‹ Dictionnaire de pomologie (volume 4)Chapitre 7 sur 439 · Les Mélimèles , on Douces · texte numérisé non relu

Les Mélimèles , on Douces

6. Les Épirotiques , rappelant la contrée dont elles provenaient : l'Épire , aujourd'hui l'Albanie méridionale.

Le poëte Théocrite (246 ans avant J. C. ) n'en signala qu'une espèce :

7. Les Dionysiennes , tirant leur dénomination ou de Dionysius, roi de Syracuse, ou de ce qu'elles figuraient parmi les fruits annuellement offerts, lors des fêtes appelées dionysiaques, au dieu Bacchus.

Dioscoride ( 1" siècle de notre ère) , duquel il reste un ouvrage sur la botanique et la matière médicale, parle aussi des pommiers de sa patrie, seulement il n'ajoute rien à ce qu'en avait dit Théophraste. Il faut recourir à Claude Galien, mort quatre siècles après ce dernier , pour trouver de nouveaux renseignements sur ces mêmes ai'bres : « Nous possédons — expose le célèbre médecin grec — des pommes a âpres, des pommes douces, des pommes acides; il en existe dont la saveur est à « la fois astringente et mielleuse; d'autres qui n'ont aucune sapidité; enfin

(1) Cimôres , peuple teutonique qui habitait le Jutland el le Danemarck méridional.

« plusieurs sont très-aqueuses, tandis qu'un certain nombre le sont peu. » ( Thérapeutique, Aliments, livre II, et Simples, livre YII.)

Ce passage , quoiqu'exempt de toute nomenclature , n'en est pas moins précieux pour notre sujet, puisqu'il ressort de son ensemble, qu'à l'époque où Galien l'écrivit — au ii° siècle — le pommier comptait déjà d'assez nombreuses variétés chez les Grecs.

Ces peuples professèrent constamment un véritable culte pour les pommes. Si les Athéniens , lors des dionysiaques , consacraient ce fruit à Bacchus , les Béotiens le déposaient dans les temples de Cérès pendant quelques jours, en vue d'obtenir de la déesse qu'ensuite il se conservât de longs mois au logis. Solon luimême, ce législateur dont la sagesse est devenue proverbiale, fit du pommier, six siècles avant les temps évangéliques , en Grèce un arbre vraiment national. Par un article de loi il prescrivit aux nouveaux mariés de ne manger qu'une pomme le premier soir de leur noce ; voulant ainsi , croit-on , arrêter les dépenses insensées que faisaient, à cette occasion, ses compatriotes.

Aujourd'hui, dans certaines îles de l'Archipel, le pommier se trouve encore mêlé aux choses du mariage. Les jeunes filles, pour fêter saint Jean , s'y façonnent une ceinture à l'aide de pommes , de rubans et de fleurs , la portent jusqu'à la nuit, puis la renferment précieusement, afin d'observer ce qu'elle va devenir. Les pommes qui la garnissent se flétrissent-elles rapidement? mauvais , très-mauvais présage : le mari qu'on désire ne pense pas à vous. Restent-elles , au contraire , saines et brillantes? ohl c'est alors fort diflérent, car cet époux, les pommes l'ont

prédit, se présentera dans l'année même Charmante coutume, superstition

aimable que doivent excuser les plus rigoristes , et qui propagée chez nous y compterait bientôt des milliers de zélatrices I

Variétés cultivées chez les Romains.

Nota. — Nous ferons suivre de courtes remarques les variétés dont l'origine ou le nom paraîtra nécessiter quelques éclaircissements.

Les pommes romaines sont mieux connues que les pommes grecques, puisqu'il m'a été possible d'en retrouver vingt-six variétés, dont je vais donner les noms en les classant chronologiquement.

Caton fut à Rome le premier agronome qui parla du pommier [de Re rustica , chap. vu); 178 ans avant J. C. il conseilla de planter dans les vergers, comme étant de longue garde , l'espèce ci-après , la seule qu'il ait mentionnée :

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