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Poire LÉON LECLERC DE LAVAL

Synonyme. — Poire Léon Leclerc (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1858, t. Ier).

Description de l'arbre. — Bois :

toujours très -fort.

— Rameaux : peu nombreux, arqués, légèrement étalés , courts et des plus gros, peu géniculés, jaune olivâtre, aux lenticelles fines et clair-semées, aux coussinets à peine ressortis , aux mérithalles excessivement courts. — Yeux : moyens ou petits, ovoïdes, aigus, écartés du bois et quelquefois placés en éperon.— Feuilles : assez grandes, arrondies ou rondes, acuminées, trèsfaiblement dentées sur leurs bords , munies d'un pétiole court et fort, non stipulé.

Fertilité.— Satisfaisante et des plus soutenues.

Culture. — Il se plaît infiniment sur

le cognassier, sa vigueur y est convenable et son développement ordinaire ; ses pyramides sont généralement basses.

Description du fruit. — Grosseur : considérable. — Forme : turbinée, obtuse fit allongée, très-ventrue dans toute sa partie inférieure. — Pédoncule : long, recourbé, mince à son milieu, plus fort à ses extrémités, surtout à la base, implanté obliquement ou perpendiculairement, soit à fleur de peau, soit au milieu d'une

étroite cavité à bords faiblement relevés. — Œil : grand ou moyen, ouvert ou mi-clos, rarement bien enfoncé. — Peau : quelque peu rugueuse, épaisse, jaune d'ocre, finement ponctuée de gris-roux et de brun clair, légèrement maculée de fauve autour de l'œil et du pédoncule, puis tachetée parfois de même sur le côté du soleil. — Chair : très-blanche, assez grosse, cassante ou demi cassante, aqueuse, pierreuse et marcescente. — Eau : abondante ou suffisante, douceâtre, peu sucrée, sans parfum prononcé, mais ;douée cependant d'une certaine sapidité.

Maturité. — Depuis le mois de février jusqu'au mois de mai ou de juin.

Qualité. — Troisième pour le couteau, première comme fruit à compote.

Historique. — Ce fut le semeur belge Van Mons qui gagna ce volumineux fruit à Louvain, en 1825, et qui le dédia à son émule et correspondant Léon Leclerc, député de Laval. On a prétendu que cette poire était excellente au moment de son obtention, et l'on veut même, en Belgique, qu'actuellement encore elle soit bien parfumée et de première qualité. Louis Noisette , celui de nos pépiniéristes qui dès le début la propagea le plus activement, se montra pour elle moins enthousiaste, car il disait en 1839 : « Si elle avait plus de saveur ou de parfum, elle serait excellente, « mais dans son état elle n'est que bonne. » [Jardin fruitier, p. 176.) Aujourd'hui, complètement juste à l'égard de cette très-jolie poire, le Congrès pomologique français l'a qualifiée (1864, t. II, n° 99) de « fruit d'apparat pour dessert et de a fruit à compote. » Opinion que six ans auparavant, en 1858, M. le professeur Decaisne avait émise déjà au tome Ier de sa magnifique publication : « J'ai dégusté « — y lisons-nous — ce fruit en hiver et au printemps, six ou huit mois après la « récolte, et je l'ai constamment trouvé sec et sans saveur. » A ces témoignages, ajoutons le nôtre^ remontant à 1846, époque à laquelle j'inscrivais cette variété dans mon premier Catalogue descriptif, avec la mention : « Bonne uniquement pour « la cuisson (p. 11 ). »

Observations. — Il existe une fausse espèce Léon Leclerc; Poiteau, qui la reconnut promptement, la signalait ainsi, en 1834, dans sa Théorie Van Mons :

« Depuis plusieurs années — disait-il — M. Léon Leclerc, pomologiste à Laval (Mayenne), envoie à la Société d'Horticulture de Paris des poires d'un arbre qu'il tient de M. Van Mons,

sous le nom de Léon Leclerc; mais ces fruits sont différents de ceux que j'ai reçus de

M. Van Mons sous le même nom, en 1833, de sorte qu'il y a eu nécessairement une erreur

dans l'un des envois Je décris ces deux poires en ajoutant à l'une l'épithète Louvain et à

l'autre celle de Laval. » (Page 65, n° 80.)

Dans la crainte de causer quelque nouvelle méprise, nous avons jugé bon de ne pas cultiver le poirier Léon Leclerc de Louvain, dont les produits sont de deuxième qualité, ovoïdes, de moyenne grosseur, et mûrissent en novembre. Il est très-peu répandu en France, mais l'y fùt-il davantage, que cette simple note suffirait pour l'y faire distinguer du Léon Leclerc de Laval, ou du Léon Leclerc épineux.

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