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Poire d'Œuf.
pour bien justifier sa ressemblance avec un œuf. — Pédoncule: long ou de longueur moyenne, grêle, renflé à l'attache, parfois quelque peu contourné, inséré de côté au centre d'une faible dépression ou complètement à fleur de peau. — Œil: grand,
arrondi , ouvert, placé dans un évasement de profondeur très- variable. — Peau: vert -pré légèrement jaunâtre , semée de points gris , maculée de fauve autour du pédoncule, mouchetée ou tachetée de même , et plus ou moins colorée de rouge sombre sur la partie qui regarde le soleil. — Chair : blanche et mi-fine, mi-cassante ou fondante, juteuse, granuleuse au cœur. — Eau : fort abondante, sucrée, acidulé, possédant une légère saveur anisée qui la rend agréable et rafraîchissante.
Maturité. — Derniers jours d'août.
Qualité. — Deuxième.
Mistoriqase. — « La poire d'OEuf est « originaire de la Suisse; on en trouve, prin- « cipalement, beaucoup aux environs de Bâle « où elle est fort estimée. » Voilà ce qu'écrivait en 1766 l'arboriculteur hollandais Herman Knoop, dans sa Pomologie (pages 89-90), qui cinq ans plus tard (1771) fut traduite en français. Mais il oublia d'ajouter que dès 1561 le botaniste "Valerius Cordus la décrivit trèsexactement sous le n° 18 du chapitre Poirier de YHistoria stirpium qu'il fit imprimer à Zurich. Ce dernier l'appelait également poire d'OEuf [Pirum Ovatum] et assurait l'avoir remarquée chez les Hessois, les Saxons et les Wurtembergeois. Elle nous vint de l'Alsace, où sa culture était fort commune à la fin du xvne siècle, tant à Strasbourg qu'à Colmar, localités dans lesquelles, rapporte Mayer [Pomona franconica, 1801, t. III, p. 201), on la nommait Beste Birn : Poire Excellentissime. Son apparition sur notre sol date environ de 1730; la première description que nous en rencontrions est faite par les Chartreux de Paris, dans leur Catalogue de 1736, mais ils parlent seulement du fruit. Si l'on veut connaître l'arbre qui le produit, il faut ouvrir aux pages 157-158 le tome second du Traité de Duhamel, publié trente-deux ans plus tard (1768) ; là, rien ne laisse à désirer: tout est complet. M. Decaisne, en 1861, a longuement étudié cette variété, qu'il dit « fréquemment cultivée dans le « Dauphiné sous le nom de Poire Grise, et fort répandue dans tout l'Est de la «France.» [Jardin fruitier du Muséum, t. IV.) Chez nous autres, pépiniéristes de l'Ouest, je puis assurer qu'on la trouve difficilement ; peut-être s'y souvient-on encore de ces lignes, écrites en 1839 par Prévost, de Rouen : « Notre Commission « de Pomologie a été unanime pour en conseiller l'abandon, parce que, quoique « sucrée et de bon goût, elle joint à son petit volume, et à sa chair un peu grosse, « l'inconvénient de mûrir en même temps que beaucoup d'autres poires avec « lesquelles elle ne peut soutenir aucune comparaison. » ( Pomologie de la Seine- Inférieure , 1er cahier, p. 46.)
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