‹ Dictionnaire de pomologieChapitre 450 sur 742 · Poire PARFUM D'AOUT · texte numérisé non relu

Poire PARFUM D'AOUT

Synonymes. — Poires: 1. Parfum DE Berny (Merlet, l'Abrégé des bons fruits, édition de 1675, p. 8b). — 2. De Berny (Henri Manger, Systematiscke Pomologie, 1783, 2e partie, pp. 10 et 11, n° 15). — 3. Parfum d'Été {Id. ibid.).

Description «le l'arbre. — Bois : fort. — Bameaux : peu nombreux, très-étalés, longs et des plus gros, géniculés, cotonneux, brun clair olivâtre lavé de gris et souvent tacheté de marron très-foncé, ayant les lenticelles larges, apparentes, très-espacées, et les coussinets presque nuls. — Yeux : assez gros , ovoïdes, courts et pointus, duveteux, écartés du bois, aux écailles bombées et disjointes. — Feuilles : grandes, vert clair, ovales ou elliptiques, planes ou canaliculées , bien duveteuses , à bords très-faiblement denticulés , à pétiole fort et assez long.

Fertilité. — Remarquable.

Culture. — Il est doué d'une vigueur parfaite, développe vite son éeusson , pousse non moins convenablement sur cognassier que sur franc, mais ses pyramides, quoique fortes, laissent toujours beaucoup à désirer pour l'élégance et la régularité.

Description du fruit. — Grosseur : audessous de la moyenne. — Forme : turbinée plus ou moins obtuse et allongée , fortement ventrue à la base et ayant souvent un côté plus volumineux que l'autre. — Pédoncule: long, grêle, renflé aux extrémités, placé obliquement à fleur de peau. — OEU : moyen, ouvert, régulier, presque saillant. — Peau: mince, lisse, jaune pâle légèrement verdâtre, couverte de points et de quelques petites mouchetures fauves, et très-largement lavée de rouge-feu sur la partie exposée au soleil. — Chair: blanche, mi-fine, cassante ou mi-cassante, contenant quelques pierres auprès des pépins. — Eau : rarement abondante, sucrée, douceâtre , ayant un parfum musqué-anisé parfois très-développé.

Historique. — La poire que je décris ici est le Parfum d'Août décrit par Jean Merlet en 1 fJ75 et 1690, puis par Duhamel en 1708, et non le Parfum d'Été figuré et caractérisé par Herman Knoop, en 176G, dans l'édition originale de sa

Pomologie hollandaise. Ce dernier auteur, quoiqu'ayant donné les synonymes Parfum d'Août et de Berny, à son Parfum d'Été , n'eut pas sous les yeux le fruit répandu chez nous sous ces trois noms. Il posséda la Poire Parfumée, dont le botaniste anglais Miller parlait dès 1752, et qu'il disait « globuleuse, de grosseur « médiocre et mûrissant à la fin d'août. » [Dictionnaire des jardiniers, t. VI, article Poirier, n° 23.) Du reste, Knoop soupçonna l'erreur qu'il commettait, car il fit cette prudente réserve : « C'est sous le nom Parfum d'Été qu'en Hollande on cultive ce « poirier; je sais qu'à l'étranger il a d'autres dénominations, mais elles me sont « encore inconnues. » [Pomologie, p. 100.) Cette erreur de Knoop ayant, dans la suite, été partagée par nombre de pomologues, nous reproduisons les descriptions du Parfum d'Août publiées par Merlet et Duhamel, afin de éprouver qu'elles concordent bien avec la nôtre.

Merlet, en 1675 et en 1690 :

« Le Parfum d'Aoust, dit de Berny, est une assez grosse poire plus longue que ronde, d'un verd et jaune tavelé, qui est fort musquée et assez beurrée, charge beaucoup, a son

bois noirâtre marqueté de gris C'est un fruit peu connu. » [L'Abrégé des bons fruits, 1675,

Duhamel, en 1768 :

« Le Parfum d'Août est petit, presque pyriforme, très-renflé du côté de l'œil, qui est placé à fleur ; se terminant assez régulièrement en pointe obtuse à la queue, qui est longue de dix-buit lignes et un peu charnue à sa naissance. La peau est, du côté du soleil, d'un beau rouge foncé tiqueté de points fauves ; l'autre côté est jaune-citron légèrement tavelé de fauve. La chair est un peu grossière. L'eau est assez abondante et très-musquée. » ( Traité des arbres fruitiers, t. II, pp. 136-137, n° 20.)

Merlet a constaté qu'en 1690 cette espèce était encore peu répandue; il en fut le premier descripteur et n'oublia pas, on l'a vu, d'indiquer qu'on la disait provenue de Berny. Mais quel Berny?... Comme Merlet s'occupa surtout des arbres fruitiers cultivés aux environs de Paris, où il résidait, on peut penser qu'il s'agit là du village de Berny situé près de Sceaux, et non pas des deux hameaux ainsi dénommés qui jadis appartenaient à la Guyenne et comptaient à peine, chacun, une quinzaine d'habitants. Je le crois d'autant mieux, que la Quintinye, contemporain de Merlet, planta ce poirier avant 1690 dans le potager de Versailles, et l'appela uniquement Parfum de Berny. (Voir ses Instructions sur les jardins fruitiers, t. I, 3e partie, article Poires médiocres.)

Poires : PARFUM DE BERNY, \

/ Synonymes de poire Parfum

, , \ d'Août. Voir ce nom.

Page 1