Poire DOCTEUR BENIT
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux , érigés et assez gros, longs, géniculés, brun olivâtre, à lenticelles gris brunâtre, petites, serrées, à coussinets bien prononcés. — Yeux : de grosseur moyenne, ovoïdes, brun foncé, légèrement écartés du bois et ayant pour la plupart les
DOC [docteur bén]
Poire Docteur Bénit.
écailles grises. — Feuilles : petites, généralement lancéolées, profondément dentées, munies d'un pétiole épais et un peu court.
Culture. — Il croît aussi bien sur cognassier que sur franc, n'a rien d'exceptionnel dans son développement et fait des pyramides assez satisfaisantes.
Beserintioii du fruit. — Grosseur : au-dessous de la moyenne. — Forme : globuleuse , plus renflée d'un côté que de l'autre. — Pédoncule :
très-court et très-gros , noueux, souvent arqué, terminé en bourrelet, implanté à fleur de peau. — Œil :
petit, elliptique, mi-clos, contourné, presque saillant, bordé de plis.
— Peau : rugueuse , entièrement bronzée, ponctuée et comme réticulée de vert clair grisâtre. — Chair : blanchâtre, fine, compacte, mi-cassante, veinulée de jaune verdâtre. — Eau : suffisante, assez sucrée, 'vineuse, peu aromatique.
Maturité. — De décembre en janvier.
Qualité. — Troisième.
Historique. — En 1857, M. de Liron d'Airoles signalait dans ses Notices pomologiques la poire Docteur Bénit comme un fruit de premier ordre. L'ayant, au contraire, toujours trouvée des plus médiocres, nous avons voulu nous assurer, avant de la décrire , si le poirier que nous possédions sous ce nom était bien la véritable variété. Actuellement on n'en saurait douter, en présence de la lettre suivante que nous adressait de ±\ancy, le 15 septembre 1867, notre obligeant confrère M. Arnould jeune :
« Je vous ai fait envoyer le poirier Docteur Bénit; j'y joins aussi les deux seuls fruits que je possédais sur le seul sujet que je cultive encore en école, et seulement comme variété de collection, car j'ai abandonné la multiplication de cet arbre, qui n'a pas, vous pourrez en juger, les qualités que lui avait d'adord trouvées M. Millot, son propagateur. Presque tous mes confrères ont aussi abandonné cette poire. L'arbre est fertile, surtout en haut vent; m. lis, et c'était même l'avis, en dernier lieu, de l'honorable M. Millot, nous avons des centaines de fruits supérieurs à ce gain... Je suppose donc que M. Millot s'est abusé sur le mérite de ce poirier, qu'il me recommanda aussitôt sa mise à fruit; aussi l'ai-je mis le premier dans le commerce, en même temps, du reste, que les frères Simon, qui le greffèrent également d'après la môme recommandation. »
Quant à l'origine de ce poirier, elle est belge, et voici dans quels termes M. Millot, de Nancy, l'a constatée :
« L'arbre fut semé par le célèbre Van Mons, en 1840, et transplanté dans mon jardin deux ans plus tard. Son premier rapport a eu lieu en 1853. J'ai dédié cette poire à l'un de mes compatriotes, le docteur Bénit, dont les actes de probité et de dévouement sont si généralement connus. » [Journal de la Société d'Horticulture de Nancy, 1854, n° de Janvier.)
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