Pomme de GRAVENSTEIN
Syoonymes. — Pommes : 1. Grâfensteiner (Diel, Kernobstsorten , 1806, t. VIII, p. 8). — 2. Grave Slige (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 18, n» 297). — 3. SABINE [des Flamands] (W. ibid.). — 4. Calville Grâfensteiner (G. A. Hennau, Annales de pomologie belge et étrangère, 1854, t. II, p. 109). — 5. Ohio NoNPARElL (Elliott, Fruit book, 1854, p. 83). — 6. Gravensteiner (Éd. Lucas, Illustrirtes Handbuch der Obstkunde, 1859, t. I, p. 47, a" 8).
Description de l'arbre. — Bois :
très -fort. — Bameaux : assez nombreux, très-étalés et bien arqués, gros, longs , peu géni culés , sensiblement cotonneux, rouge brun ardoisé. — Lenticelles : grandes, allongées et des plus clair- semées. — Coussinets : aplatis.
— Yeux : très-volumineux , ovoïdes allongés , couverts de duvet, presqu'entièrement collés sur le bois. — Feuilles :
grandes, ovales-allongées ou elliptiques, assez coriaces, vert luisant et foncé en dessus, blanchâtre en dessous, rarement acuminées, ayant les bords uniformément crénelés. — Pétiole : gros et long, bien carminé, surtout à la base, et généralement sans cannelure. — Stipules : très-longues et de moyenne largeur. Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Il pousse vigoureusement, mais grossit avec lenteur; on doit, pour le plein- vent, l'écussonner en tête; pour les buissons ou cordons, le placer sur paradis ; et sur doucin quand il est destiné à la pyramide ou à l'espaliei'.
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Descriptiou du Irait. — Grosseur : volumineuse. — Forme : conique-ventrue, irrégulière et sensiblement pentagone. — Pédoncule : gros, de longueur moyenne, inséré dans un bassin considérable. — Œil : grand, mi-clos ou fermé, cotonneux , à sépales larges et longues , à vaste cavité des plus profondes et des plus bossuées sur les bords. — Peau : unie, à fond jaune clair, amplement, mais légèrement striée et marbrée de carmin , tachée autour du pédoncule et trèsfinement ponctuée de gris. — Chair : blanchâtre, fine, tendre. — Eau : abondante et fort sucrée, agréablement acidulée, douée d'un parfum réellement exquis.
AIaturité. — Septembre-Novembre. '
Qualité. — Première.
Bistoriaue. — Cette pomme jouit à juste titre d'une grande renommée, et date de 1 760 environ. Deux versions existent sur son origine ; l'une, émise par les Anglais et les Français, la fait naître au château même de Graefenstein (Schleswig-Holstein), appartenant aux ducs d'Augustenbourg; l'autre, venue des Allemands, veut au contraire que ce fruit ait été importé d'Italie à Schles'nig, puis cultivé dès l'abord dans le parc de Graefenstein, d'où il aurait tiré son présent nom. J'avoue partager l'opinion des Allemands, trop intéressés à revendiquer l'obtention de ce fameux pommier, pour le céder avec tant de facilité aux Italiens , si réellement ils étaient certains qu'ils ne leur en sont pas redevables. D'aUleurs, mon sentiment s'appuie sur l'extrait suivant du pomologue Hirschfeld, qui fut en 1788 le premier desa-ipteur du Gravenstein et put contrôler le fait de son introduction^ alors toute récente dans le Schleswig-Holstein :
« Cette pomme de la famille des Calvilles provient d'Italie — affirme-t-il. — Primitivement cultivée à Schleswig, puis au château de Graefenstein, elle doit son nom à cette dernière résidence. » (Eatidbuch der Friichtbaum::ucht, 1788, t. l, p. 193.)
Et Christ et Diel, autres écrivains allemands contemporains de Hirschfeld, donnèrent ces mêmes renseignements peu après. Aujourd'hui la Gravenstein est très -répandue sous ce nom dans l'Allemagne septentrionale, ainsi qu'en Suède et en Norvège. Mais dans l'Allemagne méridionale elle porte les dénominations pomme de Princesse et pomme de Comte. Enfin les Suisses la nomment Strœmling, tous surnoms inconnus chez nous, ce qui m'a permis de ne pas les porter inutilement sur la liste déjà trop nombreuse des synonymes du genre pommier. La culture de cette variété dans les jardins français, eut lieu très- tard et se fit trèslentement; ou l'y commençait à peine en 1838, par l'entremise des pépiniéristes anglais, qui la pratiquaient déjà en 1819. Cela ressort des Transactions de la Société d'Horticultui-e de Londres, où tome IV, p. 216, on trouve à cette date une description de ce fruit, avec mention qu'il fut importé de floUande en Angleterre.
Obserratious. — Beaucoup de faux Gravenstein se sont ghssés chez nos arboriculteurs; pour ma part, j'ai plusieurs fois acheté ce pommier sans jamais obtenir la véritable variété. Je n'ai pu me la procurer qu'en Allemagne.