CULTURE
r. — TEMPS ANCIENS.
Les Traités agronomiques qui nous viennent des Grecs et des Romains renferment bien certains principes d'arboriculture fruitière, mais comme ils sont présentés dans un sens général, on ne peut les appliquer spécialement au pommier. Il faut en excepter, cependant, divers passages relatifs à la greffe, et fort peu pratiques, puisque le platane, le cognassier et le poirier s'y trouvent qualifiés d'excellents sujets pour la multiplication du pommier.
La pomme mûrir sur le platane!... voilà ce qu'en aucun temps on n'a vu, malgré les beaux vers de Virgile [l], malgré la prose du savant Pline (2). Quant au cognassier, quant au poirier, s'ils ne sont pas entièrement réfractaires à l'écussonnage du pommier, il est du moins positif — je l'ai expérimenté — que ce dernier arbre ne reçoit jamais de copulations aussi anormales, qu'une existence éphémère et, dès lors, improductive.
On doit penser toutefois, devant les études ainsi faites par ces anciens peuples, que chez eux l'art de greffer ne manqua pas de novateurs. Palladius (3) , écrivain latin qui vécut au v" siècle — quatre cents ans après Pline — ajoute effectivement à ces prétendus sujets du pommier, les suivants : prunier, sorbier, saule, pêcher, prunellier et peuplier, dont les noms provoquent, comme celui du platane, la raillerie la mieux justifiée.
Une chose qui la provoque également, c'est le sentiment superstitieux, l'inconcevable naïveté de ces mêmes peuples à l'égard des nombreuses recettes arboricoles réputées par eux curatives ou améliorantes. Quelques passages empruntés à l'Economie rurale de Palladius, vont le démontrer.
(1) Georgka, livre II, vers 7(i ,
(2) Historia naturalis , livre XV, chap. xvlt.
(3) De fie rustica, livre III, chap. xxv.