TOTAUX
329,090 kil.
223,928 ; 1,735,394 Idl. 130,717 y 217,490 51,953 /
1862. Janvier
— Mars
— Avril
« D'après ce tableau — dit M. B. Desportes — on voit que les pommes ne prennent que la petite vitesse, le pris de vente à destination ne leur permettant pas de payer — comme les poires — les pris élevés de la grande vitesse... Leur exportation est surtout considérable en novembre; elle monte à 513,172 kilogrammes, soit, en moyenne, 17,105 kilogr. par jour; et quelques journées se sont élevées à 33,000, à 37,000, à 40,000 kilogrammes. . . C'est donc un total de 1,733,394 kil. de pommes qui ont été cbargées à la seule gare d'Angers! Bien que nous n'ayons pas les chiffres officiels des chargements de même nature faits dans les autres gares de notre département, principalement dans celles de Chalonnes à Saumur, les gens compétents du chemin de fer ne les estiment pas à moins de 1 ,300,000 kil. Mais outre les pommes cbargées au chemin de fer, on estime encore à près de 2,000,000 de kilogr. celles cbargées en bateau dans les différents petits ports de nos rivières. Alors plus de 5,000,000 de kil. de pommes sont sortis cette année de notre département; et toutes, à peu d'exceptions près, ont pris la direction de Paris Elles ont été payées, en moyenne, au cultivateur, 1 fr. 25 G. le double-décalitre; ce qui donne pour les 384,(315 doubles-décalitres que représentent, en moyenne également, ces 5,000,000 de kil. de pommes, une somme de 480,768 fr. 73 c....; assez beau revenu pour encourager encore, dans nos contrées, à se livrer à la culture du pommier. » {Fruits et légumes angevins. Statistique; édition de 1864, pp. 3, 5, 6 et 7.)
Les chiffres produits par M. Desportes dans sa Statistique , sont vraiment surprenants et le fussent devenus beaucoup plus, s'il m'eiit été possible d'y joindre ceux, de même nature, que j'avais espéré pouvoir obtenir sur la Touraine, la Normandie, la Picardie et la Bretagne, régions où le pommier abonde. C'est alors qu'on aurait mieux constaté pour quelle large part la pomme entre maintenant dans la nourriture des classes pauvres, et, comme adjuvant recherché, dans celle des classes riches.
Mais comment s'étonner d'une telle consommation , quand on sait combien sont
nombreuses les propriétés économiques de ce fruit? Cuisiniers, confiseurs,
pâtissiers, distillateurs, fabricants de conserves, pharmaciens, ménagères, etc., les utilisent journellement, soit pour gelées, marmelades, charlottes, pâtés, tartes^ compotes, sirops, beignets, pâtes sèches, salades; — soit pour en tirer une excellente eau-de-vie, ou du vinaigre ou quelque médicament; — ou bien pour fabriquer, en les coupant par rouelles et les desséchant au four, une espèce de cidre fort connue par son bon marché. — Enfin dès le mois de novembre, même avec celles piquées des vers , on fait certaines confitures, appelées Pommée, trèsprécieuses dans les ménages pauvres, en ce qu'il n'est pas besoin de les sucrer et qu'elles se conservent un an lorsqu'on les aromatise avec la canelle ou le coing.
Voilà, sommairement définis, les principaux rôles joués de notre temps, par les
pommes a Couteau, dans le commerce et l'alimeutation. Présentement, j'aurais encore à parler des pommes a Cidre , si mon Dictionnaire n'était pas uniquement consacré aux fruits de table. Mais je ne puis, même avec autant de concision que je l'ai fait pour les poiriers à cidre (t. I", pp. 68-70), m'occuper des pommes de pressoir, vu leurs milliers de variétés et de synonymes. Là , n'étant plus sur un terrain connu , des guides me deviendraient indispensables, et je préfère laisser autrui les consulter (1).