Poire FUSÉE D'AUTOMNE
Synonymes. — Poires: 1. FUSEAU ( Cordus, Historia stirpium, 1544-1561, chap. Poirier, n° 29). — 2. Rombacea ( Id. ibid, ). — 3. De Rhue (Id. ibid.). — 4. D'Étoupes (le Lectier, d'Orléans, Catalogue des arbres cultivés dans son verger et plant, 1628, p. 15). — 5. Ghesnegalon (dom Claude Saint-Etienne, Nouvelle instruction pour connaître les bons fruits, 1670, p. 57). — 6. Gros-Roland (Id. ibid.). — 7. Emmanuel d'Automne (Henri Heissen, Gartenlust, p. 279; et Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1859, t. I). — 8. De Mitre (Id. ibid.). — 9. Alberti (Decaisne, ibid.). — 10. Certeau d'Automne ( Id. ibid. ).
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux, bien érigés, gros et peu longs, brun-olivâtre habituellement nuancé de rouge au-dessus des yeux, fortement et abondamment ponctués, munis de coussinets saillants. — Yeux : peu développés, ovoïdes, obtus, non appliqués contre l'écorce. — Feuilles : ovales ou ovales-allongées, généralement acuminées, dentelées en scie, au pétiole assez court et rigide, quoique grêle.
FUS
Culture. — Cognassier ou franc, tout lui convient comme sujet ; il pousse vite et fait dès sa deuxième année des pyramides régulières, feuillues et parfaitement ramifiées.
Poire Fusée d'Automne. — Premier Type. Description du fruit. —
Grosseur : souvent au-dessus de la moyenne et souvent aussi beaucoup moins volumineuse. — Forme :
très-allongée , conique , bosselée , parfois un peu contournée vers le sommet, qui n'est jamais bien obtus, très-mince dans sa partie supérieure et assez ventrue à sa base. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, mince, arqué ou non arqué, obliquement implanté à la surface du fruit , avec lequel il est presque toujours continu. — Œil :
moyen, bien fait, ouvert, légèrement enfoncé. — Peau : jaune d'or ou jaune clair quelque peu verdâtre, ponctuée de roux, maculée de même dans le bassin ombilical et largement carminée du côté du soleil. — Chair : blanchâtre, demifine et demi-fondante, exempte de pierres, mais assez sèche et assez marcescente. — Eau : rarement suffisante, sucrée, entachée d'amertume et possédant un parfum particulier médiocrement savoureux et très-prononcé.
Maturité. — Fin de septembre ou commencement d'octobre, et se prolongeant jusqu'en novembre.
Qualité. — Troisième comme fruit à couteau, première pour la cuisson.
Historique. — Au commencement du xvie siècle ce poirier n'était encore cité par aucun agronome ou botaniste français , mais néanmoins on le cultivait communément déjà dans la Haute-Saxe, et sous le nom qu'il porte aujourd'hui. Nous voyons ell'ecti veinent à cette époque Valerius Cordus, savant hessois mort en 1544, le décrire très - exactement dans son Historia stirpium (n° 29), et donner à ses produits les trois noms suivants : Rombacea, du grec rombos : fuseau à filer; Spindelbirn, mot allemand ayant cette dernière signification ; et enfin Rautenbirn : Poire de Rhue. De ces trois noms, les deux premiers — fuseau — viennent de la forme de ce fruit, et le troisième de l'arôme particulier de son eau, dont la saveur n'est pas sans analogie avec celle de la plante vulgairement appelée Rhue. Tout
FUS
Poire Fusée d'Automne.
Deuxième Type.
nous fait supposer que cette variété est originaire de la Saxe, car Yalerius Cordus, qui se préoccupa beaucoup de l'histoire des arbres et des plantes, terminait ainsi, vers 4540, l'article du poirier Fuseau : « In agro hlebiano coluntur [on le cultive
«dans la contrée d'Eisleben]. » Il est alors fort probable que les environs de la ville d'Eisleben (Saxe), patrie de Luther, furent le berceau delà Fusée d'Automne , dont le nom n'apparaît chez nous qu'en 1628, grâce uniquement au Catalogue du verger de le Lectier , procureur du roi à Orléans. Et dans cet opuscule on constate qu'elle se nommait aussi poire d'Estouppe , dénomination également tirée de sa forme, affectant celle d'un estoupin, peloton d'étoupe qui servait à nettoyer, à bourrer les canons. Ajoutons que ce nom de Fusée fut appliqué jadis à huit variétés ou sous-variétés de poire, dont trois seulement sont venues jusqu'à nous : le fruit ici décrit, celui qui va suivre, puis la Fusée d'Été, notre Cuisse-Madame.
Observations. — La Fusée d'Automne convient essentiellement pour la compote, et surtout pour faire des poires tapées ; sous ce double rapport, nulle variété de sa saison ne l'emporte sur elle ; d'où suit que la culture dé ce poirier fertile et rustique offre d'assez grands avantages. — M. Decaisne a déclaré en 1859 [Jardin fruitier du Muséum, t. I) la poire Alberti identique avec la Fusée d'Automne. Ayant dans mon école cette prétendue variété, j'ai pu me convaincre que le savant professeur ne s'était pas trompé ; aussi l'ai- je , à son exemple , classée parmi les synonymes de ce dernier fruit. — Les noms Vermillon et Petit-Certeau , cités par quelques nomenclateurs comme synonymes de Fusée d'Automne , ne lui appartiennent pas ; ils se rapportent à là Bellissime d'Automne, ainsi qu'on le peut vérifier page 214 du Ier volume de notre Dictionnaire.
Poire FUSÉE D'ÉTÉ. — Synonyme de poire Cuisse-Madame. Voir ce nom.