouver un trop grand désir d'accroître beaucoup, désormais, ma collection. Elle renferme les pommes indigènes les plus estimées de ces divers peuples; est-il, alors, très-utile d'en importer constamment de nouvelles, qui pour la qualité seraient presque toujours inférieures à celles déj à répandues dans notre pays ?
Là où le climat et le sol favorisent peu la culture du poirier, et sont, au contraire, fort propices au développement du pommier, je comprends qu'on active sans cesse la propagation de ce dernier arbre. Mais la nécessité ne m'en paraît pas démontrée pour nous, chez lesquels prospèrent assez bien presque tous les fruits. Il est sage, d'ailleurs, de ne pas oublier que si la pomme a décidément reconquis en France une place honorable, la poire, près d'une infinité de personnes, y jouit d'une préférence formelle, absolue. YoUà pourquoi, dans ce Dictionnaire, j'ai décrit beaucoup moins de pommes, que de poires.
Cet aveu ne saurait toutefois, historiquement parlant, m'attirer le reproche d'avoir négligé ce genre de fruit, car des pomologues français je suis celui qui s'en est le plus occupé. On le verra par le tableau ci -dessous, précisant pour le pommier la quantité de variétés décrites et de synonymes signalés, depuis quarante ans, dans nos principales Pomologies :
Auteurs.
Louis Noisette...
POITEAU
Alexandre Biygrt. .
Congrès Pomologique
Titre de l'Ouvrage et date de l'Édition.
1839 . Le Jardin fruitier
iS46. Pomologie française
Album de pomologie
1860. Annales de pomologie belge et étrangère,.
1871. Pomologie de la France (1)
A. Mas J1872. Le Verger (1)
André Leroy 1 1873 . Dictionnaire de pomologie
Variétés. Synonymes.
Ainsi, ce tableau le prouve, mon Dictionnaire contient cinq fois plus de descriptions de pommes, que n'en offre le plus complet, sous ce rapport, des recueils ici mentionnés. Mais c'est surtout pour les synonymes signalés — 1880 contre 231 — que le résultat obtenu devra sembler satisfaisant, puisqu'il déblaie la nomenclature d'un nombre considérable de fausses variétés. Service qu'apprécieront, je l'espère, ceux qui savent quel travail il a fallu s'imposer pour le rendre, et combien de tribulations il peut épargner à tous, jardiniers, pépiniéristes, propriétaires.
(1) Ces deux ouvrages, en cours de publication, sont presque terminés, mais j'ignore cependant si le nombre des descriptions de pommes qui s'y trouve aujourd'hui (mars 1873), sera ou non définitif.