Poire KING EDWARDS
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : peu nombreux et étalés, très -gros, longs, bien coudés , d'un beau rouge foncé, à lenticelles larges et des plus espacées, à coussinets nuls ou presque aplatis. — Yeux : volumineux , ovoïdes fortement arrondis, aux écailles disjointes, duveteux et collés contre l'écorce. — Feuilles :
grandes, coriaces, arrondies, bien acuminées, assez profondément dentées ou crénelées, ayant le pétiole long, épais, rigide et légèrement rosé.
Fertilité.
santé.
— Satisfai-
Culture. — Sa vigueur est ordinaire , on le greffe sur cognassier ou sur franc, le développement de l'éeusson n'a rien d'exceptionnel ; quant aux pyramides de ce poirier, elles sont fortes mais toujours trop dégarnies de rameaux.
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Description du fruit. — Grosseur : volumineuse, le plus habituellement, mais quelquefois énorme. — Ferme : conique-allongée, régulière, légèrement obtuse. — Pédoncule : court, bien nourri, arqué, obliquement inséré à la surface et généralement appuyé contre un mamelon peu prononcé. — Œil : grand, à fleur de fruit, très-ouvert, uni sur ses bords. — Peau : rugueuse, à fond olivâtre, presqu'entièrement bronzée, parsemée de petits points gris et tachetée de roux clair, squammeux, autour de l'œil. — Chair : verdâtre, fine, mi-cassante, aqueuse, bien pierreuse au centre. — Eau : abondante, sucrée, peu parfumée, entachée d'une acerbité assez marquée.
Maturité. — Depuis la mi-septembre jusqu'à la mi-octobre. Qualité. — Deuxième, et souvent troisième quand ce fruit est trop acerbe ou qu'il blossit aussitôt cueilli, ce qui lui arrive fréquemment.
Historique. — La variété King Edward's (poire du roi Edouard) n'est pas originaire d'Amérique, ainsi que l'avançait en 1855 M. Thuillier-Aloux [Catalogue raisonné de poiriers, p. 21 ) , elle appartient aux collections anglaises, et c'est un pomologue américain qui précisément le constate. On lit effectivement dans l'édition de 1849 des Fruits and fruit trees of America de Downing, cette phrase : « La King « Edward's est un très-gros et très- beau fruit que nous a fourni l'Angleterre, où il «jouit d'une haute réputation qu'il n'a pas soutenue chez nous (page 396). » Downing se trouve ici parfaitement d'accord avec moi, sur la qualité de cette poire; et comme la description qu'il en donne se rapporte exactement à la mienne, on voit qu'alors le sol français ne lui est pas plus favorable que le sol des États-Unis. En Angleterre, l'auteur qui la fit connaître fut Thompson, directeur du Jardin fruitier de la Société horticulturale de Londres. Dans les Catalogues publiés par ce savant arboriculteur, on observe bien qu'avant 1842 elle existait déjà, sous le n° 291, parmi les variétés de l'établissement qu'il dirigeait, mais aucun détail ne se rencontre là, ni chez les autres pomologues anglais, sur l'époque de première fructification du pied-type. Son importation dans nos jardins remonte environ à 1850; pour moi, qui l'ai reçue de Londres en 1849, je la propage depuis 1852 (voir Catalogue, p. 26, n° 467).
Poire KIRTLAND. — Synonyme de Beurré Kirtland. Voir ce nom.
Poire KNIGHT D'HIVER. — Cette variété, qui porte le nom d'un célèbre arboriculteur anglais, fut décrite en 1842 par Robert Thompson, directeur du Jardin fruitier de la Société horticulturale de Londres, dans le volumineux Catalogue qu'il publia pour faire connaître les différentes espèces alors cultivées par lui :
« C'est une poire, disait-il, très-grosse, obovale, à peau brunâtre, à chair cassante, bonne uniquement pour la cuisson, mûrissant en janvier et se conservant jusqu'en mars ; elle a trois synonymes : Knight nouvelle, Kriznetzer, Late van Mons. » (Page 142, n° 292.)
Une telle description, on le conçoit, ne m'engagea nullement à faire venir ce poirier; je n'en parlerais donc pas aujourd'hui, si je n'avais vu M. le professeur Decaisne, du Jardin des Plantes de Paris, caractériser comme suit, en 1858, une poire Knight d'Hiver :
« Elle est grosse, oblongue ou régulièrement pyriforme, à peau jaune lavée de rouge, à chair fondante, d'une saveur qui rappelle celle des meilleures Crassanes, de première qualité ''' commençant ;'i mûrir à La mi-décembre. » [Le Jardin fruitier du Muséum, t. I.)
Celte poire Knight d'Hiver, de Paris, n'est évidemment pas la véritable, celle des
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anglais, mentionnée par Thompson et par lui qualifiée de fruit à compote. Quelle est-elle, alors?... Je l'ignore d'autant mieux, que ces deux poiriers ne sont pas dans mon école; mais en appelant l'attention sur leur complète dissemblance, c'est aider, je crois, à l'établissement de leur identité.