Poire FUSÉE D'HIVER
Synonyme. — Poire De Margot (Prévost, Pomoloyie de la Seine-Inférieure, 1850, p. 195).
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : assez nombreux, légèrement étalés, longs et de moyenne grosseur, géniculés, souvent duveteux, jaune olivâtre nuancé de roux, finement et abondamment ponctués, aux coussinets bien accusés. — Yeux : moyens, coniques, aigus, appliqués en partie contre le bois. —
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Feuilles : d'un beau vert, grandes et un peu coriaces, ovales-allongées, généralement acmninées, planes ou canaliculées, ayant les bords régulièrement dentés, le pétiole de force et de longueur moyennes.
Poire Fusée d'Hiver. — Premier Type.
Fertilité. — Remarquable.
Culture. — Il se plaît infiniment sur le cognassier ; son développement est hâtif et sa vigueur excellente , ses pyramides sont assez jolies.
Description du fruit. —
Grosseur : au-dessus de la moyenne et parfois moins volumineuse. — Forme : allongée et bosselée , légèrement obtuse , ventrue vers la base, mince ou très-mince près du sommet, et presque toujours plus renflée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule : long , grêle , un peu mieux nourri à ses extrémités qu'à son milieu , recourbé et obliquement implanté à fleur de peau. — Œil : moyen, bien fait, ouvert ou mi-clos, presque saillant. — Peau:
rugueuse, épaisse, verdâtre clair, largement ponctuée, granitée et marbrée de gris-fauve. — Chair :
blanche, demi-fine, cassante ou demi - fondante , aqueuse, faiblement granuleuse au centre. — Eau : abondante, assez sucrée, peu acidulé, sans parfum prononcé, mais douée cependant d'une certaine saveur.
Maturité. — Courant de février, se prolongeant jusqu'en mars et pouvant même atteindre le mois d'avril.
Qualité. — Troisième pour le couteau, première comme fruit à compote.
Historique. — Cette variété eut en 1690 Merlet pour premier descripteur ; alors elle ne faisait encore que paraître dans les jardins français, et l'auteur ici mentionné semble même indiquer, par la façon incomplète dont il la caractérise, qu'il ne l'avait pas sous les yeux en écrivant ce qui suit :
« La poire de Fusée est grosse et longue, plus menue' que le Bon-Chrètien , et qui est meilleure cuite que crue ; elle va loin et est des plus tardives. » (L'Abrégé des bons fruits, :i" édition, p. 112.)
La l'usée d'Hiver, inconnue des Allemands, dut évidemment son nom à la ressemblance de forme qui existe entre elle et la Fusée d'Automne, que nous devons à
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Poire Fusée d'Hiver. — Deuxième Type.
ces derniers. Quant à sa provenance, le Gâtinais paraît être en droit de la revendiquer, ce poirier s'y trouvant communément, surtout aux environs de Montargis et de Châteaji-Renard (Loiret), où l'on en voit des sujets plus que centenaires et dont les produits sont très-recherchés pour faire des confitures. Ce fruit est également assez; répandu dans la Seiue - Inférieure , mais depuis une époque peu reculée, et il y a reçu le surnom de poire de Margot, laissant supposer que les pies , dont c'est là le nom vulgaire, le mangent avec avidité. Prévost, de Rouen , constatait en partie ces faits lorsqu'en 1850, décrivant la variété Fusée d'Automne, il recommandait « de ne pas « la confondre avec une fort bonne poire à « compote appelée aussi poire de Fusée , «mais plus connue à Rouen, ajoutait-il, « sous le nom de poire de Margot. » (Voir Pomologie de la Seine-Inférieure, p. 195.)
Observations. — Ce poirier est presque toujours d'une si grande fertilité, que ses produits n'atteignent pas facilement la grosseur de notre premier type ; mais pour peu qu'il soit modérément chargé de fruits,
on voit le volume de ces derniers augmenter aussitôt, et devenir même assez
considérable.