Pomme d'ASTRAGAN BLANCHE
Synonymes. — Pommes : l. Glacée d'Eté (Nicolas de Bonnefond, te Jardiniev français, 1653, p. 107; — et Diel, ^erao6sfîor(e«, 1804, t. VI, p. 78). — 2. Transpahente de Moscovie d'Eté (Chaillou, de Vitiy-sur-Seiue, Calalugue de ses yépinières, ou l'Abrégé des bons fruits, 1755, p. 10). — 3. ASTRACAN d'Eté (Diel, Kernobsisorcen, 1804, t. VI, p. 77). — 4. Astracanischer Sommer ■ (/d. ibid.). — 5. Br-ANCHE GLACÉE d'Été {td. ibid., p. 78). — 6. Gelée d'Été [Id, ibid.). — l. De Moscovie d'Eté (W. ibid. ). — 8. Transparente d'Été (W. ibid. ), — 9. Zikad ( Id. ibid. ). — 1 0. Glace
DE Zélande (George Lindley, Guide to Ihe orchard and kilchen garden, 1831, u" H, p. 7). — 11. White Astracan (/(/. ibid.). — 12. De Glace d'Été (Louis Noisetle, le Jardin fruitier, 1839, t. I, p. 195). — 13. Taffitai (Tbompson, Catalogue of fruits cultivated in Ihe garden of the hor~ ticultural Society of London, 1842, p. 43). —14. De Glace hâtive (Couverchel, Traité des fruits, 185-2, p. 432). — 15. TRANSPARENTE d'Astracan (Id. ibid.; — et Congrèi potnologk£ue, session de 1859, Procès-Verbaux, p. 1(1). — IG. NALlWi Jabloky (von Flotow, lllusirirles Handbuch dee Obstkunde, 1859, t. I, p. 87, u° 28). — 17. TRANSPARENTE DE Zurich (Congrès pomologique, session de 1859, Procès-Verbaux, p. 10; — et A. Ferlet, Hevue horticole, 1860, p. 245).
Pomme d'Astracan blanche.
Description «le l'arbre. — Bois : assez faible.
— Rameaux : nombreux, légèremeut étalés, peu longs et de grosseur moyenne, bien coudés,duveteux, rougebrun ardoisé, ayant les mérithalles excessivement courts.
— LenticeUes: plus ou moins arrondies , petites, fort espacées. — Coussinets : presque nuls. — Yeux : gros , coniques , très -rapprochés du bois, aux écailles cotonneuses. — Feuilles : grandes , assez minces, ovales-allongées , des plus acumiiiées , vert clair eu dessus , blanc verdâtre en dessous, à bords bien crénelés. — Pétiole :
long, épais, rosé, profondément cannelé. — Stipules : larges et courtes.
Fertilité. — Médiocre.
Culture. — Si l'on veut en faire un plein-veut, il faut, vu la lenteur do sa croissauce, le greffer à haute tige sur de beaux sujets ; comme production, les formes cordon et gobelet lui sont favorables.
Slescription «lu fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : ovoïde- arrondie, quelque peu aplatie à son extrémité intérieure, légèrement pentagone et souvent beaucoup moins large au sommet qu'à la base. — Pédoncule : de longueur moyenne, bien nourri, renflé à l'attache, inséré dans une cavité assez grande et surtout profonde. — Œil : très-développé, mi-clos ou fermé, duveteux, faiblement enfoncé, entouré de plis et de protubérances plus ou moins sensibles. — Peau : des plus minces, unicolore et comme vernie, blanchâtre, d'une transparence parfois bien prononcée, faiblement ponctuée de gris argenté, maculée de roux dans le bassin pédonculaire et parfois, mais rarement, portant quelques stries rose pâle sur le côté de l'insolation. — Chair : excessivement blanche, tres-hne, presque fondante. — Eau: abondante, sucrée, acidulé, possédant un arôme particulier qui la rend fort savoureuse.
Maturité. — Fin juillet.
Historique. — Le pomologue anglais George Lindley assurait en 1831 que cette variété provenait des environs d'Astracan (Russie d'Europe), où elle avait
poussé spontanément [Guide lo tke orchard and kitrhen garden, p. 8). C'est aussi l'opinion des Russes et des Allemands. Le même Lindley croit qu'on l'introduisit en 1816 dans la Grande-Bretagne. S'il en est ainsi, je puis affirmer que chez nous elle fut connue beaucoup plus tôt. Nicolas de Bonnefond la citait dès 1653, sous le nom Pomme Glacée d'Eté, page 107 du Jardinier français; et, ce nom, le docteur Diel, un des écrivains horticoles les plus accrédités de l'Allemagne, le lui conservait encore en 1804 (voir A'emobslsorten, t. VI, p. 78). Toutefois ce pommier mit un temps infini à se répandre dans nos cultures; à tel point, qu'aujourd'hui le dire peu multiplié, n'est certes pas exagérer. En 1755, Chaillou, pépiniériste renommé dont l'établissement se trouvait à Vitry-sur-Seine, près Paris, le plaçait parmi ses espèces les plus rares, les plus estimées. Il l'appelait Transparente de Moscovie, dans le Catalogue ou Abrégé des bons fruits qu'alors il publia (p. 10); et comme Poiteau, qui l'a décrite en 1846, la qualifie : « d'espèce toujours rare et peu « connue à Paris, » [Pomologie française, t. IV, n° 57) cela montre bien avec quelle lenteur marcha sa propagation. La cause en est, je le soupçonne, non pas au défaut de qualité de cette pomme, vraiment exquise, mais à l'extrême fugacité de son point complet de maturation. Sous notre climat, on le saisit très-difficilement, et pour peu qu'on l'ait manqué de deux ou trois jours, le soleil de juillet ne vous laisse plus à manger qu'un fruit pâteux, dépourvu de celte eau rafraîchissante et parfumée qui en fait le principal mérite. En Russie, l'Astracan blanche jouit d'une grande réputation, s'y conserve plus longtemps, puis y devient excessivement juteuse et transparente. 11 faut avouer aussi qu'on lui compose là un sol spécial, dont le sable et le fumier d'étable forment la base; soins qu'on est loin de lui accorder en France, où les pommes sont moins recherchées que les poires.
Observations. — Parmi les nombreux surnoms appliqués à cette variété, les suivants : de Glace, Gelée, Glacée de Moscovie, Transparente, furent également attribués, notamment par Duhamel (1768) et par Mayer (1776), à certaine Pomme de Glace qu'en 1667 décrivit Merlet, et qui déjà était connue au temps des naturalistes Cordus, Ruel et Bauhin (xvi' siècle). Devant ces mêmes synonymes, il est donc important de ne pas confondre l'Astracan blanche avec la vraie P. de Glace. On y parviendra en se rappelant que leur maturité diffère essentiellement, puisque la premièx'e disparaît dès le commencement d'août, lorsque la seconde reste au fruitier jusqu'en mars. — L'Astracan blanche n'est pas davantage identique, malgré son synonyme Transparente d'Été, avec la Pomme de Revel, ou Transparente blanche, mûrissant vers la mi-juillet. — J'ai parfois reçu cette espèce sous la dénomination Transparente d'Astracan, que Thompson, en 1842, enregistra en lui donnant Taffltai pour synonyme [Catalogue of fruits cultivated in t ht garden of the horticullural Society o/ Londun, p. 43), sans toutefois fournir aucun renseignement sur le fruit, qu'il n'avait pas encore dégusté. Mais depuis lors notre Congrès pomologique a constaté, ainsi que moi, la complète ressemblance de l'Astracan avec cette Transparente (Session de 1859, Procès-Verbaux, p. 10).
PoMJiE D'ASTRACAN D'ÉTÉ. — Synonyme de pomme d'Astracan blanche. Voir ce nom.
Pomme d'ASTRACAN D'HIVER. — Synonyme de pomme de Glace, Voir ce nom.