‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 255 sur 742 · Poire HERICART DE THURY · texte numérisé non relu

Poire HERICART DE THURY

Description de l'arbre. —

Bois : très-faible. — Bameaux :

nombreux , érigés ou légèrement étalés, grêles et de longueur moyenne, bien géniculés, brun violacé , aux lenticelles fines , jaunes, clair-semées, aux coussinets accusés. — Yeux : petits et coniques , pointus , fort duveteux, à écailles noirâtres, souvent sortis en éperon mais quelquefois aussi appliqués en partie contre le bois.

Fertilité. — Ordinaire.

Culture. — Sur cognassier ce poirier ne pousse jamais bien ; il faut le greffer sur franc , où sa vigueur laisse même à désirer ; son développement est tardif et ses pyramides restent chétives.

Description du fruit. —

Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme • turbinée plus ou moins allongée, assez irrégulière, obtuse et mamelonnée au sommet, bien ventrue

282 HÉR— HES

à la base, généralement plus grosse d'un côté que de l'autre et souvent un peu contournée. — Pédoncule: long ou de longueur moyenne, mince, recourbé, obliquement inséré dans une étroite cavité à bords très-inégaux. — Œil : grand, régulier, ouvert, presque saillant. — Peau : jaune pâle , légèrement olivâtre , ponctuée de roux et légèrement lavée de rose tendre sur la face exposée au soleil. — Chair . blanche, grossière, mi-cassante, pierreuse et marcescente. — Eau : peu abondante, sucrée, d'une saveur acre et particulière qui n'a rien d'agréable.

Maturité. — Commencement et courant de novembre.

Qualité. — Troisième et quelquefois, mais fort exceptionnellement, deuxième.

Historique. — M. Alexandre Bivort, directeur des pépinières de la Société Van Mons, à Geest-Saint-Rémy (Belgique), décrivit en 1850 cette variété, et lui attribua l'origine suivante : « Sans en avoir la certitude, je pense — dit-il — qu'elle. « appartient aux semis de Yan Mons, qui Ta dédiée à M. Héricart de Thury, prési- « dent de la Société d'Horticulture de France. » [Album de pomologie, t. III, p. 104.) L'opinion qu'émet ici M. Bivort est celle de nos pépiniéristes, et depuis longtemps, car l'importation de ce poirier chez nous date déjà de 1840, ainsi que l'établit M. Laurent Jamin, à la page 312 du tome XLIII des Annales de la Société d'horticulture de Paris. Sa première fructification dut avoir lieu vers 1838, Yan Mons n'ayant pu tarder beaucoup à en offrir des greffes au personnage éminent auquel il l'avait dédié. On sait que le vicomte Héricart-Ferrand de Thury, ingénieur en chef des mines de France , fut un agronome des plus renommés ; il naquit à Paris le 3 juin 1776 et mourut à Rome le 15 janvier 1854.

Observations. — Des pomologues belges ont qualifié de « très-bon fruit » la poire Héricart de Thury ; elle pouvait être exquise au moment de son obtention et dans son terrain natal, je ne dis pas non ; mais en France, et surtout en Anjou, il faut qu'elle ait complètement dégénéré, puisqu'on ne saurait même l'y classer au deuxième rang, tant il est rare de la trouver savoureuse. Les Américains sont aussi de cet avis; témoin Hovey, qui dans son Magazine of horticulture la déclarait en 1853 et en 1854, de « quality indiffèrent, » c'est-à-dire mauvaise. — Il existe aux États-Unis, d'après Downing, une poire Héricart, mûrissant d'août en septembre, de moyenne grosseur, obovale, douée d'un certain mérite et dont Yan Mons passe également pour l'obtenteur (voir the Fruits and fruit trees of America, 1849, p. 394 ; 1863, p. 509). Quel est ce fruit? Je ne l'ai jamais rencontré et ne puis que le signaler ici, afin qu'il soit prouvé que notre poire Héricart de Thury diffère entièrement, sauf pour la première partie de son nom, de la poire Héricart décrite par Downing. — J'ajoute que le Besi des Vétérans, qui se garde jusqu'en avril, n'offre non plus, quoiqu'on ait avancé le contraire, aucun rapport avec l'IIéricart de Thury, atteignant bien difficilement, dans nos contrées, les derniers jours de novembre.

584, Poire HESSEL.

Synonyme. — Poire Hazel [des Auglais] ( Archibald Gorrie, Transactions of the horticultural Society of London, 1827, t. VII, p. 310).

Description de l'arbre. — Bois : fort ou très-fort. — Rameaux : des plus nombreux, presque érigés, gros, très-longs, fortement coudés, rouge-brun légèrement olivâtre, ayant les lenticelles larges, rapprochées, et les coussinets saillants.

IIES

— Yeux : volumineux, ovoïdes, aux écailles grises et mal soudées, toujours bien écartés du bois. — Feuilles : de moyenne grandeur, généralement ovales-lancéolées,

à bords faiblement crénelés ou com- Poire Hessel. plétement unis, portées sur un pétiole

long et assez fort.

Culture. — C'est un poirier vigoureux, ordinaire pour le développement de l'écusson et qui se plaît autant sur cognassier que sur franc ; dès leur deuxième année ses pyramides sont magnifiques.

ISeseriptiou du fruit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme : ovoïde , régulière , toujours un peu ventrue et parfois assez mamelonnée au sommet. — Pédoncule : long, mince à son milieu, renflé à ses extrémités, surtout à la base où il est charnu , implanté obliquement et presque à fleur de peau. — OEil :

moyen, ouvert ou mi-clos, à peine enfoncé. — Peau : rugueuse, jaune olivâtre clair, couverte de larges points gris et fortement marbrée et tachée de roux auprès de l'œil et du pédoncule.

- Chair : blanc jaunâtre , grossière , cassante ou mi-cassante , assez pierreuse autour des loges. — Eau : suffisante, sucrée, douceâtre, sans parfum prononcé, peu délicate.

Maturité. — Fin d'août et commencement de septembre. Qualité. — Troisième.

Historique. — En 1848 Prévost décrivit le poirier Hessel dans le 6e cahier de la Pomologie de la Seine-Inférieure (p. 170) et déclara « qu'à voirie silence des Cata- « logues belges sur cette variété, il lui semblait qu'elle était d'origine française. » Ici l'opinion de Prévost ne concordait pas avec la réalité, car on lit ce qui suit dans les Transactions of the horticultural Society of London , sous la signature Archibald Gorrie et la date 18 novembre 1827 :

« 11 existe deux versions sur le lieu d'origine de notre poirier Hazel. Il fut gagné, d'après les uns, dans le Netherlands (Pays-Bas), puis importé vers 1770 à Meikelour (Ecosse) par le colonel Mercer; mais si cette assertion n'a rien d'inexact, ce poirier dut alors disparaître bien promptement de Meikelour, puisqu'on ne l'y rencontrait plus en 1802. Enfin d'autres le disent sorti, de semis, des pépinières de Kinnoul (Ecosse), d'où ensuite il aurait été, en 1797 environ, commercialement expédié àNewcastle (Angleterre), sous le nom de Beurré gris. Et c'est' là que, ayant perdu cette variété, les arboriculteurs de Kinnoul la retrouvèrent portant le surnom d'Hazel. » (Tome VII, p. 310.)

Ajoutons à ceci qu'on regarde généralement, aujourd'hui, comme provenue d'Ecosse la poire Hazel, connue chez nous depuis une trentaine d'années, et que c'est à nos jardiniers qu'elle doit son nom moderne — Poire Hessel — découlant, on

Page 1