Pomme GROS-LOCARD
Description de ï'arbre. — Bois : très -fort. — Rameaux : assez nombreux, légèrement érigés, longs, des plus gros, sensiblement coudés, bien duveteux , d'un rouge-brun olivâtre et très-cendré, à mérithalles longs et réguhers. — Lenticelles : larges, arrondies, clair-semées. — Coussinets : peu développés. — Yeux : volumineux, ovoïdes, très-aplatis, cotonneux, noyés dans l'écorce, ayant les écailles brunes et mal soudées. — Feuilles : grandes, peu abondantes, épaisses et rugueuses, vert pâle, ovales- arrondies, canaliculées et longuement acuminées, à bords régulièrement dentés en scie. — Pétiole : de grosseur et longueur moyennes, très-rigide et très-violacé , surtout vers la base. — Stipules : étroites et longues.
Fertilité. — Abondante.
Culture. — Sa grande vigueur permet de l'utiliser avantageusement sous toutes les formes; cependant il est préférable, pour la basse -tige, de le greffer sur paradis plutôt que sur doucin.
GRO [gros-loc]
Description du friiit. — Grosseur : volumineuse, mais parfois seulement au-dessus de la moyenne. — Forme : assez variable, elle est le plus habituellement sphérique fortement comprimée aux pôles ou globuleuse très-régulière. —
Pédoncule : court et Pomme Gros-Locard. — Premier Type. j„
"'^ . de moyenne gros-
seur, souvent renflé au point d'attache , inséré dans un vaste bassin de profondeur variable.— OEU: gmnd ou moyen, mi-clos ou fermé , à courtes sépales, et à cavité peu prononcée. — Peau : trèsluisante , unicolore , jaune pâle à l'ombre, jaune foncé à l'insolation, maculée de brun autour du pédoncule et abondamment ponctuée de gris. — Chair :
blanche, mi-flne et tendre.
— F au : abondante, sucrée et savoureusement acidulée , mais presque dénuée de parfum.
Maturité. — Novembre- Février.
Qualité. — Deuxième pour le couteau, première pour la cuisson.
Historique. — Très cultivée dans les environs de la viUede Sablé (Sarthe) depuis une quarantaine d'années , cette pomme y est regardée comme un fruit tout local. Je commençais à la propager en 1849. Pour le verger, peu de variétés lui sont supérieures. Du reste, on la recherche beaucoup pour l'alimentation de nos haUes et marchés, sur lesquels elle atteint toujours des prix fort rémunérateurs. Longtemps un faux Gros-Locard a couru les pépinières angevines, mais je l'en crois maintenant complètement expulsé.
Deuxième Type.
GRO [gros -MUS]
200, Pomme GROS-MUSEAU DE LIÈVRE D'ALOS.
Description de l' arbre. — Bois : faible. — Rameaux : nombreux, surtout à la partie inférieure de l'arbre , étalés et légèrement pendants, courts, grêles , flexueux et duveteux , marron foncé quelque peu lavé de brunrou ge . — Lenticelles : assez larges, oblongues, grises, disséminées en groupes.
— Coussinets : fortement accusés. — Yeux : petits , coniques, aplatis, collés sur l'écorce, cotonneux.
— FewiY/e^.- assez grandes, très-lisses et d'un beau vert brunâtre en dessus , cotonneuses et d'un vert grisâtre en dessous, épaisses et coriaces , ovales allongées, courtement acuminées, àfbords régulièrement dentés. — Pétiole : court, de moyenne force et plus ou moins cannelé. — Stipules : moyennes. Fertilité. — Abondante.
Culture. — Greffé en tête il peut faire de passables plein- vent; mais les formes naines, sur doucin, lui conviennent mieux.
Description tin fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : allongée, irrégulièrement cylindrique et plus ou moins pentagone, aplatie à la base et toujours fortement déprimée, d'un côté, auprès de l'œil, mamelonnée de l'autre. — Pédoncule : court, assez grêle, profondément inséré dans un étroit bassin babituellement triangulaire. — .OEil : grand ou moyen, mi-clos ou fermé, faiblement enfoncé, duveteux, bosselé et plissé sur ses bords. — Peau : épaisse, dure, lisse et brillante, à fond jaune verdâtre, entièrement lavée, à l'ombre, de carmin pâle et de carmin foncé à l'insolation; ponctuée de jaune, partout fouettée de rouge sombre et portant dans la cavité pédonculaire une large tache frangée, squammeuse et roux verdâtre. — Chair : jaunâtre, mi -fine et tendre, quoique trèscroquante. — Eau : suffisante, sucrée, faiblement acidulé, peu parfumée et cependant savoureuse.
Maturité. — Janvier-Avril.
Qualité. — Deuxième pour le couteau, première pour la cuisson.
Historique. — Le Museau de Lièvre ordinaire, ou Pigeonnet commun, est connu depuis longtemps dans nos contrées de l'Ouest. Il n'en était pas ainsi du Gros-Museau de Lièvre d'Alos. J'en dois la possession à M. le comte de Castillon,
GRO [gros-pap]
de l'obligeance duquel j'ai déjà maintes fois parlé dans cet ouvrage consacré à la pomologie, science dont l'étude lui est particulièrement agréable. J'extrais de la lettre qui m'annonçait l'envoi de fruits et greffes de ce pommier, le passage ci-après, contenant les renseignements voulus en pareil cas :
« Château de Castelnau-Picampau {Haute-Garonne), le 23 avril 1870.
« — . Les deux grosses pommes rouges (venues sur haute-tige) qui portent le n" 4, ont été montrées par moi à des pépiniéristes de Toulouse, mais elles leur étaient inconnues. Évidemment c'est là une vaiiété de l'espèce Museau de Lièvre, et qu'on pourrait appeler Gros-Museau de Lièvre d'Alos, nom du village de l'Ariége où j'en ai fait la découverte dans la propriété de ma mère. Il n'en existe que deux arbres dans cette localité. Le vrai mérite de ces fruits, c'est leur supériorité pour la cuisson : ils sont précieux sous ce rapport, surtout si l'on a soin, avant de les présenter au feu, d'en piquer la peau avec une épingle, car toute leur pulpe s'extravase alors en une mousse légère qui compose un mets réellement délicieux »