‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 417 sur 742 · Poire NAPOLÉON Ier · texte numérisé non relu

Poire NAPOLÉON Ier

ynonymes. — Poires : 1. Beurré Napoléon (Diel, Kernobstsorten , 1816, p. 60). — 2. Médaille (Poiteau, Annales de la Société d'Horticulture de Paris, 1827, p. 364). — 3. Liard (Van Mons, Revue horticole de Paris, 1834, t. II, p. 506). — 4. Napoléon vrai (Idem, cité par Poiteau dans sa Théorie Van Mons, 1834, p. 45, u" 14). — 5. Roi DE Rome d'Automne (Thompson, Catalogue of fruits cultivated in the garden of the horticultural Society of London, 1842, p. 145, n° 323). — 6. Sucrée dorée (Id. ibid. ). — 7. Du Wurtemberg {Id. ibid.). — 8. Belle-Gaenaise (Prévost, Pornologie de la Seine-Inférieure, 1847, 5e cahier, p. 146). — 9. Beurré d'Antin (Id. ibid.). — 10. Bonaparte (Id. ibid.). — 11. Bon-Chrétien Napoléon (Id. ibid.).— 12. Captif de Sainte-Hélène (Id. ibid.). — 13. Charles X (Id. ibid. ). — 14. De l'Empereur (Id. ibid. ). — 15. Gloire de l'Empereur (Id. ibid. ). — 16. Melon d'Automne (Id. ibid.). — 17. Bon-Chrétien Charles X (Willermoz, Observations sur le genre Poirier. 1848, p. 31).— 18. Napoléon d'Hiver (Id.ibid.). — 19. Bon-Chrétien

■ Bonaparte (Decaisne, le Jardin fruitier du Muséum, 1860, t. III). — 20. Bon-Chrétien doré (Id.

'.ibid.). — 21. Grosse-Milanaise verte (Langethal, Deutsches Obstcabinet, 1861, 5e cahier). —

822. Beurré d'Autein (Congrès poinologique, Pomologie de la France, 1863, 1. 1, n° 8). — 23. Beurré d'Autun (Id. ibid.).

l Description de l'arbre. — Bois : peu fort. — Rameaux : assez nombreux. igés, parfois légèrement arqués, faibles et courts, à peine géniculés, brun risâtre, finement et abondamment ponctués, aux coussinets aplatis. — Yeux : ès-gros, ovoïdes, aigus, non appliqués contre le bois. — Feuilles : grandes, /aies ou arrondies, souvent acuminées, ayant les bords irrégulièrement dentelés, pétiole de longueur moyenne et bien nourri.

Fertilité. — Ordinaire, mais constante.

Culture. — De vigueur modérée, ce poirier végète beaucoup mieux sur le franc îe sur le cognassier; son écusson se développe assez vite; ses pyramides, surtout ; ïns leur troisième année , sont généralement très-convenables.

Description du fruit. — Grosseur : volumineuse. — Forme : turbinée-

jtuse, ou ovoïde fort irrégulière, à surface plus ou moins bosselée, bien ventrue

jîi's la base, bien mamelonnée à son autre extrémité, près de laquelle elle est,

nivent aussi, un peu étranglée. — Pédoncule : court ou de moyenne longueur,

Poire Napoléon Ie

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gros ou très-gros, droit ou arqué, placé généralement de côté dans un larg< évasenient à bords inégaux et gibbeux. — Œil : moyen ou petit, clos ou mi-clos occupant une cavité en entonnoir dont les dimensions sont assez variables , mai que l'on trouve presque toujours garnie de plis ou fortement côtelée. — Peau mince, jaune clair légèrement verdâtre, semée de petits points gris, raremec vermillonnée du côté du soleil, maculée de roux autour de l'œil et parfois autou du pédoncule. — Chair : blanche et fine, quoiqu'un peu granuleuse, des plùj fondantes et des plus juteuses. — Eau : excessivement abondante, très-sucréa rafraîchissante, ayant un arôme aussi prononcé que savoureux.

Maturité. — Depuis J mi -octobre jusqu'à la fi de novembre ; atteignai même, exceptionnellemeD le courant de décembre.

Qualité. — Première.

Blistoriaiwe. — Poi un fruit dont l'obtentic date seulement du coe mencement de ce siècle , d a vu, par les vingt -trk synonymes classés pli haut , que baptêmes et parains ne lui ont janm manqué! Politique, spéculation, voyages à l'étrang , telles furent surtout S sources d'où sortirent tst et de si variés surnom Gagné de semis dans la vi i de Mons (Belgique) , pi après 1804, par le jardin r Liart, qui vendit ensuite e pied-mère à son concitoj a l'abbé Duquesne, ce poirr passa d'abord à Stuttgardt, où dès 1816 le docteur Diel le décrivit sous le m Beurré Napoléon, choisi et appliqué par l'acquéreur [Kernobstsorten , p. c|. Du Wurtemberg sa culture se répandit en Angleterre, et l'on y crut longtens cette variété née chez Yan Mons, à Louvain. Le pomologue George Lindlj, s'appuyant sur un passage erroné des Annales de la Société d'Horticulture je Londres (t. II, p. 406), l'affirmait encore en 1831 (p. 380 de son Guide to the orcha and kitchen garden). Mais Van Mons ne voulut pas accepter le bénéfice de ces dt£ erreurs; il les rectifia au mois d'octobre 1834 et recourut, pour mieux atteinte son but, aux journaux belges et aux journaux français. Comme sa lettre, aujo d'hui fort oubliée, renferme de curieux détails, nous allons la reproduire u partie :

« L'on m'attribue à tort — déclara-t-il — le gain de la Poire Napoléon. Ce fruit! a obtenu par M. Liart, jardinier à Mons. L'identité de mon nom avec celui de la ville où il a procréé, aura donné lieu "à la méprise. Mon jardinier Meuris en ayant cueilli des greffes av que le fruit eût été dégusté, j'étiquetai ces greffes Sauvageon de Liart ; et quand je sus (8

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le fruit était bon, et avait été couronné, je les fis circuler sous cette dénomination. M. l'abbé Duquesne a fait l'acquisition du pied-mère, qui était un très-jeune arbre, au prix de 33 fr., et il a imposé au fruit le nom de Napoléon. » (Revue horticole, de Paris, 1834, t. II, p. LiOG. )

Ainsi, grâce à cette lettre, pas d'incertitude sur la provenance ni sur les premiers noms du poirier Napoléon. Toutefois Van Mons oublia de préciser l'origine du synonyme Poire Médaille, Y\m des plus anciens que l'on puisse attribuer au gain du jardinier Liart. « Il lui vint — disait Poiteau en 1827 — de ce « qu'une médaille d'encouragement fut décernée à ce jardinier par la Société « d'Horticulture de Mons , qui , chargée de déguster les premières poires mûries « sur le pied-type, les avait jugées excellentes. » (Annales de la Société d'Horticulture de Paris, t. I, p. 364.) Cette variété pénétra chez nous en 1824 et sa culture s'y généralisa lentement , puisque trois ans plus tard Poiteau constatait également « que ce poirier était encore peu répandu en France (ibidem). » Les Allemands, qui lui donnent entr'autres surnoms ceux de Grosse-Yerte Milanaise et de Roi de Rome, estiment beaucoup ses produits, « dont la qualité est si grande — écrivait en 1860 « M. Franz Jahn — qu'en raison surtout de l'abondance de leur eau, on les boit «plutôt qu'on ne les mange. » (Deutsches Obstcabinet, 5e cahier.) Mais c'est ici le cas de relever une légère erreur échappée au docteur Diel, en 1816, dans son Kernobstsorten , et depuis souvent reproduite par les pomologues d'outre-Rhin. Liart, l'obtenteur de la poire Napoléon 1er, n'était pas un cabaretier, ainsi que ces divers auteurs l'ont assuré : c'était un jardinier, comme il ressort formellement de la lettre du professeur Yan Mons , rapportée plus haut.

Observations. — La poire Mobile, crue jadis identique avec la Napoléon, s'en éloigne infiniment, au contraire. Prévost l'affirmait dès 1847 (Pomologie de la Seine- Inférieure , p. 146), puis ajoutait : « Ce fruit, notablement plus précoce, est «pâteux, médiocre et ne mérite pas la culture. » Je suis du même avis; aussi n'ai-je gardé dans mon École le poirier Mabile, qu'afin de démontrer, au besoin, ■qu'il constitue bien une espèce particulière. — V Archiduc Charles, ou Charles d'Autriche, et le Dumon-Dumortier , décrits tous les deux dans ce Dictionnaire m. I, p. 153; t. II, p. 115), ne sauraient, non plus, être réunis à la variété Napoléon Ier. Et il en est ainsi du poirier Bois- Napoléon, n'ayant de commun, avec ce dernier, que la couleur de l'écorce (voir t. I, p. 451).

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