Poire GENERAL DE BONCHAMP
Description de l'arbre. — Bois : assez fort. — Rameaux : nombreux et presque érigés, peu gros, longs, légèrement flexueux; brun olivâtre généralement nuancé de rouge orangé, ayant les lenticelles apparentes, très-rapprochées, et les coussinets aplatis. — Yeux : petits, ovoïdes, pointus, duveteux, écartés du bois et souvent même placés en éperon. — Feuilles : petites et rarement abondantes,
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régulièrement lancéolées, planes ou contournées, plus ou moins denticulées, por tées sur un pétiole très-long et bien nourri.
Poire Général de Bonchamp. — Premier Type.
Deuxième Type.
corda pendant longtemps aucune attention.
Culture. — On le greffe sur franc ou sur cognassier ; sa vigueur est grande, mais il développe tardivement son écusson ; les pyramides qu'il fait sont toujours fort convenables.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme :
variable, elle passe le plus habituellement de la turbinée-allongée, régulière et obtuse, à la turbinéearrondie et bosselée, surtout près du sommet. — Pédoncule : trèscourt ou de longueur moyenne, assez mince, arqué et souvent noueux, obliquement implanté à fleur de peau et presque toujours adossé contre une forte protubérance. — OEil : grand, mi-clos, à peine enfoncé, parfois entouré de gibbosités. — Peau : jaune verdâtre du côté de l'ombre et vert clair du côté du soleil, entièrement semée de gros points roux et maculée de fauve autour de l'œil. — Chair : blanche , fine , fondante , juteuse, exempte de pierres. — Eau : très-abondante, sucrée, acidulé, aromatique et douée d'une délicieuse saveur beurrée.
Maturité. — Commencement et courant d'août.
Qualité. — Première.
Historique. — L'arbre qui donna naissance à cette poire si parfaite fut planté vers 1820, dans le domaine du Coteau, appartenant à M. Panneton, et situé commune de Saint-Florent-le- Vieil (Maineet-Loire). C'était un égrasseau greffé; mais la. greffe, étouffée par les jets du sauvageon, mourut, et ces derniers se virent maintenus pour la remplacer. Bientôt ils portèrent des fruits, auxquels on n'ac- Néanmoins, leur mérite ayant été
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reconnu plus tard par M. Macé, pépiniériste à Saint-Florent, cet arboriculteur envoya des greffons de ce nouveau poirier à son oncle, feu Pierre Macé, dit Printemps, l'un de mes contre-maîtres. Printemps, persuadé que son neveu possédait là une variété fort méritante, lui conseilla de la mettre dans le commerce et voulut en être le parrain. Il la dédia en 1854 à un illustre enfant de l'Anjou — dont le tombeau, chef-d'œuvre de David d'Angers, se voit à Saint-Florent — au général vendéen marquis de Bonchamp, né au château du Crucifix, commune de Juvardeil (Maine-et-Loire), et mort le 19 octobre 1793 à la Melleraye, hameau voisin du bourg de Yarades (Loire-Inférieure). J'inscrivais pour la première fois ce poirier dans mon Catalogue de 1858 sous le n° 333 (page 33) ; actuellement il est répandu de tous côtés, en France ainsi qu'à l'étranger. Quant au pied-type, il existe encore et sa vigueur primitive se montre constante.
Observations, — Le fruit ici décrit a quelquefois reçu, mais très-rarement, la dénomination de Beurré Bonchamp, ce qui nous fait recommander de ne pas le confondre avec le Beurré Beauchamp, variété belge mûrissant en novembre et n'ayant de commun avec lui qu'une assez grande ressemblance de nom (voir notre tome Ier, page 312). — La fertilité du poirier Général de Bonchamp diminue beaucoup, s'il est taillé ; on doit donc tenir compte de ce fait, pour peu que l'on veuille jouir de ses fruits.