Poire MARGUERITE D'ANJOU
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux, étalés, gros, assez longs, peu coudés, brun-gris olivâtre, aux lenticelles apparentes et clair-semées , aux coussinets bien accusés. — Yeux : de moyenne grosseur, coniques, pointus, non appliqués contre le bois, ayant les écailles légèrement disjointes.
Poire Marguerite d'Anjou.
— Feuilles : grandes, ovoïdes très-allongées, à bords faiblement dentés on crénelés,
à pétiole fort et long.
Fertilité. — Abondante.
Culture. — L'éeusson se développe tardivement , chez ce poirier dont la vigueur est satisfaisante et qui se plaît autant sûr cognassier que sur franc ; ses pyramides, hautes et touffues, sont généralement des plus convenables dans leur troisième année.
tâoie. du fruit. — Grosseur : au-dessus de la moyenne.
— Forme : ovoïde irrégulière et bosselée, plus ventrue d'un côté que de l'autre et souvent un peu contournée. — Pédoncule : de longueur moyenne, arqué, mince à son milieu, renflé aux extrémités, obliquement inséré dans une assez large cavité que domine une forte protubérance. — Œil : moyen et ouvert, régulier, presque saillant, faiblement plissé ou côtelé sur les bords. — Peau : jaune clair, légèrement teintée de rose pâle sur la partie qui regarde le soleil, tachée de fauve auprès du pédoncule et ponctuée de même, semée de quelques petites macules rousses, noirâtres et généralement squammeuses. — Chair : blanc mat, fine, compacte quoique très-fondante, aqueuse, exempte de pierres. — Eau : abondante, bien sucrée, acidulé, douée d'une délicieuse saveur rappelant quelque peu le parfum de la violette.
Maturité. — Commencement et courant d'octobre.
Qualité. — Première.
Historique. — M. Flon aîné, horticulteur à Angers, obtenait de semis, en 1863, cette poire exquise et la mettait dans le commerce l'année suivante, après l'avoir dédiée à la fille, si célèbre par son courage, son esprit et ses malheurs, de René le Bon, roi de Sicile et duc d'Anjou. Née en 1425, Marguerite d'Anjou fut femme du roi d'Angleterre Henri VI, mais elle revint, après la perte de sa couronne, mourir en 1482 dans notre province, au château de Dampierre, situé sur les bords de la Loire , à quatre kilomètres de Saumur.
Poire MARIANNE. — Synonyme de poire Princesse Marianne. Voir ce nom
MAR [marie ann]
66S. Poire MARIE-ANNE DE NANCY.
Description de l'arbre. —
Bois : fort. — Rameaux : peu nombreux, étalés et parfois érigés, surtout au sommet de la tige, de grosseur moyenne, assez longs, plus ou moins géniculés, gris-roux, finement et clairement ponctués, ayant les coussinets ressortis et les inérithalles ordinaires. — Yeux : moyens, coniques, écartés du bois et duveteux. — Feuilles :
moyennes, elliptiques ou elliptiquesallongées , faiblement dentées , au pétiole généralement court, grêle et pourvu de petites stipules.
Fertilité. — Convenable.
Culture. — Il se plaît beaucoup sur le cognassier ; sa vigueur n'a rien d'excessif; l'écusson se développe bien et les pyramides sont d'une forme satisfaisante, même dans leur seconde année.
Description du fruit. — Grosseur : moyenne. — Forme ; turbinée très-régulière mais assez obtuse. — Pédoncule : fort long ou de longueur moyenne , bien nourri , rarement arqué, noueux, renflé aux extrémités, implanté à fleur de peau. -- Œil: grand, ovale, ouvert, presque saillant. — Peau : vert -pré, ponctuée de fauve, toute veinée et maculée de brun -roux.
Chair : blanchâtre, fine, juteuse, fondante ou mi-fondante, ayant de fortes
pierres au-dessous des loges. — Eau : abondante, très-sucrée, acidulé, souvent peu parfumée. Maturité. — Vers la moitié d'août.
Qualité. —Deuxième et quelquefois première, lorsque sa chair est bien fondante et son eau bien savoureuse.
Historique. — M. Mulot, ancien officier et pomologue à Nancy, fut le promoteur de ce poirier, qui faisait partie d'un envoi de cent jeunes égrasseaux que Yan Mons, peu de jours avant sa mort (1842), avait choisis dans ses semis pour les offrir à ce personnage, avec lequel il était lié. Le pied-type a mûri pour la première fois en 1848, et M. Millot « l'a dédié à la mémoire de sa femme, » ainsi qu'il l'a déclaré en décrivant cette variété dans le tome III de V Album de pomologie, publié à Bruxelles en 1850 (page 11 ).
Observations. — Il existe une poire Millot de Nancy, décrite ci-après et que
MAR [marte ben] 397
parfois nous avons vu confondre avec la Marie-Anne de Nancy, qui cependant se mange en août, trois mois avant l'autre, mûrissant vers la mi-octobre. On peut donc aisément les distinguer, en se rappelant quel écart de maturité les sépare.