Poire LOUISE-BONNE DE PRINTEMPS
Description de l'arbre. — Bois : faible. — Bameaux : peu nombreux et bien étalés, de longueur moyenne, un peu grêles, à peine coudés, d'une jolie couleur rougeâtre, finement et abondamment ponctués, aux coussinets presque
LOU [LOUISE bon]
nulSi Yeux : petits, coniques, aigus, régulièrement écartés du bois. — Feuilles: petites, ovales ou ovales-allongées, bien dentelées, portées sur un pétiole court, menu, souvent carminé.
Poire Louise-Bonne de Printemps.
Fertilité. — Très-grande.
Culture. — Ce poirier développe tardivement son écusson, n'est pas vigoureux, se plaît autant sur cognassier que sur franc , et fait de chétives pyramides.
Description du fruit. —
Grosseur : au - dessus de la moyenne. — Forme : allongée, obtuse , régulière , bien ventrue vers son milieu, mamelonnée au sommet, légèrement bosselée à la base. — Pédoncule : de grosseur et de longueur moyennes, recourbé, inséré dans une dépression assez marquée et fortement plissée. — Œil: moyen, ouvert ou mi-clos, à peine enfoncé. — Peau: jaune d'ocre, ponctuée de gris verdâtre , maculée de fauve autour de l'œil, lavée de carmin sur la face qui regarde le soleil et portant souvent quelques mouchetures brunâtres. — Chair : mi-fine et mi -fondante, blanche, juteuse, contenant d'assez fortes pierres auprès des loges. — Eau : abondante , rarement bien sucrée , un peu douceâtre, faiblement aromatique.
Maturité. — Courant de février et atteignant parfois le commencement d'avril.
Qualité. — Deuxième, en raison surtout de la maturation si tardive du fruit.
Historique. — Ce poirier date de 1857; il a été gagné de semis à Rouen, chez M. Boisbunel , pépiniériste.
Observations. — Cette variété, affirme-t-on , ne saurait acquérir toute sa bonté, que dans le Midi de la France. J'ignore s'il en est réellement ainsi, mais je sais qu'en Anjou sa qualité laisse infiniment à désirer. Le Congrès pomologique ne me paraît pas, non plus, professer une grande estime pour ce fruit, puisqu'au mois de septembre 1867 il l'a rejeté de la culture, en motivant en ces termes sa résolution :
« Après des discussions souvent renouvelées les années précédentes, au sein du Congrès, et d'après les témoignages tout à fait désavantageux apportés actuellement, la Commission
LOU [LOUISE BOU — ohl] 361
demande la radiation définitive de la Louise-Bonne de Printemps, mise à l'étude depuis sept ans, radiation que l'assemblée approuve. » (Procès-Verbaux, 11e session, p. 32, et 12° session, p. 20. )
Poire LOUISE DE BOULOGNE. — Van Mons, l'obtenteur de cette variété, qu'il gagna vers 1827, en parlait ainsi dans ses Arbres fruitiers :
« Dans tous les semis — disait-il — il y a des retardataires ; ce sont les bois fins , et souvent ce sont les fruits fins : la Louise de Boulogne est un retardataire de quinze ans... Elle a gagné en volume jusqu'à ce qu'elle soit devenue une très-belle poire ; elle a aussi gagné en qualité. Ce n'est qu'alors que j'ai osé l'inscrire sous le nom bonorable qu'elle porte. » (1835, tome I, p. 259 3 et 1836, tome II, p. 91.)
La poire dont Yan Mons parle si avantageusement s'éloigne tellement de la Louise de Boulogne que nous connaissons, et qui est celle décrite en 1863 par M. Decaisne, dans le Jardin fruitier du Muséum (t. Y), que je ne veux pas lui donner place ici. J'ai bien essayé de constater l'identité ou la non-identité de ma variété en m'adressant au chef de culture des pépinières de la Société Yan Mons, mais il a laissé ma lettre sans réponse.
Poire LOUISE DE JERSEY. — Synonyme de poire Louise-Bonne d'Avranches. Yoir ce nom.
Poire LOUISE D'ORLÉANS [de M. Alexandre Bivort]. — Synonyme de poire des Urbanistes. Yoir ce nom.
I¥ota. — Les Belges, en répandant le poirier Louise d'Orléans, annoncèrent qu'il sortait des semis de Yan Mons et que sa première fructification remontait à 1843. Néanmoins, des protestations contre l'identité de cet arbre ne tardèrent pas à s'élever. Aux États-Unis, le pomologue Hovey déclara dès 1856, tome II, page 25 de ses Fruits of America, que la poire Louise d'Orléans ne différait en rien de la poire Des Urranistes, cultivée depuis 1783 environ ; — chez nous, M. Decaisne fit la même observation en 1858, au tome Ier du Jardin fruitier du Muséum; — en Allemagne, on n'hésita pas non plus à partager cette opinion , formellement exprimée dans Y Illuslrirtes Handbuch der Obstkunde (1860, t. II, p. 443, n° 210), recueil rédigé par MM. Jahn, Lucas et Oberdieck, connus de tous pour leur compétence en pareil sujet; — enfin le Congrès pomologique de France s'associait à son tour, en 1863, à ces diverses rectifications, en classant la Louise d'Orléans parmi les synonymes du poirier des Urbanistes (voir Pomologie de la France, t. I, n° 32).
Pour moi, tout en regardant la Louise d'Orléans, décrite et figurée par M. Bivort au tome II des Annales de pomologie belge, comme identique avec l'Urbaniste, je crois cependant devoir affirmer que j'ai reçu de Belgique, étiqueté Louise d'Orléans, un poirier ne ressemblant nullement au poirier des Urbanistes ; et voici sa description, afin qu'on en soit convaincu :
Bois : fort. — Rameaux : peu nombreux, érigés, longs et gros, faiblement géniculés, brun violacé, ayant les lenticelles très-apparentes mais très-espacées, les coussinets des plus saillants et les méritballes longs. — Yeux : petits, coniques-arrondis, souvent duveteux, collés contre le bois. — Feuilles : petites, abondantes, ovales-arrondies, finement et régulièrement dentées, au pétiole de longueur et de grosseur moyennes, toujours accompagné de larges stipules.
Je possède ce poirier depuis sept ou huit ans déjà, mais comme il ne m'a pas encore donné de fruits, je ne saurais me prononcer définitivement sur lui. J'y reviendrai en temps et lieu.
362 LOU [louise pru]