Poire MUSCAT ROYAL
Synonymes. — Poires : 1. Muscat d'Automne a longue queue (la Quintinye, Instructions pour les jardins fruitiers et potagers, 1690-1739, t. I, p. 268). — 2. Muscat fleuri d'Automne [Id. ibid.).
Description de l'arbre. — Bois : fort. — Rameaux : nombreux, légèrement étalés, gros et longs, coudés, un peu duveteux au sommet, jaune brunâtre lavé de brun-rouge sur le côté frappé par le soleil, ayant les lenticelles blanc grisâtre, petites, abondantes, et les coussinets bien développés. — Yeux : volumineux, ovoïdes -arrondis, aux écailles brun noirâtre, faiblement écartés du bois. — Feuilles : vert pâle, moyennes, ovales ou ovales-allongées, parfois longuement acuminées, assez coriaces, entières sur leurs bords, à pétiole court, épais, non stipulé.
Fertilité. — Grande.
Culture. — Il pousse vite et bien sur cognassier; sa vigueur est remarquable; ses pyramides sont régulières et très-feuillues.
Description du fruit. — Grosseur : petite. — Forme : globuleuse, complètement arrondie dans toute sa partie inférieure , mais quelque peu conique obtuse
Poire Muscat royal.
MUS [muscat roy] 445
à son autre extrémité. — Pédoncule : habituellement très-Ion», grêle, légèrement renflé à l'attache, recourbé, planté à fleur de fruit. — Œil: moyen ouvert saillant ou faiblement enfoncé. - Peau : mince, rugueuse, à fond jaune grisâtre',
ponctuée de brun clair et recouverte en partie d'une couche roussâtre qui souvent passe au rouge-brun très-sombre sur le côté du soleil. — Chair : blanche , demi-fine , fondante ou mi-fondante, aqueuse, un peu granuleuse autour des pépins. — Eau : abondante, trèssucrée, plus ou moins acidulé et possédant une saveur assez agréable.
Maturité. — Commencement et courant de septembre.
Qualité. — Deuxième.
Historique. — La Quintinye planta ce Muscat dans le potager de Versailles, dont Louis XIV lui avait, vers 1670, confié l'organisation. Il estimait beaucoup cette petite poire, l'appelait Muscat fleuri d'Automne ou à Longue queue, et la décrivait ainsi : « Elle est ronde, roussâtre, à chair tendre, « à goût fin et relevé , toute propre à être « mangée goulûment, tout de même qu'une « bonne Prune ou qu'une belle Griotte. » [Instructions pour les jardins fruitiers, 1690-1739, t. I, p. 268.) Le sol humide et froid du verger de Versailles convenait sans doute beaucoup à ce poirier, car de nos jours aucun pomologue ne fait chez nous un tel éloge du Muscat si vanté par la Quintinye. Déjà même en 1768, Duhamel, qui le connut sous le nom qu'il porte actuellement, celui de Muscat royal, n'en parla-t-il que comme d'une variété de second ordre [Traité des arbres fruitiers, t. II, p. 129). Mais en 1805 le savant agronome Etienne Calvel, fut plus loin; il dit : «s Le nom «pompeux appliqué à cette poire, convient médiocrement à sa qualité, surtout « puisqu'elle mûrit à l'époque où tant d'autres peuvent la faire oublier. » ( Traité sur les pépinières, t. II, p. 305.) Quant à moi, je suis parfaitement de l'avis de Calvel. En Allemagne, on l'estime infiniment, vu qu'elle y acquiert, paraît-il, « le « goût du Beurré gris. » Et le docteur Langethal, qui l'affirme, ajoute : « Cette « petite poire est originaire de Paris. » [Deutsches Obstcabinet, 1860, 8e cahier.) Tout en reproduisant avec plaisir ce dernier renseignement, nous regrettons qu'on n'ait pas indiqué la source où il a été puisé ; d'autant mieux qu'en France le silence des pomologues est complet sur ce point.
Observations. — Les Allemands, outre notre Muscat royal, en cultivent un autre fort hâtif, puisqu'il mûrit à la mi-juillet. Mayer l'a figuré dans sa Pomona franconica (1776-1801, t. III, p. 176, pi. m) et l'a cru le même que celui ci-dessus décrit, bien identique avec la variété caractérisée dans le Traité de Duhamel mentionné plus haut. Il est donc facile de ne pas confondre ces deux fruits, sachant que l'un se mange en juillet, et l'autre en septembre. — On a longtemps possédé dans l'école fruitière du Jardin des Plantes de Paris, sous le nom de Muscat royal, un poirier qui n'était autre que le Blanquet à longue queue. Poiteau décrivit deux fois, en 1807 et en 1846, ce faux Muscat royal, mais il eut soin de dire : « Cette
« espèce n'est pas celle que Duhamel désignait ainsi. » (Pomologie française, t. III, n° 60.) Actuellement le vrai Muscat royal doit se trouver au Muséum, car en 1858 M. Decaisne, professeur de culture de cet établissement, reconnaissait, en parlant du Blanquet à longue queue, l'erreur ici mentionnée. (Voir le t. Ier de son Jardin fruitier.}
Poire MUSCAT DE SAVOIE. — Synonyme de poire Orange tulipée. Voir ce nom.
Poire MUSCAT VERT [de la Brie]. — Synonyme de poire d'Ange. Voir ce nom. (D'après M, Decaisne, Jardin fruitier du Muséum, 4863, t. V.)
Poire MUSCAT VERT [en Poitou]. — Synonyme de poire Cassolette. Voir ce nom.
Poire MUSCAT VERT A LONGUE QUEUE. - Synonyme de Muscat fleuri d'Été. Voir ce nom.
Poire MUSCAT DE VILLAxNDRY. — Synonyme de Besi de l'Êchasserie. Voir ce nom.
Poire MUSCATTE DE NANCY. — Synonyme de poire Aurate. Voir ce nom.
Poire MUSETTE. — Synonyme de poire Musette d'Anjou. Voir ce nom.