‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 333 sur 742 · Poire LOUISE DE PRUSSE · texte numérisé non relu

Poire LOUISE DE PRUSSE

Description de l'arbre. — Bois : assez fort, — Rameaux : peu nombreux, étalés, courts et de grosseur moyenne, à peine géniculés , brun clair, à lenticelles fines et rarement abondantes , à coussinets plats. — Yeux:

assez gros, ovoïdes, légèrement écartés du bois, ayant les écailles grises et mal soudées. — Feuilles :

ovales, acuminées, planes ou faiblement canaliculées, à bords unis en partie, portées sur un pétiole court, fort et pourvu de longues stipules.

Culture. — Le franc est l'unique sujet qui convienne à ce poirier, de vigueur modérée et dont l'écusson se développe tardivement ; ses pyramides sont généralement basses et chétives.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : turbinée plus ou moins allongée, obtuse, fortement ventrue dans toute sa partie inférieure et quelque peu recourbée à son autre extrémité. — Pédoncule : court ou de longueur moyenne, très-gros, non arqué, obliquement inséré dans une cavité large, assez profonde et dont l'un des bords est habituellement bien mamelonné. — Œil : petit, arrondi, ouvert ou mi-clos, saillant ou peu enfoncé. — Peau : épaisse et rugueuse, à fond jaune d'ocre nuancé de verdâtre, finement ponctuée de gris, maculée de brun-fauve autour de l'œil et du pédoncule, et souvent tachetée de même sur le côté du soleil. — Chair : blanche, demi-fine, cassante ou mi-cassante, juteuse, granuleuse au cœur. — Eau : abondante, très- sucrée, acidulé, agréablement parfumée.

Maturité. — Courant de septembre et commencement d'octobre.

Qualité. — Deuxième, et souvent première quand sa chair est presque fondante.

Historique. — Van Mons, l'obtenteur de ce beau fruit, le signala en 1832 dans la Revue des Revues (numéro de septembre) et fit observer qu'il atteignait — on a vu que cela est exact — un volume magnifique , qui depuis son premier rapport, datant de 1820, n'avait jamais varié. En 1834, Poiteau confirma ces détails

LOU [louise pru] 363

en décrivant, à la page 48 de sa Théorie Van Mons, cette poire gagnée à Louvain et qui, disait-il, lui rappelait, pour la grosseur et la forme, un Saint-Germain un peu ventru. Louis Noisette la fit également connaître dans son Jardin fruitier, édition de 1839 (p. 139), ainsi que M. Willermoz, en 4848 [Observations sur le genre poirier, p. 11), mais aucun de ces écrivains n'a parlé de la princesse dont elle portait le nom. Quelle fut cette Louise?.... L'Almanach de Gotha pour l'année 1827, nous l'apprend : elle était fille du monarque prussien Frédéric-Guillaume III et avait épousé le 21 mai 1825 le prince Frédéric, second fils de Guillaume Ier, roi des Pays-Bas.

Observations. — La variété ici décrite est bien celle que Van Mons, son obtenteur, décrivit en 1832, et que depuis ont caractérisée les pomologues dont nous venons de parler. Il ne faut donc pas s'étonner de la voir différer entièrement d'une certaine Louise de Prusse apparue en 1849 dans Y Album de pomologie publié à Bruxelles par M. Alexandre Bivort (t. II, p. 101). Cette dernière n'est autre, en effet, que le Doyenné gris ; et je ne suis pas le premier qui l'ait affirmé, puisqu'en 1859 M. le professeur Decaisne, du Jardin des Plantes de Paris, écrivait les lignes suivantes :

« Je réunis sans hésitation à la poire Crottée [ou Doyenné gris] , la poire Louise de Prusse décrite et figurée par M. Bivort, mais qu'il faut bien distinguer de la Louise de Prusse des pépiniéristes français et du fruit décrit sous ce nom par M. Willermoz, » (Le Jardin fruitier du Muséum, t. II. )

Je dois ajouter que le Congrès pomologique de France (1863, t. I, n° 32) a

placé indûment le nom Louise de Prusse parmi les synonymes de l'excellente

poire des Urbanistes; en comparant ces deux variétés, chacun le reconnaîtra immédiatement.

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