Poire MONCHALLARD
Synonymes. — Poires : 1. Belle-Épine fondante (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1864, t. IV). — 2. Épine d'Été de Bordeaux (Liron d'Airoles, Liste synonymique historique des diverses variétés du pohier, 1862, t. II, 2" Supplément, p. 20). — 3. Épine rose de Jean Lami (Id. ibid.). — 4. MONSALLARD (Congrès pornologique, Pomologie de la France, 1864, t. II, n° 87).
bre. — Bois : fort. — Rameaux : assez nombreux, érigés au sommet, étalés vers la base, gros et longs, bien flexueux , brun olivâtre légèrement nuancé de rose, ayant les lenticelles fines, très-espacées , et les coussinets fortement accusés. — Yeux : assez petits, coniques, appliqués contre le bois , aux écailles disjointes. — Feuilles : d'un joli vert luisant, elliptiques très - allongées , à bords légèrement dentés ou crénelés, à pétiole fort et de longueur moyenne.
Fertilité. — Satisfaisante.
Culture. — Sa vigueur est ordinaire et le dévelop:
pement de son écusson, un peu lent ; tout sujet lui convient; il prend une forme pyramidale irréprochable.
Description du fruit.
— Grosseur : au-dessus de la moyenne. — Forme : turbinée fortement obtuse, régulière, bien ventrue dans toute sa partie inférieure. — Pédoncule : long, bien nourri, plus ou moins renflé à son point d'attache , rarement très-arqué , obliquement inséré au centre d'une large mais peu profonde cavité. — Œil : grand, arrondi, ouvert, légèrement enfoncé. — Peau : mince, jaune clair et blafard, uniformément semée de points verdâtres et souvent lavée de rouge sombre sur la face qui regarde le soleil. — Chair ; très-blanche, fine ou demi-fine, excessivement fondante, juteuse, contenant quelques granulations autour et surtout au-dessous des loges. — Eau : fort abondante, bien sucrée, acidulé, faiblement aromatique mais douée de la plus délicieuse saveur.
Maturité. — Depuis la moitié jusqu'à la fin d'août.
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Historique. — Lorsqu'on voulut, il y a dix ans, déterminer la provenance de cette belle et bonne poire, que le Congrès pomologique commençait alors à recommander, on commit quelques erreurs qui peu après furent relevées en ces termes par un de nos honorables confrères , M. Gagnaire , de Bergerac :
« Il nous a été donné — écrivit-il en 1 863 — grâce à l'obligeance de M. Raveaud, président de la Société d'Horticulture de Bergerac, de trouver enfin le berceau de la poire Moncballard : elle est née à Valeuil, canton de Brantôme (Dordogne), sur la terre des Biards, propriété de M. Monchallard, qui selon notre demande nous a fourni les renseignements suivants, extraits d'une de ses lettres : « — J'ai connu et je possède encore plusieurs poiriers qui portent mon « nom. Voici en peu de mots l'histoire de cet arbre : il y a bien longtemps, plus de cinquante « ans assurément [vers 1810], que mon aïeul trouva dans les bois un jeune sauvageon de « poirier qu'il recueillit avec soin. 11 le planta, et en obtint le fruit dont vous parlez, auquel, a en famille, on donna le nom de Voire Monsalard, et non Monchallard, comme vous l'écrivez. » (Revue Horticole, année 1863, pp. 179-180.)
A ces détails si positifs, nous devons ajouter ceux qu'un autre pépiniériste, M. Gérand-Catros, de Bordeaux, publia en 1862 sur l'origine des divers synonymes de la poire Monchallard :
« Un sieur Jean Lami — expliqua-t-il — l'a introduite à Bordeaux en venant, de Périgueux (Dordogne), s'y établir vers 1830. 11 la nommait Épine rose. Tous les pépiniéristes de Bordeaux la répandirent alors sous ee nom et sous celui d'Épine d'Été. Chez mon père, on l'appelait Épine rose de Jean Lami. Lorsque plus tard je me mis à étudier les fruits, voyant que Duhamel décrivait une poire Épine d'Été et une poire Épine rose, je donnai à celle de Jean Lami la dénomination de Belle-Épine fondante ; mais en 1 859 le Congrès pomologique, apprenant que le pied-mère de cette variété avait été trouvé sur les terres de M. Monchallard, adopta pour ledit fruit le nom de ce propriétaire. » (Notices pomologiques de M. Liron d'Airoles, t. II, 2e Supplément, p. 20.)
Observations. — M. le professeur Decaisne, en décrivant cette poire dans son Jardin fruitier du Muséum (1861, t. IV) , a constaté qu'elle arrivait de Bordeaux sur les marchés de Paris , et s'y vendait , en moyenne , 25 centimes la pièce. La grosseur et la qualité de ce fruit, jointes à sa précocité, lui donnent effectivement une réelle valeur; on doit donc le multiplier le plus possible, mais le cueillir toujours un peu vert , car il blossit assez vite.
Poire de M0N-DIEU. — Synonyme de poire Ah-mon-Dieu! Voir ce nom.
Poire MONIÉ. — Synonyme de poire de Calmar. Voir ce nom.
Poire MONSALLARD. — Synonyme de poire Monchallard. Voir ce nom.