‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 39 sur 439 · CULTURE DU POMMIER. — TEMPS MODERNES · texte numérisé non relu

CULTURE DU POMMIER. — TEMPS MODERNES

toujours n&ia, quoyqu'il soit planté dans une terre grasse et humide. Pour connoître si un pommier est grelïé sur paradis, il n'y a qu'à plier ses racines, qui se cassent comme un navet. Quand on plante cet arbre il faut que la grefie soit de deux pouces au-dessus de la superficie de la terre, parce qu'il est très-sujet à prendre racine du franc , ce qui luy fait pousser des jets du sauvageon, et presque point de la greffe. » (T. I, pp. 197-198.)

Ce même auteur indiquait également d'excellents procédés pour conduire à bonne maturité les pommes venues sur des arbres plantés en terre humide et grasse , puis pour leur faire acquérir un beau coloris. Mais ayant déjà reproduit, à propos des poires, ces conseils d'Augran de Rueneuve, je renvoie le lecteur au volume qui les renferme (t. I", p. 39). e

Enfin Duhamel , académicien très-connu par ses nombreux ouvrages agronomiques et scientifiques, en 1768 publia son Traité des arbi-es fruitiers, dans lequel parut une méthode de cultiver le pommier, qui pour être trop abrégée n'offrit pas moins l'ensemble des meilleurs préceptes alors enseignés. Je la transcris donc, sa lecture prouvera , d'ailleurs , que les quelques innovations ou réformes arboricoles particulières au xvm" siècle, à cette date étaient passées dans la pratique :

« Les semences — écrivait Duhamel — sont un moyen très-incertain [il eût pu dire : complètement incertam] de multiplier les bonnes espèces de pommiers. Elles se conservent et se perpétuent par la greffe en fente, en écusson, en couronne.

« Le pommier se greffe : i" Sur franc, c'est-à-dire sur des sujets élevés de semences dans les' pépinières , ou de drageons du pied des vieux pommiers des vergers et des forêts. Ces sujets produisent des arbres propres pour les vergers et les grands plein-vent ; — 2° Sur le pommier de Doucin, qui forme des arbres de moyenne grandeur, propres pour le buisson , l'espalier et le demi-plein-vent ; lorsque le terrein plaît au Doucin , ils deviennent presqu'aussi forts que sur le franc. Il se multiplie par les marcotes et les drageons; — 3° Les pommiers greffés sur le pommier nain de Paradis, forment des palissades basses ou de très-petits buissons qui s'élèvent à peine à trois pieds. Us donnent du fruit plus promptement , plus abondant à proportion, et beaucoup plus gros, que sur franc ou sur Doucin. Cet arbrisseau se propage par les marcotes, les drageons enracinés et les boutures. Pendant les premières années après la plantation des pommiers greffés sur Doucin et sur Paradis, il sort du pied des sujets beaucoup de rejets qui peuvent servir à les multiplier , mais qui fatiguent l'arbre, si l'on n'a soin de les éclater.

« Un terrein gras, profond, un peu humide, est celui qui convient le mieux au pommier. 11 s'accommode de tout autre , même d'un terrein glaiseux. Mais il réussit médiocrement dans les terres sèches, et ne vit pas long-temps dans celles qui ont peu de profondeur. Le Paradis veut une terre meuble et douce ; ses foibles racines ne pouvant s'étendre dans une terre compacte, il y périt en peu de temps ou ne fait qu'y languir.

« On plante peu de pommiers en espalier , à moins qu'on ne veuille couvrir des murs à l'exposition du nord. On les élève, dans les potagers, en buisson, en éventail, en contreespalier, et ils se taillent suivant les règles générales , mais un peu plus long que la plupart des autres arbres fruitiers. Quant à ceux qui sont en plein vent, donner quelques labours au pied, — détruire les parasites, le gui et la mousse, qui les fatiguent , — retrancher le bois mort, — les décharger des brindilles et des branches languissantes, qui les rendent trop confus , étiolent les bonnes branches et nuisent à leur fécondité, — soutenir leurs branches lorsqu'elles courent risque de rompre sous le poids des fruits, — ce sont tous les soins qu'ils exigent. » (T. I, pp. 319-320.)

Duhamel mourut en i 782 ; de son époque à la nôtre les pommiers furent encore l'objet d'études sérieuses qui permirent d'améliorer leur culture ou de varier leur emploi. Dans l'Ile-de-France, notamment, on s'ingénia par une taille appropriée à les rendre capables d'orner, comme le poirier, des allées de jardin et même des

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