Poire des DEUX-SOEURS
Description de l'arbre. — Bois :
fort. — Rameaux : assez nombreux, érigés au sommet , étalés vers la base, trèsgros, longs, non coudés, gris-fauve cendré, à larges et abondantes lenticelles d'un gris brunâtre , à coussinets généralement des plus accusés. — Yeux: moyens, ovoïdes, obtus, aplatis, noyés dans l'écorce et ayant les écailles disjointes. — Feuilles : grandes, coriaces, vert foncé, régulièrement dentées, un peu contournées, au pétiole très-long, fort et muni de stipules bien développées.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Il est d'une excellente vigueur et prospère sur toute espèce de sujet ; ses pyramides sont régulières , fortes et jolies.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne et quelquefois un peu plus volumineuse. — Forme : ovoïde assez allongée, à surface généralement bosselée à la partie supérieure et légèrement pentagone à la base. — Pédoncule : court, droit ou arqué, bien nourri, parfois terminé en bourrelet, toujours obliquement inséré à fleur de peau, et très-souvent en dehors de l'axe du fruit. — Œil : petit, ouvert ou mi-clos, arrondi, plissé sur ses bords, faiblement enfoncé. — Peau : mince, jaune d'or, parsemée de très-petites taches grisâtres, maculée de fauve verdâtre autour de l'œil et du pédoncule, vermillonnée du côté du soleil. — Chair /blanche, des plus unes, compacte, mi -fondante, aqueuse, presque exempte de pierres. — Eau : abondante, très-sucrée, assez délicate quoique peu parfumée.
Maturité. — Fin d'octobre et courant de novembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — Le major Esperen, l'un des émules de Yan Mons pour les semis de poirier, a parfois été, mais indûment, regardé comme l'obtenteur de la présente poire. Il n'en fut que le premier dégustateur, sur la demande des deux propriétaires du jardin dans lequel le pied-type avait poussé, de Mlles Knoop, de Malines; voilà pourquoi cet arbre reçut le nom de poirier des Deux-Sœurs. Son âge est imparfaitement connu; cependant il ne doit guère compter qu'une trentaine d'années, Esperen étant mort en 1847.
Observations. — M. Decaisne, en décrivant au cours de 1861 la poire des Deux-Sœurs, ne crut pas pouvoir l'admettre parmi les variétés de choix, et justifia ainsi l'appréciation qu'il en portait : « Bien que recommandé par la plupart des « pépiniéristes, ce fruit ne me paraît pas devoir être classé au rang des meilleures «variétés... Je l'ai constamment trouvé à chair très-fine , juteuse, mais presque « sans parfum. » [Le Jardin fruitier du Muséum, t. IV.) C'est aussi là notre opinion,
et nous ajouterons que cette poire, qui souvent devient pâteuse dès les premiers jours de sa maturité, atteint bien rarement le volume considérable sous lequel on l'a généralement figurée dans les pomologies.